Zweig

Prix Nice Baie des Anges 2010

Editeur : Flammarion (13 janvier 2010)

Nombre de pages : 188

Quatrième de couverture : 

Le 22 février 1942, exilé à Pétropolis, Stefan Zweig met fin à ses jours avec sa femme, Lotte. Le geste désespéré du grand humaniste n'a cessé, depuis, de fasciner et d'émouvoir. Mêlant le réel et la fiction, ce roman restitue les six derniers mois d'une vie, de la nostalgie des fastes de Vienne à l'appel des ténèbres. Après la fuite d'Autriche, après l'Angleterre et les Etats-Unis, le couple croit fouler au Brésil une terre d'avenir. Mais l'épouvante de la guerre emportera les deux êtres dans la tourmente - Lotte, éprise jusqu'au sacrifice ultime, et Zweig, inconsolable témoin, vagabond de l'absolu.

Ce que j'en ai pensé...

Encore un lauréat du Prix Nice Baie des Anges avec ce très émouvant roman de Laurent Seksik et encore une très belle lecture.

La quatrième de couverture annonce la couleur si, par hasard, on ignore que Zweig et sa seconde épouse se suicidèrent au Brésil, où ils s'étaient réfugiés pour échapper au régime nazi. L'intérêt de cette biographie romancée de la fin de la vie de Zweig est d'essayer de cerner le personnage et ses tourments, qui, de toute évidence, existaient déjà avant la guerre et que les persécutions de l'époque ont fait basculer dans une dépression profonde. Zweig questionnait chaque aspect de sa vie: il n'avait aucune estime de son travail; il s'en voulait de ne pas s'être clairement positionné contre le nazisme à l'instar de ses vieux amis, Romain Rolland et Joseph Roth; il regrettait d'avoir quitté sa première femme et d'avoir épousé la deuxième assez rapidement, l'asthme de cette dernière étant une énième source d'inquiétude; il ne supportait pas de vieillir; bref, toute sa vie n'était plus qu'un malaise généralisé. Quand le roman commence, il ne croit plus en rien, il est las de fuir - avant d'arriver au Brésil, il est passé par l'Angleterre et les Etats-Unis et il assiste, impuissant à l'agonie du monde. L'entrée en guerre des Etats-Unis et l'assassinat de Juifs allemands et autrichiens retrouvés par des nazis en mission au Brésil précipiteront sa décision de partir.

 J'ai apprécié l'élégance et la pudeur avec lesquelles Seksik traite le sujet. Il parvient à ce que l'on ressente de l'empathie pour Zweig et pourtant, le personnage n'était guère sympathique, à mon avis. On souffre aussi pour Lotte, qui se retrouve embarquée dans le sillage de son mari un peu par hasard finalement et dont le sacrifice semble démesuré par rapport à l'amour modéré qu'il lui porte. 

 Je ne peux que recommander cette lecture sauf si vous souffrez du blues hivernal car ces 188 pages sont quand même sinistres à souhait !