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Titre original : Lixiprothesma dania

Editeur : Points (9 octobre 2013)

Quatrième de couverture de l'édition française :

À Athènes, plusieurs membres de l'élite financière sont décapités, et l'assassin couvre la ville de tracts exhortant les Grecs à ne pas payer leur dette aux banques. Le pays s'enfonce dans la crise : les salaires fondent, les commerçants ruinés se défenestrent... Le commissaire Charitos doit au plus vite confondre ce " Robin des banques ", que la population exaspérée commence à prendre en sympathie.

Ce que j'en ai pensé...

Quelle jolie découverte que ce commissaire grec, qui m'attendait gentiment sur mes étagères depuis octobre dernier. J'avais rencontré l'auteur, un vieux monsieur charmant, au Festival du Livre de Mouans-Sartoux mais comme vous le savez maintenant, j'achète toujours beaucoup plus de livres que je ne peux en lire, donc voilà, il attendait lui aussi avec les autres... Et qui dit été, dit polar, c'était donc l'occasion. De plus, à force de voir passer des photos de gens en vacances en Grèce sur mon compte Instagram, j'ai eu envie d'y aller faire un tour moi aussi, virtuellement à défaut de pouvoir y aller en personne. Il faudrait d'ailleurs que je songe à y retourner, je n'y ai pas mis les pieds depuis 1991, cela commence à dater. Après tout, mon premier amour était grec... j'avais 6 ans ! Mais là n'est pas mon propos, revenons à Charitos !

Je ne le connaissais absolument pas et pourtant, il est une star du polar dans son pays et également en Allemagne. Celui-ci n'est pas le premier qu'il ait écrit impliquant le commissaire Charitos mais le premier d'une série de quatre, si j'ai bien compris, ayant pour toile de fond la très sévère crise économique que traverse la Grèce. L'intrigue est très bien ficelée - j'avais plus ou moins identifié le responsable des meurtres mais je n'avais pas vu venir le dénouement et dans un bon polar, c'est le but ! - , on a le point de vue des Grecs concernant la crise qui les frappe de plein fouet, on se promène dans Athènes, bref, une lecture vraiment sympa, pour qui aime les polars qui vont un peu au-delà du crime même et de l'enquête. Quant à Charitos, il est plutôt drôle, un peu à l'ancienne, un peu bougon mais pas trop, au final très attachant. Ici et là, j'ai adoré son point de vue sur la vie moderne comme dans cet extrait :

Markaris extrait

Quand on connaît un peu les intérieurs grecs traditionnels, en général assez chargés, c'est d'autant plus drôle ! Le seul truc, qui m'ait un peu génêe, tenait aux dialogues ,que je n'ai pas toujours trouvés très naturels mais à mon humble avis de linguiste amateur, c'est sûrement dû à un problème de traduction. Ne lisant pas le grec, je devrais me contenter de la traduction française pour lire Markaris ! Car c'est sûr, je retournerai à Athènes rendre visite à Charitos, qui avec ce premier roman lu, rejoint mon Panthéon d'enquêteurs préférés: Walt Longmire au Wyoming, Salvo Montalbano en Sicile, Dave Robicheaux en Louisiane, Fabio Montale à Marseille, Pepe Carvalho à Barcelone, Erica Falck et Patrick Hedström à Fjällbacka, Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander à travers la Suède. Je vais d'ailleurs continuer sur ma lancée cet été et repartir vers certaines de ces destinations. Peut-être la Suède en premier, cela me rafraîchira un peu. Il fait tellement chaud sur la Côte d'Azur ces jours-ci... Ou peut-être vais-je partir à Tel-Aviv découvrir un autre auteur rencontré l'automne dernier à Mouans-Sartoux, Dror Mishani.

Pour finir la charmante dédicace de Petros Markaris. Alors que je n'ai aucune patience pour les Français qui martyrisent leur langue maternelle, j'ai une tendresse infinie pour les étrangers qui s'essaient aux difficutés de la grammaire française et j'ai vraiment trouvé son petit message adorable :

Markaris dédicace