Strout 2

Editeur : Random House (25 avril 2017)  

Nombre de pages : 272

Edition en français : Tout est possible - Fayard (17 octobre 2018)

Quatrième de couverture de l'édition française : 

La petite ville d'Amgash, dans l'Illinois, est en émoi. Lucy Barton, fille de la ville devenue écrivain à succès, exilée à New York depuis de longues années, vient de publier un livre sur sa jeunesse. Le récit de son enfance, pauvre et solitaire, provoque chez les gens d Amgash des réminiscences, des questions et des révélations. Un jour, Lucy Barton en personne fait irruption à Amgash après dix-sept ans d absence. Les retrouvailles de Lucy avec les siens sont l'occasion d instants âpres, mais beaux comme si la douleur de la fuite et la rancoeur s étaient dissipées en un instant.Dans Tout est possible, Elizabeth Strout renoue avec les personnages de son précédent roman,  Je m'appelle Lucy Barton, pour explorer la complexité du lien à l'Autre. Animées par le livre et la visite exutoires de Lucy, des personnes qui l'ont connue se trouvent forcées à dire, ou parviennent enfin à dire, les secrets qui les écrasent depuis longtemps. Une chance offerte de comprendre les choses et les êtres, à défaut de pouvoir tout recommencer.

Ce que j'en ai pensé...

J'avais commencé à lire ce roman avant Je m'appelle Lucy Barton quand j'ai réalisé que tous les personnages étaient déjà mentionnés dans ce dernier lors des commérages que font Lucy Barton et sa mère. J'ai donc effectué un rétropédalage, lu Je m'appelle Lucy Barton en premier et puis je suis revenue à celui-ci.

Barack Obama l'avait placé dans sa liste de recommandations de 2017 et je comprends pourquoi, Mr. Presidentse trompe rarement ! Ce roman est un pur bijou. L'écriture et la construction sont beaucoup plus complexes que dans le précédent et j'admire l'auteur pour parvenir à changer aussi radicalement de style en fonction du message qu'elle souhaite faire passer. Le style de Je m'appelle Lucy Barton était assez brut, à l'image des rapports que peuvent avoir une mère et sa fille. Ici, le style et l'enchaînement des chapitres, qui sont presque autant de nouvelles que l'on pourrait lire indépendamment et dans un ordre aléatoire, reflètent la complexité des rapports humains et surtout la difficulté à savoir qui se cache vraiment derrière chaque personne, y compris quand on les côtoie au quotidien.

L'auteur explore la destinée de plusieurs personnages mentionnés dans son roman précédent en tissant des liens entre chaque chapitre, ce qui au final nous donne une galerie complète de personnages tous aussi torturés les uns que les autres. Ils proviennent tous de la même petite ville du Mid-West, où chacun s'intéresse aux histoires de tous les autres comme cela peut arriver dans n'importe quelle petite ville du monde entier. Elizabeth Strout fait à la fois preuve d'empathie envers ses personnages mais aussi d'un sarcasme décapant, que j'ai absolument adoré.

En attendant qu'il sorte en France, lisez Je m'appelle Lucy Barton et ensuite foncez sur celui-ci dès que possible. Un petit conseil: gardez le premier en tête quand vous lirez celui-ci, vous ne l'apprécierez ainsi que plus.