stayin' alive

 Editeur : Erick Bonnier (14 juin 2018)

Nombre de pages : 181

Quatrième de couverture : 

Robin est né le 13 décembre 1977, mais il ne le savait pas.... Il a fallu qu'il meure pour le comprendre et pour, de façon improbable, rester vivant.
Stayin' Alive est un roman épique, tachycardant, une plongée dans les années disco au rythme des Bee Gees, une histoire presque vraie que personne n'oserait croire.
Et vous, êtes-vous prêts à danser ?

Ce que j'en ai pensé...

Voilà une lecture que je n'avais pas à priori envisagé de faire et puis, l'éditeur m'a proposé de m'envoyer le bouquin en service presse et à la lecture du titre, je me suis dit: "Pourquoi pas ?" Vu mon âge, Stayin' Alive, ça me parlait forcément !

J'avais 13 ans quand la vague de La fièvre du samedi soir a déferlé sur la France. Je crois me souvenir que c'était le premier film que ma mère me laissait aller voir au ciné avec des copines. Et comme tout le monde, j'ai ensuite voulu la BO que j'ai écouté jusqu'à en user le vinyl !  Alors un roman, qui faisait référence à ce titre mythique des Bee Gees me donnait évidemment envie de le lire.

Résultat des courses : c'est à la fois un coup de coeur et un coup de gueule ! Je m'explique. En feuilletant les toutes premières pages à la réception de ce livre, je m'étais dit "ouh là là". D'abord, le tout premier chapitre commençait avec une phrase qui, à mon sens, était assez mal tournée et contenait un accord de participe passé un peu douteux. Comme on ne se refait pas, je trouvais que cela partait mal. Et puis j'ai décidé d'aller au-delà de mes préjugés et j'ai finalement découvert un texte plutôt bien écrit et à ma grande surprise, cette histoire de jeune type qui meurt et nous parle depuis son coma, puis de son cercueil et de sa tombe s'est plus que laissé lire.

Par contre, tout en remerciant l'éditeur pour son envoi, je souhaiterais lui tirer les oreilles ! Je suis prête à soutenir les petits éditeurs mais encore faut-il qu'ils fassent leur métier sérieusement. J'ai quand même trouvé trois "ou" à la place de "où" (on peut blâmer la typographie mais jusqu'à un certain point !), une curieuse référence à une glace avec teint (personnellement, je connais la glace sans tain mais la glace avec teint ?) et de nombreuses errances quant à la ponctuation. Mais plus que tout, le roman donne parfois l'impression d'être une ébauche. Certains passages auraient dû être coupés, ils ne servent à rien; d'autres auraient mérité une restructuration. Bref, l'éditeur aurait dû faire son boulot !

L'ironie du sort est que dans le roman, on apprend que la mère du narrateur a débuté sa carrière comme correctrice dans une grande maison d'édition ! Et page 120, ce passage, qui m'a quand même bien fait rire, vu ce que qui précède :

"Peter se replongea aussitôt dans la lecture des épreuves de son manuscrit faisant mine de s'emporter à chaque faute non corrigée qu'il découvrait, lui qui plaçait l'orthographe bien au-dessus de la beauté des femmes."

Souhaitant tout de même bon vent à ce livre, je signale trois passages que j'ai particulièrement aimé, un sur les vertus du slow (p 118 à p 120) et un autre de toute beauté sur Naples (p 170 à p 174). Ils arrivent l'un comme l'autre un peu comme des cheveux sur la soupe dans le déroulé de cette histoire quelque peu décousue mais ils valent cependant le coup d'être lus. En voici deux courts extraits:

"Le slow osait tout, il distillait de la jalousie, de la contrariété, il attisait l'audace, l'envie d'entreprendre, il était le préambule de l'amour, la folle évasion de notre belle jeunesse."  Soupir... si seulement je pouvais avoir de nouveau 18 ans !

"Des clichés ? Naples en produit des centaines, des milliers. Les Vespa agitées dans de minuscules ruelles, une circulation qui fonctionne à l'infarctus; des draps qui s'égouttent d'une fenêtre l'autre, la drague à l'étalage, les femmes capables d'envoûter tout un carrefour et cette profusion de saveurs, d'odeurs, de chapardeurs, d'artisans, de profiteurs, de petits receleurs, de Fiat 500, de carabinieri beaux parleurs. Naples est une métaphoe, un paradigme du mouvement, une fêtarde qui croit en Dieu mais ose souvent le contredire."

Enfin, un troisième passage que j'ai adoré... Tellement vrai !

 

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Quoiqu'il en soit, ce livre m'aura incité à réécouter cette BO magique et à me déhancher quelque peu !

You're stayin' alive, stayin' alive.
Feel the city breakin'
And ev'rybody shakin'
And we're stayin' alive, stayin' alive.