commonwealth

Editeur : Harper (13 septembre 2016)

Pas encore publié en français.

Traduction libre de la quatrième de couverture de l'édition américaine :

L'auteure à succès très applaudie de la critique et gagnante du prix PEN/Faulkner et du Orange Prize nous raconte l'histoire passionnante d'une rencontre inattendue qui va irrévocablement changer la vie de deux familles. 

Un dimanche après-midi dans le sud de la Californie, Bert Cousins se présente sans y être invité à la fête pour le baptême de Franny Keating. Avant la fin de la journée, il aura embrassé la mère de Franny, Beverly, enclenchant ainsi la dissolution de leurs mariages respectifs et la réunion de deux familles.

Prenant place sur cinq décennies, Commonwealth explore les conséquences de cette rencontre fortuite pour les quatre parents et les six enfants impliqués. Alors qu'ils passent leurs étés ensemble en Virginie, les enfants Cousins et Keating vont tisser des liens durables basés sur une désillusion partagée de leurs parents et l'étrange mais réelle affection qui va se développer entre eux.

Quand, âgée d'une vingtaine d'années, Franny tombe amoureuse du légendaire écrivain Leon Posen et lui parle de sa famille, elle va perdre le contrôle de l'histoire de ses frères et soeurs. Leur enfance devient la trame d'un livre au succès phénoménal, les obligeant finalement à faire face avec leurs pertes, leur culpabilité et le lien de profonde loyauté qu'ils partagent.

A la fois drôle et profondément triste, Commonwealth est une réflexion sur l'inspiration, l'interprétation et le fait de posséder sa propre histoire. C'est un récit brillant et tendre des liens importants d'amour et de responsabilité qui nous unissent.

Ce que j'en ai pensé...

Après Fates and Furies, Les Furies en français, lu et adoré il y a quelques semaines, voici un autre roman recommandé par Barak Obama et oh my God ! une autre pépite ! Il devrait se reconvertir en critique littéraire ! Je ne connaissais pas Ann Patchett, qui en est à son septième roman, dont seulement trois, apparemment, ont été traduits en français. Ce roman m'a vraiment captivée et bouleversée.

Pour commencer, sa construction relève du génie. Chaque chapitre nous emmène dans un ordre aléatoire à des périodes différentes au cours des cinq décennies que dure l'histoire et nous apporte son lot de révélations. Petit à petit, on assemble les morceaux du puzzle. C'était déjà un aspect qui m'avait beaucoup plus dans Fates and Furies et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle Obama avait cité ces deux romans ensemble car lui aussi trouvait la construction intelligente. Ensuite, comme souvent dans la littérature américaine - je l'ai déjà dit ici mais répétons-nous ! -, les personnages sont minutieusement décrits, chaque aspect de leur personnalité est fouillé et rien ne nous échappe, le tout sans longueurs, sans mots inutiles.

L'action se passe à la fois en Californie, l'état qui symbolise le plus le rêve américain, et la Virginie, l'un des quatres états américains désignés comme "commonwealth" avec le Massachussets, le Kentucky et la Pennsylvanie. Ces états, de par leur histoire, bénéficient en effet d'un statut d'autonomie particulier. En ce qui concerne la Virginie, elle le doit au fait qu'elle fut le premier état déclaré de l'Union. Mais l'Amérique même est une communauté d'états et on peut voir le parallèle avec la réunion des enfants Cousins et Keating qui unissent leurs forces - un peu trop peut-être... - face au destin. J'ai rarement lu un roman où les relations entre frères et soeurs soient analysées avec autant de discernement. A priori, ils avaient tout pour se détester comme se détestent souvent les demi-frères et soeurs qui se retrouvent à partager une vie que les divorces et remariages de leurs parents leur imposent mais ces six-là vont créer des liens indissolubles, qui les mèneront très, très loin...

Vous l'aurez compris, Commonwealth est un véritable coup de coeur pour moi et à l'occasion, j'essaierai de lire autre chose d'Ann Patchett car j'ai vraiment beaucoup aimé son style. J'espère que ce bijou sera traduit et publié en français avant trop longtemps. En attendant, si vous lisez en anglais, foncez !