Cognetti

Editeur : Einaudi

Titre français : Les huit montagnes - Editeur Stock - Collection Le Cosmopolite (23 août 2017)

Nombre de pages : 199

Quatrième de couverture de l'édition française :

« Quel que soit notre destin, il habite les montagnes au-dessus  de nos têtes. »

Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes.  Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana,  au coeur du val d’Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la  montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers,  puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié.
Vingt ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes et auprès  de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son  passé – et son avenir.
Dans une langue pure et poétique, Paolo Cognetti mêle  l’intime à l’universel et signe un grand roman d’apprentissage  et de filiation.

Ce que j'en ai pensé...

Ceci n'est pas un coup de coeur, c'est un coup de foudre !

C'est l'histoire d'une amitié indéfectible entre deux garçons, devenus des hommes, l'un citadin, l'autre montagnard. Deux êtres à la fois différents et similaires, qui nous entraînent dans un voyage spirituel fait de fugues et de tentatives de retours pour Pietro et d'une présence immuable pour Bruno, un voyage qui pour l'un comme pour l'autre sera une recherche incessante de leur raison de vivre. La plus grande partie du roman se déroule dans les montagnes de Bruno que Pietro apprend à connaître, puis à aimer Des montagnes, que, moi, je n'ai pas su aimer quand j'en ai eu l'occasion et qui maintenant avec le recul me semblerait être un endroit idéal pour se retirer et finir sa vie...

J'ai un peu hésité à ouvrir ce livre. Le fait de savoir que l'histoire se passait dans une vallée alpine du Val d'Aoste à quelques kilomètres à vol d'oiseau d'une autre vallée alpine italienne, où j'ai tant de souvenirs, me faisait un peu peur. Le personnage de Bruno m'a, comme je l'avais imaginé en lisant le résumé, furieusement rappelé un autre montagnard du nord de l'Italie, qui aimait ses montagnes passionnément et dont ma tentative de l'en éloigner, car à l'époque je ne souhaitais pas m'enterrer dans cette vallée, avait échoué. Ce serait mentir que dire que ce livre n'a pas touché une corde sensible de mon passé mais je l'ai cependant lu avec un plaisir immense car ce sont 199 pages de pur bonheur. La langue est très belle, très poétique, les personnages sont attachants, les lieux sont remarquablement décrits - je n'ai eu aucun mal à les imaginer, en ayant connu de similaires -, les émotions sont parfaitement retranscrites. 

Sans aucun doute, ce livre m'a beaucoup plu parce que je m'y suis retrouvée mais je ne peux que vous encourager à lire Les huit montagnes car on peut parfaitement l'apprécier sans avoir cette connexion particulière qu'est la mienne avec l'histoire. Ce roman est tout simplement magnifique et mérite amplement le prestigieux Prix Strega - équivalent de notre Goncourt - reçu cette année. Il est apparemment en lice pour le Médicis Etranger. Ce serait un beau choix de la part du jury.