Ward

Editeur : Scribner (5 septembre 2017)

Pas encore traduit en français

Nombre de pages : 304

Traduction libre de la quatrième de couverture :

Jojo a treize ans et essaye de comprendre ce qu'être un homme veut dire. Il ne manque pas de pères à étudier, à commencer par son grand-père noir, Pop. Mais il y a d'autres hommes qui compliquent sa compréhension: son père blanc, absent, Michael, qui vient de sortir de prison; son grand-père blanc, absent, Big Joseph, qui refuse de reconnaître son existence; et les souvenirs de son oncle, Given, qui est mort à l'adolescence. 

Sa mère, Leonie, est une présence inconsistante dans sa vie et celle de sa jeune soeur. Elle est une mère imparfaite constamment en conflit avec elle-même et ceux qui l'entourent. Elle est noire et le père de ses enfants est blanc. Elle veut être une mère meilleure mais elle est incapable de donner la priorité à ses enfants, particulièrement quand il est question de son besoin de consommer de la drogue. À la fois tourmentée et confortée par les visions de son frère mort, qui lui apparaît seulement quand elle est défoncée, Leonie est enfermée dans un cercle vicieux, qui reflète la brutale réalité qui est la sienne.

Quand le père de ses enfants sort de prison, Leonie part en voiture avec ses enfants et une amie et se dirige vers le nord, au coeur du Mississippi où se trouve le pénitencier d'état, Parchman. Là-bas, il y a un autre garçon de 13 ans, le fantôme d'un prisonnier mort qui porte avec lui la sale histoire du Sud au cours de ses pérégrinations. Lui aussi a quelque chose à enseigner à Jojo sur les pères et leurs fils, sur les héritages, sur la violence, sur l'amour.

Ce que j'en ai pensé...

Encore une suggestion de Barack Obama et au risque de me répéter, Mr. President n'a jamais tort ! A priori, une histoire dans laquelle interviennent des fantômes n'était peut-être pas ma tasse de thé et pourtant, je me suis laissée embarquer par cette histoire, je me suis attachée aux personnages et bien sûr, j'ai retrouvé les démons de ce Sud, qui m'est si cher malgré ses défauts... le racisme, l'épouvantable pauvreté intellectuelle de certains Blancs et financière des Noirs, l'injustice flagrante, la chaleur étouffante...

Je ne connaissais pas Jesmyn Ward, gagnante du National Book Award pour son roman précédent, Salvage The Bones, et c'est une découverte fort intéressante. Il semblerait qu'écrire sur le Mississippi rural du 21ème siècle et sa pauvreté rampante soit son fond de commerce. Je me pencherai à l'occasion sur ses ouvrages.

Ici, elle nous donne sa version d'un road-trip de laissés pour compte qui sert d'excuse pour nous présenter le portrait d'une famille aux prises avec l'ignoble réalité de l'histoire américaine contemporaine, celle de la ségrégation, du racisme et de l'extrème pauvreté, qui ne semblent pas pouvoir ou vouloir disparaître dans le Sud profond, et nous parler du pouvoir - ou des limites - des liens familiaux.

Foncez quand ce roman sera traduit en français, c'est - encore ! - un grand, grand roman américain.