salopard

Prix Nice Baie des Anges 2017

Editeur : Flammarion (4 janvier 2017)

Nombre de pages : 202

Quatrième de couverture : 

«Je me souviens de cette première nuit chez vous à nous étourdir d'opium. J'en étais sorti aux aurores brumeuses dans ce Paris assoupi qui faisait les yeux doux à mon regard vague. La terre était un sale endroit où j'étais arrivé par erreur.»

Lettré, spirituel, fêtard et dissolu, Maurice Sachs parvient, au cours des années 20, à séduire bon nombre d'artistes. L'homme est pourtant un paradoxe vivant : juif et homosexuel, il se convertit deux fois, se marie et devient collabo ; écrivain dans l'âme, il s'interdit longtemps d écrire. Fin 1942, ayant épuisé l'ensemble de ses trafics et la patience de ses amis, il s'engage volontairement au STO et part pour Hambourg où il n'a aucun scrupule à proposer ses services à la Gestapo. Le 14 avril 1945, un S.S. l'abat d'une balle dans la nuque.

Ce roman est une correspondance d'outre-tombe avec les grandes figures de sa vie et de son époque : Jean Cocteau, Coco Chanel, Max Jacob, Violette Leduc, André Gide...

Ce que j'en ai pensé...

En vue de ma prochaine participation au jury populaire du Prix Nice Baie des Anges 2018, j'ai décidé ce mois-ci de lire quelques ouvrages, qui avaient obtenu ce prix au cours des dernières années. J'ai commencé avec le cru 2017 dans ma PAL depuis juin dernier mais que je n'avais pas encore pris le temps de lire.

J'ai passé un bon moment avec ce roman mais je ne peux pas dire que cela ait été un coup de coeur. La lecture de la quatrième de couverture vous aura d'ores et déjà indiqué que ce Maurice Sachs, dont je n'avais, je l'avoue, jamais entendu parler avant de mettre la main sur ce livre, était un sinistre salaud, mais de toute évidence un salaud charmeur car il était malgré tout parvenu à séduire et à arnaquer un certain nombre de célébrités de son époque. Sachs, de toute évidence un grand mythomane, passera sa vie à mentir, à trahir, à renier, à aligner les coups bas sans faire preuve de remords, si ce n'est dans l'imaginaire de Barbara Israël. L'auteur a imaginé un échange épistolaire depuis l'au-delà entre les divers protagonistes de la vie de Sachs, ses parents, ses amis. La plupart de ces lettres sont à la fois des règlements de compte assez cinglants et l'opportunité pour les différents acteurs de révéler des secrets, tous plus ou moins inqualifiables, sur les uns et les autres. Il y est beaucoup question d'homosexualité mais aussi des positions prises au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Ce qui m'a interpellée, c'est que finalement chaque époque donne l'impression à ses contemporains qu'ils vivent une période de moeurs complètement dissolues. C'était mieux avant... bof ! Attention, ce livre n'est pas une biographie. L'auteur prend des libertés avec les propos de chacun et elle laisse en particulier planer un doute à la fin. Je vous laisse le découvrir.

Je ne connaissais pas Barbara Israël que j'ai eu l'occasion de rencontrer lors du Festival du Livre à Nice. Son écriture est très soignée, très classique et j'ai hâte de découvrir d'autres romans de cet auteur niçoise. très sympathique, dont j'ai également acheté un autre ouvrage à ce festival, Nos vies rêvées. A suivre donc...