Pingeot

Editeur : Julliard (4 janvier 2018)

Nombre de pages : 312

Quatrième de couverture : 

Comment réagit-on lorsqu'on apprend par la télévision que sa propre fille est accusée de tentative de meurtre en relation avec une entreprise terroriste ? Magda, belle femme de soixante ans habituée à vivre à l'abri des regards, voit soudain son intimité fouillée, disséquée par des enquêteurs suspicieux et des journalistes avides de sensationnalisme. Tandis que la justice fait traîner une procédure de plus en plus politique, elle s'interroge : sa fille a-t-elle réellement eu l'intention d'attenter à des vies humaines ? Et si oui, quel rôle a-t-elle joué, en tant que mère, dans cette dérive ?
Très librement inspiré de faits réels, Magda explore, par le biais de la fiction, les ressorts de la transmission familiale entre une mère rongée par le secret et sa fille, activiste passée du côté de la clandestinité. Un roman introspectif et crépusculaire, doublé d'un captivant portrait de femme.

Ce que j'en ai pensé...

Encore un auteur que je n'aurais probablement jamais lu sans le Prix Nice Baie des Anges 2018. J'étais persuadée que Mazarine Pingeot - la fille cachée de François Mitterrand pour ceux qui vivent dans une cave ! - n'écrivait que des essais philosophiques un peu, allez disons-le, chiants ! C'est peut-être le cas mais il s'avère qu'elle écrit aussi des romans et que celui-ci a été une bonne surprise. C'est bien écrit sans pour autant plonger dans un style trop intello et l'intrigue est plutôt bien ficelée.

Malgré l'avertissement en début de roman nous informant que toute ressemblance avec bla bla bla.., le  point de départ du roman s'inspire clairement de l'affaire de Tarnac, impliquant un groupe d'activistes, dont un jeune couple, qui auraient endommagé des caténaires sur une ligne TGV et qui furent arrêtés en 2009. La justice les a d'ailleurs relaxés récemment faute de preuves - il est d'ailleurs à noter qu'ils sont aussi innocentés dans le roman, qui, pourtant, est sorti avant que leur procès ait lieu -. Il se trouve par ailleurs que dans la réalité comme dans la fiction, les parents de la jeune femme ont choisi dès leur jeunesse un style de vie quelque peu alternatif à l'écart de la société de consommation. Les comparaisons s'arrêtent là car le personnage de Magda sort de l'imagination de l'auteur. Et quel personnage ! C'est une personne très discrète, très introvertie, mais dont on comprend aussi qu'elle a une forte personnalité qui étouffe quelque peu sa famille. Dès les premières pages, il a une aura de mystère autour de Magda et on a l'intuition qu'elle cache quelque chose mais quoi, exactement ? Je dois dire qu'au fil du roman, je suis partie sur deux ou trois fausses pistes et que la fin m'a cueillie par surprise.

Il s'agit à mon avis d'un roman que l'on peut lire à plusieurs niveaux. L'intrigue en elle-même est assez prenante mais les situations du roman nous poussent aussi à nous poser des tas de questions sur l'existence, sur les origines, sur ce que les parents transmettent à leurs enfants, consciemment ou pas, etc. Bien sûr, c'est le cas de nombreux romans. Le propre d'un bon roman est que l'on s'y retrouve tous un peu mais certains auteurs parviennent à ce résultat mieux que d'autres ! Quoiqu'il en soit, ce roman m'a donné envie de lire d'autres romans de Mazarine Pingeot, une personne au destin peu commun, dont on peut penser qu'il a contribué à développer son imagination.