Besson

Editeur : 10/18 (19 janvier 2017)

Nombre de pages : 166

Quatrième de couverture : 

Hélène a vu en direct à la télévision les images d'un tremblement de terre dévastateur dans une ville lointaine ; son mari séjournait là-bas, à ce moment précis. Mathieu, quant à lui, a trouvé un jour dans un appartement vide une lettre de rupture. Ces deux-là, qui ne se connaissent pas, vont se rencontrer par hasard à Lisbonne. Et se parler. Une seule question les taraude : comment affronter la disparition de l'être aimé ? Et le manque ? Au fil de leurs déambulations dans cette ville mélancolique, dont la fameuse saudade imprègne chacune des ruelles tortueuses, ne cherchent-ils pas à panser leurs blessures et à s'intéresser, de nouveau, aux vivants ?

Ce que j'en ai pensé...

Lu dans l'avion de retour de Lisbonne, ce roman ne me laissera pas un grand souvenir. Je n'avais jusqu'à présent lu qu'un seul roman de Philippe Besson Vivre vite, que j'avais plutôt apprécié autant pour son style que pour son contenu. J'étais donc impatiente de me replonger dans un Besson mais celui-ci est assez décevant. L'écriture est plaisante mais je n'ai pas adhéré à l'histoire.

D'abord, il parle d'un gigantesque tremblement de terre à San Francisco. Parle-t-il de celui de 1989 ? Il avait certes fait des dégâts considérables mais n'avait fort heureusement causé "que" 67 morts (bien sûr, c'est beaucoup, mais vu la violence du choc, cela aurait pu être bien pire) et surtout il n'avait pas provoqué de raz-de-marée monstrueux. Ou bien imagine-t-il le "big one", qui menace San Francisco et la Californie ? Si c'est le cas, quel est le besoin d'imaginer une catastrophe qui n'a pas encore eu lieu ? Le monde ne regorge-t-il pas de suffisamment de catastrophes naturelles et provoquées ? Le tsunami de 2004 en Asie n'aurait-il pu faire l'affaire pour inspirer notre auteur ? L'auteur voulait-il que "sa" catastrophe ait lieu à San Francisco pour pouvoir faire les parallèles avec Lisbonne (les rues qui montent et qui descendent, les tramways, le pont) ? Bref, c'est la première chose qui m'a gênée.

Au-delà de cela, j'ai trouvé la rencontre des deux personnages assez improbable. Je n'ai pas non plus éprouvé beaucoup d'empathie pour cette femme, qui, pourtant, a vécu un drame épouvantable et je n'ai eu aucune compassion pour les peines de coeur du personnage masculin. Non que je manque d'empathie et de coeur. Je pleure avec une facilité déconcertante en regardant n'importe quelle comédie romantique américaine ou en lisant les romans de Nicholas Sparks. Non, c'est juste que Philippe Besson n'a pas trouvé le ton juste pour créer l'empathie et pourtant, c'est probablement ce qu'il cherche.

Quant à la fin, je l'ai trouvé carrément idiote. En résumé, je n'ai pas passé un mauvais moment avec ce roman mais il sera aussitôt lu, aussitôt oublié. Je me pencherai cependant sur d'autres romans de Besson car c'est un auteur que j'aime bien, quand il passe à La Grande Librairie, d'une part et d'autre part parce que beaucoup des avis lus sur Instagram me confirment que Les passants de Lisbonne n'est pas son meilleur effort.