Piperno 2 

Editeur : Mondadori

Titre français : Là où l'histoire se termine - Editeur Liana Levi (31 août 2017)

Nombre de pages : 277

Quatrième de couverture de l'édition française :

Romains depuis plusieurs générations, les Zevi comptent , parmi leurs ancêtres penseurs, avocats, scientifiques et même un rabbin ! Seule fausse note dans ce concert de bienséance, Matteo, incorrigible hâbleur. Dans les années 1990, il s'est rué avec légèreté dans deux mariages successifs et une accumulation inconsidérée de dettes. Ne parvenant pas à les rembourser, il a quitté l'Italie pour Los Angeles. Seize ans plus tard, le voici de retour à Rome. Ses deux enfants l'attendent sans l'attendre, tandis que Federica, son ex-femme, essaye de recoller les morceaux en éternelle Pénélope. Le revenant, résolu à dévorer la vie par les deux bouts, se jette sans retenue dans les retrouvailles avec la Ville éternelle, qui plus que jamais conjugue beauté et délabrement. Et la vie reprend son cours léger et futile, jusqu'à l'inévitable collision avec l'Histoire.

Ce que j'en ai pensé...

Ce roman italien m’a fait de l’œil dès sa sortie en France en septembre grâce au très malin bandeau exhibé par l’éditeur français...

Piperno 1 

Les littératures américaine et italienne étant celles que je fréquente le plus en dehors de la littérature française, cela ne pouvait qu’attiser ma curiosité. J’ai donc assouvi cette dernière en lisant ce roman en trois jours seulement - un record pour moi à l’heure actuelle - et cet Alessandro Piperno est une bien belle découverte. Bien qu’il en soit apparemment déjà à son quatrième roman et qu’il ait gagné le prestigieux Premio Strega (équivalent du Goncourt français) pour le précédent, je ne le connaissais pas encore. C’est chose faite et je sais déjà que j’irai à la découverte de ses romans précédents. Sur la base de cette lecture, je peux témoigner qu’Alessandro Piperno excelle dans l’art de rendre compte de la société et de l’âme humaine.

Ce que la quatrième de couverture mentionne à peine est que ce roman nous entraîne dans les méandres d’une famille juive italienne, ce qui aura son importance dans l'histoire et surtout ce qui est assez rare pour être mentionné. Je lis de la littérature italienne contemporaine depuis une trentaine d’années et si j’exclus les désormais classiques romans de Primo Levi et le très célèbre Jardin des Finzi-Contini de Giorgio Bassani, c’est le premier roman que je lis qui se passe dans cette communauté. Une communauté dont on a tendance à oublier l’existence dans une Italie catholique et pourtant elle est la plus ancienne d’Europe. C’est d’ailleurs à Venise que fut créé le premier ghetto en 1516 dans le quartier de Cannareggio sur le site d’une ancienne fonderie. En vénitien, le mot getto ou ghetto signifie fonderie. Si vous allez à Venise, je vous invite à visiter ce quartier étonnant, où vivent toujours les quelques juifs vénitiens qu’il reste encore. En Italie, la communauté actuelle compte environ 25000 personnes, qui vivent principalement à Milan et à Rome.

Alessandro Piperno explore la famille et la vie de couple dans tous ses états, sans concessions, avec un certain cynisme mais avec beaucoup d’humour et surtout un sens de la réalité extraordinaire. C’est le genre de roman où l’on se retrouve tous un peu à moins de ne se mentir et de croire au monde des Bisounours ! Ça pique, ça fait mal mais au bout du compte, il y a beaucoup de bienveillance de la part de Piperno pour ses personnages. Son écriture est ciselée, efficace, sans un mot de trop, et toutefois très riche. J’ai dû à plusieurs reprises vérifier le sens exact de mots,  ce qui, sans vouloir me vanter, m’arrive assez rarement quand je lis en italien - bon, oui, d'accord, je me suis vantée ! ;-) -. J’ai absolument adoré ce roman et bien que j’ai trouvé la fin inattendue et un peu déconcertante, cela n’a pas contribué à atténuer mon impression générale qui reste extrêmement positive. Auteur à découvrir si vous ne le connaissez pas !