Ferrante

Editeur : e/o (29 octobre 2014)

Titre français : L'enfant perdue - Editeur Gallimard - Collection Du monde entier (18 janvier 2018)

Nombre de pages : 451

Quatrième de couverture de l'édition française :

A la fin de Celle qui fuit et celle qui reste, Lila montait son entreprise d'informatique avec Enzo, et Elena réalisait enfin son rêve : aimer Nino et être aimée de lui, quitte à abandonner son mari et à mettre en danger sa carrière d'écrivain. Car elle s'affirme comme une auteure importante et l'écriture l'occupe de plus en plus, au détriment de l'éducation de ses deux filles, Dede et Elsa. L'histoire d'Elena et de Nino est passionnelle, et bientôt Elena vit au gré de ses escapades pour retrouver son amant. Lors d'une visite à Naples, elle apprend que Lila cherche à la voir à tout prix. Après avoir embrassé soixante ans d'histoire des deux femmes, de Naples et de toute l'Italie, la saga se conclut en apothéose. Plus que jamais, dans L'enfant perdue, Elena Ferrante nous livre un monde complet, riche et bouillonnant, à la façon des grands romanciers du XIXe siècle, un monde qu'on n'oublie pas.

Ce que j'en ai pensé...

Et voilà, j'ai refermé le quatrième volume de la quadrilogie il y a seulement quelques minutes et déjà, je me sens orpheline... Dans ce quatrième volume, on retrouve les deux amies, découvertes dans L'amie prodigieuse, puis retrouvées dans Le nouveau nom  et Celle qui fuit et celle qui reste . Dans ce dernier tome, elles sont toujours des confidentes et des rivales, mais aussi des supportrices de leurs carrières respectives tout en étant jalouses l'une de l'autre, des soeurs de commisération alors qu'elles sont enceintes toutes les deux en même temps, des mères, qui se font concurrence pour avoir la petite fille la plus jolie et la plus intelligente.

Comme toujours, c'est Lila qui tend à agresser Elena, en lui reprochant toutes sortes de choses et Elena, qui tend à culpabiliser régulièrement sur l'état de leur amitié. Pourtant, si Lila peut se montrer manipulatrice et méchante, elle fait aussi preuve de générosité et de dévouement pour qu'Elena puisse poursuivre sa carrière. Tout au long du livre, on retrouve ce besoin un peu énervant qu'a Elena de toujours vouloir surpasser Lila, dont elle a toujours envié l'intelligence supérieure, mais aussi cette volonté inarrêtable de faire de Lila un sujet d'étude pour ses livres. Au fil des années, alors qu'elles vieillissent et connaissent toutes deux des succès et des revers, leur relation varie mais finalement reste au même point. Parfois, l'une prévaut sur l'autre, puis c'est le contraire.  

Tout comme les volumes précédents, l'histoire est magnifiquement construite mêlant l'histoire de l'Italie contemporaine à celle de nos deux héroines et on comprend à la fin que l'auteure savait exactement où irait son récit quand elle écrivit le premier chapitre du premier tome, que je vous conseille d'ailleurs de relire, une fois que vous aurez terminé ce quatrième tome. Tout s'enchaîne parfaitement et le résultat final est magistral. Je ne vous en dis pas plus, je sais que beaucoup d'entre vous attendent avec impatience le 18 janvier pour la sortie de la traduction française et je vous laisserai donc découvrir les nombreuses surprises, qui jalonnent ce quatrième tome. Ce dont je ne doute pas, c'est que cette quadrilogie passera à la postérité et sera un jour un classique de la littérature italienne du XXIème siècle et un livre-référence sur Naples et son identité complexe.