cusset

Editeur : Gallimard - Collection Blanche (18 août 2016)

Nombre de pages : 304

Quatrième de couverture : 

«Quand tu penses à ce qui t’arrive, tu as l’impression de te retrouver en plein David Lynch. Blue Velvet, Twin Peaks. Une ville universitaire, le cadavre d’un garçon de vingt ans, la drogue, la police, une ravissante étudiante, une histoire d’amour entre elle et son professeur deux fois plus âgé : il y a toute la matière pour un scénario formidable. Ce n’est pas un film. C’est ta vie.»

L’autre qu’on adorait fait revivre Thomas, un homme d’une vitalité exubérante qui fut l’amant, puis le proche ami de la narratrice, et qui s’est suicidé à trente-neuf ans aux États-Unis. Ce douzième roman de Catherine Cusset, où l’on retrouve l’intensité psychologique, le style serré et le rythme rapide qui ont fait le succès du Problème avec Jane, de La haine de la famille et d’Un brillant avenir, déroule avec une rare empathie la mécanique implacable d’une descente aux enfers.

Ce que j'en ai pensé...

Je n'avais plus rien lu de Catherine Cusset depuis Un brillant avenir en 2008 ou 2009, je ne sais plus très bien, pour lequel elle avait obtenu le Prix Goncourt des Lycéens et dont je gardais un excellent souvenir. Ayant beaucoup entendu parler sur Instagram de L'autre qu'on adorait, qui est désormais paru en poche, j'avais envie de le lire et étant tombé dessus par hasard à la médiathèque, l'occasion a fait le laron !

J'ai entamé cette lecture sans avoir aucune idée du thème traité dans ce roman et quel ne fut pas mon choc de lire une histoire, que je ne connais malheureusement que trop bien...

A vrai dire, j'ai fini ce livre il y a plusieurs jours déjà et depuis, je me demande comment vous en parler, sans heurter certains de mes abonnés à ce blog. Avant toute chose, je peux dire que c'est un roman très bien écrit et dont l'histoire ne peut que toucher le lecteur. Le style narratif choisi par l'auteur, qui consiste à s'adresser au personnage principal en le tutoyant pour remonter le fil de sa vie,  peut être un peu déroutant au début mais on comprend vite pourquoi elle l'a adopté. De plus, une grande partie du bouquin se déroulant aux Etats-Unis et en particulier dans le milieu universitaire, que je connais assez bien, je ne l'ai qu'apprécié davantage. Je n'ai qu'un reproche à faire à Catherine Cusset et c'est d'ailleurs amusant car c'est le reproche qu'un des personnages principaux de Camino Island de John Grisham, que j'ai lu précédemment, fait à certains auteurs: pourquoi ce prologue qui annonce la couleur d'entrée ? L'histoire n'aurait, à mon avis, rien perdu de sa puissance en éliminant ce prologue. 

Ce qui rend l'écriture de cette chronique un peu compliquée, c'est que l'histoire de Thomas et de sa lente descente aux enfers est à peu de chose près l'histoire d'un de mes proches et donc évidemment, ce roman a eu une résonance toute particulière pour moi. Je ne peux pas trop en dire sans vous en gâcher la lecture mais disons que le personnage principal se voit un jour diagnostiquer avec un mal qu'il ignorait et que son cas est un copié-collé de celui de mon proche, si ce n'est que je ne suis pas sûre que ce dernier ait jamais été diagnostiqué correctement.

Si vous avez déjà lu ce roman, vous savez de quoi je parle, vous connaissez la fin et depuis la semaine dernière, je ne peux que penser que ce qui arrive à Thomas va aussi arriver à cette personne qui m'est proche, ce n'est pas simple à encaisser. Si vous n'avez jamais vécu l'expérience d'assister impuissant à ce type de descente aux enfers, vous ne pouvez pas imaginer à quel point il est difficile d'être témoin de cette spirale infernale que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter...