Strout 2

Editeur : Random House (25 avril 2017)

Pas encore traduit en français

Nombre de pages : 272

Traduction libre de la quatrième de couverture :

Une distribution inoubliable de personnages originaires d'une petite ville aux prises avec l'amour et la perte. 
Rappelant Olive Kitteridge par sa richesse, sa construction et sa complexité, Anything Is Possible explore toute une gamme d'émotions à travers les drames intimes de personnes qui s'efforcent de se comprendre et de comprendre les autres.
 Voilà deux soeurs: l'une échange l'estime de soi pour un mari fortuné pendant l'autre trouve dans les pages d'un livre une âme soeur qui change sa vie. L'agent d'entretien d'une école locale voit sa foi mise à l'épreuve par la rencontre avec un homme qu'il est venu aider; une fille adulte aspire à recevoir l'amour de sa mère alors même qu'elle accepte que cette dernière ait trouvé le bonheur à l'étanger; et Lucy Barton, devenue adulte (l'héroïne de Je m'appelle Lucy Barton, le précédent roman d'Elizabeth Strout), revient pour rendre visite à ses frères et soeurs après dix-sept ans d'absence. 
Faisant écho aux liens étroits qu'entretiennent les familles et l'espoir qui naît avec la réconciliation, Anything Is Possible confirme Elizabeth Strout comme l'une des auteurs les plus appréciés et respectés aux Etats-Unis.

Ce que j'en ai pensé...

J'avais commencé à lire ce roman avant Je m'appelle Lucy Barton quand j'ai réalisé que tous les personnages étaient déjà mentionnés dans ce dernier lors des commérages que font Lucy Barton et sa mère. J'ai donc effectué un rétropédalage, lu Je m'appelle Lucy Barton en premier et puis je suis revenue à celui-ci.

Barack Obama l'avait placé dans sa liste de recommandations de 2017 et je comprends pourquoi, Mr. Presidentse trompe rarement ! Ce roman est un pur bijou. L'écriture et la construction sont beaucoup plus complexes que dans le précédent et j'admire l'auteur pour parvenir à changer aussi radicalement de style en fonction du message qu'elle souhaite faire passer. Le style de Je m'appelle Lucy Barton était assez brut, à l'image des rapports que peuvent avoir une mère et sa fille. Ici, le style et l'enchaînement des chapitres, qui sont presque autant de nouvelles que l'on pourrait lire indépendamment et dans un ordre aléatoire, reflètent la complexité des rapports humains et surtout la difficulté à savoir qui se cache vraiment derrière chaque personne, y compris quand on les côtoie au quotidien.

L'auteur explore la destinée de plusieurs personnages mentionnés dans son roman précédent en tissant des liens entre chaque chapitre, ce qui au final nous donne une galerie complète de personnages tous aussi torturés les uns que les autres. Ils proviennent tous de la même petite ville du Mid-West, où chacun s'intéresse aux histoires de tous les autres comme cela peut arriver dans n'importe quelle petite ville du monde entier. Elizabeth Strout fait à la fois preuve d'empathie envers ses personnages mais aussi d'un sarcasme décapant, que j'ai absolument adoré.

En attendant qu'il sorte en France, lisez Je m'appelle Lucy Barton et ensuite foncez sur celui-ci dès que possible. Un petit conseil: gardez le premier en tête quand vous lirez celui-ci, vous ne l'apprécierez ainsi que plus.