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 Editeur : Feltrinelli (11 janvier 2018)

Nombre de pages : 285

Edition en français : La goûteuse d'Hitler - Albin Michel (2 janvier 2019)

Quatrième de couverture de l'édition française :

 1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l'idée que l'on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa.

Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s'exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme « l'étrangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l'hostilité de ses compagnes, dont Elfriede, personnalité aussi charismatique qu'autoritaire.

Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c'est à la fois vouloir survivre et accepter l'idée de mourir.

Couronné en Italie par le prestigieux prix Campiello, ce roman saisissant est inspiré de l'histoire vraie de Margot Wölk. Rosella Postorino signe un texte envoûtant qui, en explorant l'ambiguïté des relations, interroge ce que signifie être et rester humain.

Rosella Postorino explore sans retenue l’ambiguïté des pulsions et des relations humaines pour se demander ce que signifie être, et rester, des êtres humains. S’inspirant de l’histoire vraie de Margot Wölk (goûteuse d’Hitler à la caserne de Krausendorf), elle raconte l’histoire exceptionnelle d’une femme piégée, fragile face à la violence de l’Histoire, forte des désirs de la jeunesse. Comme elle, le lecteur se trouve aux portes de la collusion avec le Mal, de la faute accidentelle, suivie de l’instinct - souvent anti héroïque - de survivre. De se sentir, malgré tout, encore vivant.  

Ce que j’en ai pensé...

Après avoir lu l’entretien accordé au Daily Mail par Margot Wölk, la dernière survivante de ce groupe de goûteuses, dont personne ou presque n’avait jamais entendu parler, l’auteur de ce roman n’a eu de cesse de raconter cette histoire en détails. Malheureusement, quand cette dernière a enfin obtenu les coordonnées de Frau Wölk à Berlin, celle-ci venait de décéder. Elle a donc décidé de se documenter du mieux qu’elle pouvait et a opté pour une fiction en imaginant ce qu’elle ne pouvait apprendre sur la réalité. Il faut donc lire ce roman en gardant à l’esprit que Rosella Postorino n’a fait que s’inspirer de l’histoire vraie. C’est, je crois, très important étant donné la tournure particulière que prend le roman dans l’histoire.

Le résultat est un roman fort bien écrit qui nous entraîne sur le chemin de l’histoire, celle de personnes comme vous et moi, face à l’Histoire. C’est troublant, dérangeant et profondément émouvant. Je comprends pourquoi il a eu tant de succès en Italie.