sonia

Editeur : Flammarion (8 mars 2017)

Quatrième de couverture :

« Il faut que je te parle, Sonia.» Tout a commencé par un simple coup de fil. Depuis ce moment, nous avons entretenu un lien quotidien. Douce, discrète et bienveillante, Delenda s'est toujours occupée de sa famille sans jamais se plaindre. Aux yeux de tous, mamie est une grand-mère ordinaire. En apparence. Et en apparence seulement. Car depuis quelque temps, un véritable volcan s'est réveillé.

« Tous ces débats sur l'islam, les femmes, la laïcité, l'identité, le terrorisme, tout ! Je veux qu'on en parle sans tabous. D'une grand-mère à sa petite-fille.» Delenda veut comprendre ce qui se passe en France.

C'est une histoire personnelle et universelle que je vais vous raconter. Un dialogue tantôt émouvant, grave, parfois drôle mais toujours sincère et sans faux-semblant.

Toutes les grandes questions contemporaines sont appréhendées à travers le vécu de deux femmes. Deux générations, d'une rive à l'autre de la Méditerranée.

Delenda et moi, une grand-mère et sa petite-fille, en sommes convaincues : au bout du chemin, malgré le chagrin et la colère, il y a toujours la lumière.

Ce que j'en ai pensé...

J'avoue que je ne connaissais pas Sonia Mabrouk avant de la découvrir à La Grande Librairie. J'ignorais l'existence de son émission sur Europe 1 et on ne peut pas dire que je regarde Public Sénat très souvent. Quoiqu'il en soit, son passage à LGL m'avait convaincue de lire son bouquin et c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai pu échanger avec elle pendant plusieurs minutes au Festival du Livre de Nice le mois dernier. Festival, dont le thème était cette année la "Méditerranée", mais qui était surtout le premier véritable échange culturel d'ampleur à Nice depuis l'attentat de l'année dernière. Le sujet était sur les lèvres de nombreux participants. Je ne peux que vous encourager à lire ce livre. Qu'il soit dans son intégralité ou pas le fruit des conversations de Sonia Mabrouk avec sa grand-mère, on peut ici et là en douter un tout petit peu mais cela n'a aucune importance, ce qui compte, c'est la voix sensée de cette brillante jeune femme, qui revendique sa culture tunisienne tout en étant profondément française, qui se dit française avant de se dire musumalne, qui dénonce de fait l'attitude d'une partie de la communauté musulmane française, qui exhorte les musulmans modérés à se faire entendre et à refuser l'amalgame avec l'islamisme, qui souhaite ardemment que l'Europe vienne au secours de la jeune démocratie tunisienne qui est le seul pays arabe à porter l'espoir et qui surtout appelle de vive voix la fin des accommodement de la République Française avec des situations parfaitement intolérables.

 

dedicace sonia

 

Je me permets de reproduire ici un extrait de l'épilogue, qui vous donnera envie, je l'espère, d'en lire plus...

"La main du terrorisme a encore frappé, aveuglément. Sans aucune distinction de religions ni de nationalités. Les condamnations pleuvent au lendemain de cet acte barbare. Les mêmes mots sont répétés après chaque attentat. Jusqu'à quand ? Comment supporter cette tragique litanie ? D'où viendra le sursaut ? Il ne suffit plus de dire " la vie continue". Réagissons.

Pour transcender ces épreuves, sortons du déni, arrêtons de battre notre coulpe, mettons de côté les bien-pensants.

C'est en opposant aux terroristes un combat sans pitié et une vision commune que nous ferons échouer leur funeste dessein. Cela durera probablement des années. Pour y arriver, prenons toutes nos respnsabilités.

A chacun sa mission. Aux militaires, les champs de bataille. Aux politiques, les lois adaptées à la gravité de la situation. A nous tous, le sursaut.

Nous ne pouvons pas continuer à aller de démissions en démissions, d'accommodements en accommodements. Il est temps d'apprivoiser les peurs, d'exorciser les hantises.

Eviter le piège de la discorde ne doit pas conduire à occulter les vrais problèmes. Nous avons tellement peur de tomber dans l'écueil de l'amalgame que nous nous retrouvons tétanisés par l'idée de débattre de certains sujets. Les terroristes ont reniflé l'odeur de nos faiblesses telles des bêtes sauvages autour du sang de leurs victimes. Ils pensent avoir gagné. Prouvons-leur le contraire.

Parions sur la raison et l'intelligence d'un grand pays comme la France.

Parions sur la volonté tenace de s'en sortir d'un pays comme la Tunisie."