Meursault0001

étranger0001

Quatrième de couverture de Meursault, contre-enquête :

Il est le frère de “l’Arabe” tué par un certain Meursault dont le crime est relaté dans un célèbre roman du xxe siècle. Soixante-dix ans après les faits, Haroun, qui depuis l’enfance a vécu dans l’ombre et le souvenir de l’absent, ne se résigne pas à laisser celui-ci dans l’anonymat : il redonne un nom et une histoire à Moussa, mort par hasard sur une plage trop ensoleillée.
Haroun est un vieil homme tourmenté par la frustration. Soir après soir, dans un bar d’Oran, il rumine sa solitude, sa colère contre les hommes qui ont tant besoin d’un dieu, son désarroi face à un pays qui l’a déçu. Étranger parmi les siens, il voudrait mourir enfin…
Hommage en forme de contrepoint rendu à L’Étranger d’Albert Camus, Meursault, contre-enquête joue vertigineusement des doubles et des faux-semblants pour évoquer la question de l’identité. En appliquant cette réflexion à l’Algérie contemporaine, Kamel Daoud, connu pour ses articles polémiques, choisit cette fois la littérature pour traduire la complexité des héritages qui conditionnent le présent.
Ce livre m'avait intriguée à sa sortie et j'avais très envie de le lire. Je trouvais la démarche de donner une identité à "l'Arabe" de L'étranger de Camus originale. Pour bonne mesure, j'ai relu L'étranger. Je l'avais, comme beaucoup d'entre nous, lu étant jeune et franchement, les détails étaient flous dans ma mémoire. Je vous conseille d'en faire autant si vous voulez apprécier le roman de Kamel Daoud, à moins bien sûr que L'étranger n'ait aucun secret pour vous. Le résultat est intéressant, même s'il n'est pas tout à fait à la hauteur de mes espérances. J'ai trouvé les 80 premières pages un peu poussives avec beaucoup de répétitions, bien que la première phrase m'ait immédiatement accrochée "Aujourd'hui, M'ma est encore vivante." Ceux qui se souviennent de la première phrase de L'étranger apprécieront l'humour. La deuxième partie du bouquin, par contre, je l'ai lue en un éclair. Ce roman est à la fois un regard algérien sur les années précédant et suivant l'indépendance et une critique acerbe de l'Algérie d'aujourd'hui, où l'auteur considère que les mentalités reculent et que la religion devenue omniprésente dans le quotidien de ses habitants met un frein à la liberté de penser. J'ai trouvé ce livre très courageux. Merci à Tantine de m'avoir offert ce moment de lecture !