ogres

Côté famille, maman s'est tirée une fois de plus en m'abandonnant les mômes, et le Petit s'est mis à rêver d'ogres de Noël. Côté coeur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire). Côté boulot, la première bombe a explosé au rayon des jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j'étais là aussi pour l'explosion de la troisième, ils m'ont tous soupçonné. Pourquoi moi? Je dois avoir un don...

Et bien, en voilà un qui sera resté un paquet de temps sur ma PAL. Sans mentir, je pense que cela fait bien 25 ans, si ce n'est trente, que ce roman est dans ma bibliothèque, laquelle a d'ailleurs déménagé un certain nombre de fois depuis le temps ! Pourquoi ai-je attendu aussi longtemps? Allez savoir! J'avais pourtant lu et adoré Comme un roman, Messieurs les enfants et Chagrin d'école du même Pennac mais je ne m'étais jamais lancée dans la saga Malaussène. Ce roman est en effet le premier d'une série de six concernant une famille un peu folle dingue qui gravite dans un univers pour le moins baroque. Il aura fallu le passage récent de Pennac dans La Grande Librairie et la présentation du premier volume d'une nouvelle série mettant en scène les Malaussène, Le cas Malaussène, pour que je me décide enfin à mettre le nez dans le premier de la première série, dont je savais pertinemment qu'il ornait une de mes étagères depuis des années !  C'est une sorte de roman policier en ce sens qu'il y a une énigme, une enquête et un dénouement mais c'est surtout une galerie de personnages tous plus ou moins loufoques qui, sous l'habile plume de Pennac, deviennent des héros auxquels on s'attache rapidement. C'est à la fois glauque et très, très drôle, c'est plein de rebondissements et de surprises et on ne s'ennuie pas une seconde. De plus, ce que j'ai adoré, étant donné que j'ai mis tant de temps à le lire, ce sont les références culturelles qui m'ont transportée dans les années 80. J'y ai noté entre autres et sans ordre particulier des références aux bébés phoques - tiens, au fait,  que sont devenus les protégés de BB? -, aux pulls shetland - il y a un paquet de temps que je n'ai plus de shetland dans ma garde-robe et pourtant j'en ai eu plus d'un ! J'ai même le souvenir de m'être privée de nourriture à Londres pour en acheter un orange... n'est-ce pas, Maman ?! -, et à la revue Actuel - géniale revue avant-gardiste d'info des années 80 disparue depuis longtemps -. Et cerise sur le gâteau dans le domaine des références... la maman, qui s'est tirée une nouvelle fois en abandonnant les mômes à l'ainé de la fratrie, est partie se reposer... à Châlons-sur-Marne !!! Alors évidemment, pour beaucoup d'entre vous, cela ne veut rien dire mais pour moi qui suis née à Châlons-sur-Marne, qui entre temps est devenue Châlons-en-Champagne, et qui donc connaît bien l'endroit, c'est assez hilarant car moi, personnellement, dans les années 80, j'ai fui Châlons pour ne jamais y retourner vivre ! Mais je vous l'ai dit, on nage dans le burlesque ! Je suis très impatiente de lire la suite et cela ne saurait tarder.