The Nix

 

Editeur : Knopf (30 août 2016)

Titre français : Les fantômes du vieux pays - Editeur Gallimard (17 août 2017)

Nombre de pages : 734

Quatrième de couverture de l'édition française :

Scandale aux États-Unis : le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, a été agressé en public. Son assaillante est une femme d'âge mûr : Faye Andresen-Anderson. Les médias s'emparent de son histoire et la surnomment Calamity Packer. Seul Samuel Anderson, professeur d'anglais à l'Université de Chicago, passe à côté du fait divers, tout occupé qu'il est à jouer en ligne au Monde d'Elfscape. Pourtant, Calamity Packer n'est autre que sa mère, qui l'a abandonné à l'âge de onze ans. Et voilà que l'éditeur de Samuel, qui lui avait versé une avance rondelette pour un roman qu'il n'a jamais écrit, menace de le poursuivre en justice. En désespoir de cause, le jeune homme lui propose un nouveau projet : un livre révélation sur sa mère qui la réduira en miettes. Samuel ne sait presque rien d'elle ; il se lance donc dans la reconstitution minutieuse de sa vie, qui dévoilera bien des surprises et réveillera son lot de fantômes.

Ce que j'en ai pensé...

Depuis l'année dernière, j'avais lu un certain nombre de critiques dithyrambiques concernant ce roman et je me disais qu'il fallait vraiment que je le lise mais il y a tant à lire et les semaines passent si vite ! Puis ,la rentrée littéraire 2017 a pointé son nez en France, ce roman en faisait partie et là encore, j'ai lu de nombreuses critiques positives. Pourtant, l'avis des blogueurs et blogueuse, que je suis sur Instagram, n'était pas unanime. Il fallait donc que je me colle à ces plus de 700 pages pour en avoir le coeur net ! C'est chose faite et je pense savoir pourquoi certains de ces blogueurs et blogueuses ont laissé tomber.

Alors, disons-le tout de suite. Oui, ce roman est un absolu chef d'oeuvre. Comment un primo-romancier a pu écrire une oeuvre aussi dense et aussi juste me laisse pratiquement sans voix ! Le titre de ce roman pourrait tout aussi bien être "Les démons de l'Amérique". A travers l'histoire de ce jeune prof d'université et de sa famille, l'auteur retrace 40 ans d'histoire et de névroses américaines. Le résultat est magistral et s'inscrit sans aucun doute dans mon top 5 de l'année 2017 en matière de lectures. Nathan Hill a le sens du détail comme seuls des romanciers chevronnés l'ont à mon avis. Il nous plonge dans des univers différents et il n'y manque jamais rien. Les détails sont parfois au coin d'une phrase et il ne faut pas les rater pour vraiment capturer l'essence du roman. Quand il fait une satire du milieu universitaire américain, tout est juste. Quand il s'attaque à notre monde hyper-connecté, il n'y a pas de doute qu'il sait de quoi il parle. Quand il retrace l'histoire politique des Etats-Unis depuis les frères Kennedy, il est sans concession et nous permet de comprendre comment l'Amérique en est arrivée à voter pour Trump - notez que son roman est sorti aux Etats-Unis quelques semaines avant l'élection de ce dernier -. Il aborde les rapports humains d'une façon percutante qui n'a pas laissé la lectrice que je suis de marbre. Ce garçon a tout compris, c'est aussi simple que cela et il nous balance des vérités à la figure qu'il est parfois un peu difficile d'encaisser mais qui, peut-être, permettront au lecteur de se poser les bonnes questions sur la société dans laquelle on vit.

Cependant, je n'aurais pas aimé être à la place de la traductrice, Mathilde Bach ! Je ne sais pas ce que vaut la traduction française mais ce roman est truffé de références culturelles absolument  incompréhensibles si l'on n'est pas américain ou si l'on ne connaît pas l'Amérique parfaitement de l'intérieur. Ce ne sont parfois même pas des références, mais des sous-entendus. Alors, à moins que la traductrice n'ait étoffé sa traduction de multiples notes d'explication en bas en page, je ne vois pas comment on peut vraiment apprécier cette merveille en ne le lisant pas en anglais et en ne connaissant pas parfaitement les Etats-Unis. Oui, on peut sans doute le lire et l'aimer mais l'apprécier à sa juste valeur, j'en doute.  

Une autre critique lue sur les réseaux sociaux concernent les quelques longueurs ici et là. Je l'admets, il y en a, mais n'oublions pas qu'il s'agit là d'un romancier qui publie son premier roman.  Dans l'ensemble, le déroulé de l'histoire est fluide et chaque partie du roman est une histoire à elle seule. J'aurais aimé être plus disponible pour avaler ces 734 pages plus rapidement que je ne l'ai fait mais en même temps - ça y est, le syndrôme de la macronite me reprend ! -, j'ai pour une fois pris mon temps pour lire un livre qui mérite qu'on n'en bâcle pas la lecture.  

Inutile de dire que je suis impatiente de voir ce que ce jeune Nathan Hill va nous pondre comme deuxième roman...