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Quatrième de couverture de l'édition française :

Une vallée du Piémont, dans les contreforts des Alpes, autrefois prospère. L'industrie lainière qui la faisait vivre s'est délocalisée au début des années 2000 et dans ces petites villes à présent désolées, les jeunes se résignent à voir la crise s'éterniser. Mais Andrea et Marina, eux, ont des projets d'avenir. Lui rêve de plaquer sa famille bourgeoise et ses diplômes universitaires pour élever des vaches dans la ferme d'alpage de son grand-père. Elle écume les kermesses et les télécrochets dans l'espoir de devenir une star. Avec son allure et sa voix de déesse, une volonté de fer et la morgue de ses vingt ans, Marina est convaincue que sa place est au centre des regards faute d'avoir su retenir celui de son père... Andrea et Marina. Attraction et répulsion. Tout semble les éloigner et pourtant une passion dévorante les unit depuis l'adolescence, une fièvre qu'ils se promettent à chaque fois d'éteindre... Mais est-il raisonnable d'être sage quand « [leur] génération [est] exclue de tout, née au mauvais moment au mauvais endroit. Alors autant se retirer sur la frontière. Rebrousser chemin, désobéir. »
Dans ce deuxième roman, Silvia Avallone se montre une fois encore incroyablement douée pour décrire les failles de notre société, les doutes de sa jeunesse et le mouvement qui la pousse à se réapproprier sa terre et ses origines.

Joli second roman de cette jeune Italienne mais un peu long. J'imagine que la lenteur du récit est censée refléter la torpeur dans laquelle sont plongés les personnages mais quelques dizaines de pages en moins auraient pu rendre le même effet à mon humble avis. L'action se passant dans une vallée du Piémont, au pied des Alpes, cela m'a forcément parlé, ayant moi-même vécu dans une telle vallée. Ces petites vallées étaient il y a une vingtaine d'années bouillonnantes d'activité avec un impressionnant tissu de PME toutes plus prospères les unes que les autres. Mais la crise est passée par là et les choses ont beaucoup changé. Silvia Avallone décrit très bien le mal-être des jeunes de ces vallées, qui ne savent plus dans quelle direction diriger leurs efforts et quel sens donner à leur vie. Et surtout, elle parle formidablement bien des conflits de générations, qui se suivent et ne se ressemblent pas.On y parle d'un grand-père, qui vit seul sans eau ni électricité en haut d'une montagne avec ses vaches. Ce n'est pas de la fiction. C'est exactement ainsi que vivait la grand-mère de mon premier compagnon. Puis le fils de ce montagnard fait des études, devient avocat et ne pense qu'à amasser le fric. Ses petits-fils ont des destins bien différents. L'un part vivre aux Etats-Unis et travaille pour la NASA après des études brillantes. Le deuxième après des études abortées et des années de tergiversation décide de reprendre le flambeau de son grand-père et de retourner à la terre. Mais lequel réussira sa vie? Et d'ailleurs qu'est-ce que cela veut dire réussir sa vie? En parallèle, on suit le parcours de Marina, jeune fille totalement paumée dont on ne sait si on a envie de l'aimer ou de la détester.

Il paraît que le premier roman d'Avallone, D'acier, est meilleur. Je vous dirai cela après l'avoir lu! En tous les cas, celui-ci vaut le détour aussi.