Karpathia

Quatrième de couverture:

En 1833, à la suite d'un duel, le capitaine hongrois Alexander Korvanyi quitte brutalement l'armée impériale pour épouser une jeune autrichienne, Cara von Amprecht. Avec elle il rejoint, aux confins de l'Empire, les terres de ses ancêtres.

La Transylvanie de 1833 est une mosaïque complexe, peuplée de Magyars, de Saxons et de Valaques. D'un village à l'autre, on parle hongrois, allemand ou roumain ; on pratique différentes religions, on est soumis à des juridictions différentes. Le régime féodal y est toujours en vigueur et les crimes anciens sont parés de vertus nouvelles. La région est une poudrière où fermentent les injustices, les vieilles haines, les trafics clandestins, les légendes malléables et les rêves nouveaux.

À leur arrivée, Alexander et Cara sont immédiatement confrontés à une série de crises allant bien au-delà de la gestion d'un vaste domaine longtemps abandonné aux intendants. Avec leurs ambitions et leur caractère, ils atteindront les frontières incertaines de la puissance et du crime.

Je ne peux pas prétendre avoir passé un excellent moment avec ce roman même si je lui reconnais des qualités qui lui ont sans aucun doute valu le Prix Interallié et d'avoir été considéré pour le Goncourt. C'est un premier roman mais l'écriture y est très sûre, très classique. Le cadre est par ailleurs assez inattendu pour un premier roman. Qu'est-ce qui a pu piquer l'auteur de s'embarquer dans cette improbable fresque historique aux relents de littérature classique russe ? L'histoire, même si elle est imaginaire, est très certainement le fruit de longues recherches historiques et quand on sait que l'auteur est un scientifique de formation, on se dit qu'il a dû procéder de manière très méthodique. Jusqu'à la moitié du bouquin, j'ai vraiment beaucoup aimé le roman. L'histoire des Balkans est tellement complexe et la description de la cohabitation des divers groupes socio-ethniques - la noblesse hogroise, les Saxons, les Valaques (ancêtres des roumains, qui avaient le statut de serfs) et les Tsiganes - dans une Transylvanie moyenâgeuse bien que l'action se déroule au début du XIXème siècle est absolument passionnante. Malheureusement pour moi, qui ne suis pas fan de romans épiques, toute la seconde partie du roman est la description détaillée d'une partie de chasse au loup, qui se transforme en bataille rangée entre le seigneur et ses alliés d'une part et ses serfs d'autre part. Je dois admettre avoir trouvé cette seconde partie un peu longuette. Auteur à découvrir quoiqu'il en soit. J'ai lu dans L'Obs que son prochain roman serait une uchronie sur la guerre d'Algérie, c'est à dire que l'auteur imaginera ce qui se serait passé si l'Histoire avait suivi un cours différent. Cela promet, non?