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Quatrième de couverture:

"Les étranges divagations d'un polyglotte érudit, Budaï, qui quitte les rives du Danube et croit s'envoler pour Helsinki afin de participer à un congrès de linguistique. Hélas! à la suite d'une erreur d'aiguillage, son avion atterrit dans une ville peuplée d'allumés qui parlent un jargon incohérent, parfaitement inintelligible. Sommes-nous aux portes de Babel? Sans doute. Quant au malheureux Budaï, il en perdra son latin: on dirait un petit frère de Zazie égaré au pays des Houyhnhnms chers à Jonathan Swift. Epatant." André Clavel  -L'Express

Attention chef d'oeuvre! Ce livre vient de reparaître chez Zulma mais il a en fait été publié pour la première fois en hongrois en 1970.  C'est un livre tout à fait à part et assez exigeant pas tant par son écriture au demeurant remarquable mais plutôt par son rythme. Dès les premières pages, on partage l'angoisse du héros qui se retrouve coincé dans une ville inconnue, où personne ne le comprend et où il ne comprend personne. Puis, au fur et à mesure des pages, on pénètre avec le héros dans un espèce de délire qui frise la science-fiction mais évidemment, il faudrait être imbécile pour ne pas comprendre que cette ville bizarre, grise, triste, surpeuplée symbolise en fait une de ces villes sinistres de l'Europe de l'Est sous l'ère soviétique et les gens que l'on y croise sont aussi gris, formatés, automates, comme les habitants du bloc de l'Est à cette époque-là. Ce qui rend le livre un peu difficile à lire, c'est la lente (très lente à mon sens) progression vers l'absurde total. Je ne cache pas que j'ai eu un peu de mal avec les dernières pages avant le dénouement final (un peu parce que je les trouvais trop violentes et un peu parce que j'avais hâte de savoir comment cette histoire allait se conclure) mais ceci étant dit, ce roman ne peut pas laisser indifférent et c'est, à mon avis, la marque d'un grand, d'un très grand roman. Ferenc Karinthy était très célèbre en Hongrie, fils de Frygies Karinthy, écrivain lui aussi et maître de l'absurde lui aussi. Si vous avez eu l'occasion de regarder la dernière émission de 2013 de La Grande Librairie le 26 décembre dernier, vous y avez peut-être entendu le comédien Baptiste Lecaplain y lire un extrait très drôle de son "Je dénonce l'humanité" sur le remboursement de la scolarité. Encore une belle découverte grâce à Nicolas Carreau des Carnets du Monde sur Europe 1. Merci!