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Quatrième de couverture:

Joseph est un doux, Joseph n'est pas triste, du tout. Joseph existe par son corps, par ses gestes, par son regard; il est témoin, il est un regardeur, et peut-être un voyeur de la vie des autres, surtout après la boisson, après les cures. Il reste au bord, il s'abstient, il pense des choses à l'abri de sa peau, tranquille, on ne le débusquera pas.

Marie-Hélène Lafon, je l'avais découverte en 2013 dans La Grande Librairie, alors qu'elle était venue présenter son précédent roman Les pays. Elle m'avait beaucoup plu et j'avais eu très envie de la lire, mais Les pays est presque deux ans plus tard toujours sur ma liste d'envies (avec quelques 150 autres titres!). Prof de français, issue d'une famille d'agriculteurs, je m'étais trouvée beaucoup de points communs avec elle et quand je l'ai revu fin 2014 à La Grande Librairie présentant cette fois Joseph, j'ai eu envie de la lire très vite. Cette histoire de commis de ferme m'a tellement rappelé Roland, qui était autrefois commis chez mes grands-parents maternels et dont la vie pour le moins curieuse ne m'est apparue telle que très tard, bien après qu'il ait disparu. Roland comme Joseph dans le roman a vécu une espèce de vie invisible tout en étant un des piliers de la vie de mes grands-parents. Sous la plume de Marie-Hélène Lafon, Joseph devient un être humain avec des idées, des sentiments et tout à coup, je me suis dit que probablement le Roland de mon enfance l'était aussi mais que cela m'avait échappé à l'époque. A travers ce roman, c'est aussi à la mort lente des campagnes françaises que l'on assiste et bien que j'ai contribué en quelque sorte à cette mort, en refusant d'embrasser le rêve qu'avait mon grand-père que j'épouse un agriculteur et que je reste en Champagne, la constatation n'en est pas moins triste. Le style de Lafon est vif, incisif et le résultat est un très, très joli roman, tout en finesse,  pour commencer mes lectures 2015 en beauté.