Mrs

Editeur : Penguin Books

Titre français : Mrs. Hemingway - Editeur La Table Ronde (11 mai 2017)

Nombre de pages : 322

Quatrième de couverture de l'édition française :

Mrs Hemingway « Nous entraînant du Paris de l'ère du jazz au Cuba de l'après-guerre en passant par la Floride des années 1930, le roman étincelant de Naomi Wood explore les amours et les pertes des femmes de Hemingway... Percutant, et universellement touchant. » Sunday Express

Un clou chasse l'autre, dit le proverbe. Ainsi la généreuse et maternelle Hadley Richardson a-t-elle été remplacée par la très mondaine Pauline Pfeiffer ; ainsi l'intrépide et célèbre Martha Gellhorn a-t-elle été éloignée par la dévouée Mary Welsh. C'est un fait : Hemingway était un homme à femmes. Mais l'auteur de Paris est une fête ne se contentait pas d'enchaîner les histoires d'amour. Ces maîtresses-là, il les a épousées. Au fil d'un scénario ne variant que de quelques lignes, il en a fait des Mrs Hemingway : la passion initiale, les fêtes, l'orgueil de hisser son couple sur le devant d'une scène - la Côte d'Azur, le Paris bohème, la Floride assoiffée, Cuba, l'Espagne bombardée... - puis les démons, les noires pensées dont chacune de ses femmes espérait le sauver. Naomi Wood se penche sur la figure d'un colosse aux pieds d'argile, et redonne la voix à celles qui ont sacrifié un peu d'elles-mêmes pour en ériger le mythe.

Ce que j'en ai pensé...

Voilà un roman que j'ai vraiment beaucoup, beaucoup aimé et qui, de surcroît, m'a donné envie de relire Ernest Hemingway. L'histoire nous retrace les quatre mariages d'Hemingway et leurs destins assez calamiteux. Alors, certes, c'est de la fiction et de toute évidence l'auteur prend des libertés avec ce que fut la réalité, notamment pour établir les dialogues, mais toutefois, il y a à la base un remarquable travail de recherche. Au fil de ces pages, on découvre que le génie de la littérature américaine savait être un sinistre misogyne avec les femmes de sa vie, une fois l'engouement des premiers temps passé. Il les a toutes immanquablement d'abord couvertes de louanges puis trompées et traitées de la façon la plus irrespectueuse qui soit. On découvre, ou redécouvre si l'on connaît un peu Hemigway, qu'il avait une personnalité complexe, torturée et que la dépression a eu raison de ses histoires d'amour et finalement de sa vie. De toute évidence, la solitude seyait peu à Hemingway et avant même de divorcer, il demandait en mariage la suivante ! Sauf pour la dernière, qu'il a quand même trompée ici et là... Sacré coco ce Nesto !Ayant jeté un oeil sur Wikipédia pour me remémorer les éléments biographiques d'Hemingway, je savais quand chaque mariage se terminerait mais malgré tout, en lisant le bouquin, je me suis quand même surprise à espérer à chaque rencontre que cette fois, ce serait la bonne ! Peut-être comme lui finalement !

A propos de la construction du roman, qui mêle judicieusement flashbacks et anticipation pour nous mener du début des années 20 à Chicago, où Hemingway rencontre sa première femme, Hadley, à la mort de l'écrivain en 1961 dans l'Idaho, où il vivait avec sa quatrième femme, Mary, je n'ai pu m'empêcher de penser que ce style était décidément à la mode. C'était également le type de construction - très efficace d'un point de vue narratif - employé par Emma Straub dans Modern Lovers, Lauren Groff dans Les Furies, Ann Patchett dans Commonwealth et Emma Cline dans The Girls pour ne citer que des romans que j'ai lu récemment. Peut-être le résultat des ateliers et cours d'écriture créative si populaires chez nos amis anglo-saxons...

"He is so good at being in love that Ernest Hemingway makes a rotten husband." Il est tellement bon à être amoureux qu'Ernest Hemingway fait un mari pourri. Je termine avec cette phrase extraite du roman qui m'a semblé être le résumé parfait de de roman...