Hattie

Titre français : Les douze tribus de Hattie

Quatrième de couverture de l'édition française:

Gare de Philadelphie, 1923. La jeune Hattie arrive de Géorgie en compagnie de sa mère et de ses soeurs pour fuir le Sud rural et la ségrégation. Aspirant à une vie nouvelle, forte de l'énergie de ses seize ans, Hattie épouse August. Au fil des années, cinq fils, six filles et une petite-fille naîtront de ce mariage. Douze enfants, douze tribus qui égrèneront leur parcours au fil de l'histoire américaine du XXe siècle. Cette famille se dévoile peu à peu à travers l'existence de ces fils et de ces filles marqués chacun à leur manière par le fort tempérament de leur mère, sa froide combativité et ses secrètes failles.

Les Douze Tribus d'Hattie, premier roman éblouissant déjà traduit en seize langues, a bouleversé l'Amérique. Telles les pièces d'un puzzle, ces douze tribus dessinent le portrait en creux d'une mère insaisissable et le parcours d'une nation en devenir.

La semaine dernière, j'ai passé des heures devant la télé à regarder le Masters de Golf à Augusta dans l'Etat de Géorgie aux Etats-Unis. C'est un parcours magnifique, où fleurissent chaque année, à temps pour le Masters, des azalées magnifiques comme je n'en ai vu qu'en Géorgie. Le golf n'a rien à voir avec la littérature mais j'ai eu envie de "repartir" en Géorgie. J'ai farfouillé dans ma liste d'envies et retrouvé le titre de ce roman. Je ne sais plus du tout comment il avait atterri sur ma liste mais peu importe, je suis ravie de l'avoir enfin lu.

C'est un très, très beau roman, ingénieusement construit autour de Hattie, ses onze enfants et sa petite-fille. Franchement, c'est le livre que j'aimerais pouvoir, savoir, écrire un jour. Le sort de cette femme dure, amère, sans illusions n'est pas particulièrement gai et celui de ses enfants, pour lesquels elle a quitté la Géorgie de la ségregation pour l'espoir d'un avenir meilleur dans le Nord à Philadelphie, pas tellement plus enviable. Chaque chapitre tourne autour  d'un épisode de la vie d'un ou deux de ses enfants et nous fait faire des allers et retours dans la vie d'Hattie. Aucun des enfants que l'on croise à l'âge adulte ne sera heureux et tous blâmeront leur mère d'une façon ou d'une autre. Pourtant, comme elle le dit elle-même vers la fin du livre, elle a fait de son mieux pour les nourrir et les vêtir et elle ne voit pas quelle autre preuve d'amour elle aurait pu leur donner. Cette réflexion m'a marquée à l'heure où moi-même, j'essaie de "régler mes comptes" avec mon père (façon de parler car il ne m'est plus possible de le confronter). Je crois que de nos jours, nous cherchons trop d'explications, nous cherchons trop à savoir le pourquoi du comment, nous nous posons mille questions existentielles quand les générations précédentes faisaient, tout simplement. Et parfois, tout ce questionnement nous pourrit la vie. Dans le cadre d'une bibliothérapie - solution choisie pour échapper à une thérapie classique dont j'étais incapable - entreprise il y a quelques mois pour m'aider à sortir d'un état dépressif passager, ce livre s'est révélé être particulièrement important. Et Dieu seul sait que je n'ai pas grand chose à voir avec Hattie ou sa famille ! C'est la beauté de la lecture: trouver des connections là où l'on s'y attend le moins. En dehors de cet aspect purement personnel, ce roman est une illustration fort intéressante de la condition noire aux Etats-Unis des années 1920 aux années 1980. C'est aussi ce que j'ai beaucoup aimé dans ce livre. Si vous aviez aimé La couleur des sentiments ,ce roman devrait vous plaire.