fief 

Editeur : Le Seuil - Collection Cadre Rouge (17 août 2017)

Nombre de pages : 256

Quatrième de couverture : 

Quelque part entre la banlieue et la campagne, là où leurs parents ont eux-mêmes grandi, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils fument, ils jouent aux cartes, ils font pousser de l'herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c'est pour constater ce qui les éloigne des autres.

Dans cet univers à cheval entre deux mondes, où tout semble voué à la répétition du même, leur fief, c'est le langage, son usage et son accès, qu'il soit porté par Lahuiss quand il interprète le Candide de Voltaire et explique aux autres comment parler aux filles pour les séduire, par Poto quand il rappe ou invective ses amis, par Ixe et ses sublimes fautes d'orthographe. Ce qui est en jeu, c'est la montée progressive d'une poésie de l'existence dans un monde sans horizon.

Au fil de ce roman écrit au cordeau, une gravité se dégage, une beauté qu'on extirpe du tragique ordinaire, à travers une voix neuve, celle de son auteur.

Ce que j'en ai pensé...

Lu dans le cadre de la sélection pour le Prix Nice Baie des Anges 2018, je ne pouvais pas vous en parler avant que les délibérations aient lieu mais je l'avais fini lors du week-end de Pâques, d'où la photo !

Je m'attendais à une lecture un peu bousculante d'après ce que j'en avais lu et d'après ce que le juré professionnel, ayant fait ce choix, nous en avait dit lors de la réunion de présentation des livres retenus pour la sélection. Bousculante, oui, un peu, si l'on s'offusque du langage de ces jeunes paumés, ni vraiment méchants ni vraiment bons; oui, si les descriptions de séances de fumette dérangent; oui, si celle des ébats sexuels du narrateur perturbent. Le roman n'a pas vraiment de fil conducteur autre que le constat des dérives d'une jeunesse désoeuvrée et sans avenir.  

Je n'ai pas foncièrement détesté ce bouquin mais soyons honnêtes, je ne l'ai pas adoré non plus. J'ai surtout trouvé les chapitres consacrés aux entraînements et combats de boxe épouvantablement longs. Franchement, les descriptions détaillées d'uppercut, je n'en pouvais plus ! Si ma conscience de juré ne m'avait pas dicté de finir ce roman, je l'aurais proprement abandonné vers la page 50 comme je le fais désormais quand une lecture ne m'enthousiasme pas. À vrai dire, cela aurait été dommage car il y a quand même 10 pages très savoureuses de la page 89 à la page 98 quand l'un des gars de la bande, celui qui fait des études et fréquente des bourges, entreprend de faire faire une dictée à ses acolytes. Hilarant ! Le livre vaut le coup d'être lu rien que pour ce passage-là.