bakhita

Editeur : Albin Michel (23 août 2017)

Nombre de pages : 455

Quatrième de couverture :

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l'esclavage. Rachetée à l'adolescence par le consul d'Italie, elle découvre un pays d'inégalités, de pauvreté et d'exclusion. Affranchie à la suite d'un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres. Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d'évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d'âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu'elle soit razziée.

Ce que j'en ai pensé...

 

Je dois être honnête. Si je ne côtoyais pas d’autres blogueurs et surtout blogueuses sur Instagram, je n’aurais probablement pas lu ce roman. J’en aurais entendu parler, ne serait-ce que par la chronique de Lire, le passage de Véronique Olmi à La Grande Librairie et le fait que de nombreux libraires aient mis ce livre en avant depuis sa sortie à l’automne dernier. Mais non, je ne l’aurais pas acheté et lu sans Instagram. À priori, l’histoire d’une esclave soudanaise devenue religieuse en Italie ne m’attirait pas plus que cela. Et puis, l’une des blogueuses que je suis sur Instagram a décidé de créer un Grand Prix des Blogueurs - Agathe, tu te reconnaîtras si tu me lis, une bien jolie initiative, je dois dire - et ce roman, dont je ne cessais de lire des chroniques plus élogieuses les unes que les autres, est arrivé en tête devant Et soudain la liberté de Evelyne Pisier et Caroline Laurent et Le jour d’avant de Sorj Chalandon, pour lequel j’avais d’ailleurs voté. À partir de là, je me suis dit qu’il fallait que je me penche sur ce destin, qui avait ému tant d’autres lectrices et lecteurs.

 

Je ne le regrette pas. Malgré ses 100 premières pages décrivant les horreurs de l’esclavage, que j’ai trouvées un peu pénibles pas tant pour leur contenu mais pour le style adopté par l’auteure - des phrases courtes se voulant percutantes mais qui ont fini par me saouler un peu -, j’ai apprécié le récit du parcours de cette enfant esclave à qui le destin finira par donner une chance de survivre. Quelle leçon de résilience... Comment Bakhita a-t-elle survécu aux horreurs auxquelles elle a été confronté ? Comment le désir de vivre l’a emporté encore et toujours ? C’est ce que ce roman raconte. Mais il raconte aussi comment cette jeune africaine sauvée par un consul italien se retrouve confrontée à une autre forme de violence dans une Europe qui a renié l’esclavagisme mais pas le colonialisme et encore moins le racisme...

 

Ce bouquin m’a au passage fait entrevoir le fait que je suis assez inculte sur la participation de l’Italie à la Premiere Guerre Mondiale et sur les années suivantes qui ont mené au fascisme et à Mussolini. J’ai souvent entendu la blague consistant à traiter les « Ritals » de planqués car il n’avait fait que 15 - 17 et non 14 - 18 mais finalement, j’ai réalisé que je ne savais pas précisément pourquoi ils n’étaient entrés en guerre qu’en 1915. Il faudra à l’occasion que je remédie à ces lacunes.