Ward

Editeur : Scribner (5 septembre 2017)

Nombre de pages : 304

Edition en français : Le chant des revenants - Belfond (7 février 2019)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Seule femme à avoir reçu deux fois le National Book Award, Jesmyn Ward nous livre un roman puissant, hanté, d'une déchirante beauté, un road trip à travers un Sud dévasté, un chant à trois voix pour raconter l'Amérique noire, en butte au racisme le plus primaire, aux injustices, à la misère, mais aussi l'amour inconditionnel, la tendresse et la force puisée dans les racines.

Jojo n'a que treize ans mais c'est déjà l'homme de la maison. Son grand-père lui a tout appris : nourrir les animaux de la ferme, s'occuper de sa grand-mère malade, écouter les histoires, veiller sur sa petite sœur Kayla. De son autre famille, Jojo ne sait pas grand-chose. Ces blancs n'ont jamais accepté que leur fils fasse des enfants à une noire. Quant à son père, Michael, Jojo le connaît peu, d'autant qu'il purge une peine au pénitencier d'État. Et puis il y a Leonie, sa mère. Qui n'avait que dix-sept ans quand elle est tombée enceinte de lui. Qui aimerait être une meilleure mère mais qui cherche l'apaisement dans le crack, peut-être pour retrouver son frère, tué alors qu'il n'était qu'adolescent. Leonie qui vient d'apprendre que Michael va sortir de prison et qui décide d'embarquer les enfants en voiture pour un voyage plein de dangers, de fantômes mais aussi de promesses...

Ce que j'en ai pensé... 

Encore une suggestion de Barack Obama et au risque de me répéter, Mr. President n'a jamais tort ! A priori, une histoire dans laquelle interviennent des fantômes n'était peut-être pas ma tasse de thé et pourtant, je me suis laissée embarquer par cette histoire, je me suis attachée aux personnages et bien sûr, j'ai retrouvé les démons de ce Sud, qui m'est si cher malgré ses défauts... le racisme, l'épouvantable pauvreté intellectuelle de certains Blancs et financière des Noirs, l'injustice flagrante, la chaleur étouffante...

Je ne connaissais pas Jesmyn Ward, gagnante du National Book Award pour son roman précédent, Salvage The Bones, et c'est une découverte fort intéressante. Il semblerait qu'écrire sur le Mississippi rural du 21ème siècle et sa pauvreté rampante soit son fond de commerce. Je me pencherai à l'occasion sur ses ouvrages.

Ici, elle nous donne sa version d'un road-trip de laissés pour compte qui sert d'excuse pour nous présenter le portrait d'une famille aux prises avec l'ignoble réalité de l'histoire américaine contemporaine, celle de la ségrégation, du racisme et de l'extrème pauvreté, qui ne semblent pas pouvoir ou vouloir disparaître dans le Sud profond, et nous parler du pouvoir - ou des limites - des liens familiaux.

Foncez quand ce roman sera traduit en français, c'est - encore ! - un grand, grand roman américain.