Dee

 

Editeur : Random House (2017)

Nombre de pages : 383

Edition en français : Ceux d'ici (Plon - Collection Feux Croisés - 11 janvier 2018)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Howland, petite ville du Massachusetts, est un havre de paix pour les vacanciers venus de New York. Mark, lui, fait partie des locaux. Entrepreneur en bâtiment, il peine à joindre les deux bouts. Engagé par Philip Hadi, New-Yorkais richissime, bien décidé à s'installer à Howland, il est fasciné par cet homme qui brasse des millions. Et si le moment était venu pour lui de tenter sa chance ? Avec son frère, Mark décide de se lancer dans les placements immobiliers.
Lorsque Hadi devient maire de la ville, utilisant ses fonds privés pour faire la pluie et le beau temps, le fossé se creuse encore un peu plus entre le New-Yorkais et les habitants de la petite ville...
Mettant en scène la montée d'un nouvel autoritarisme, c'est la fin du rêve américain que Jonathan Dee décrypte ici de main de maître. Un roman social non seulement brillant, mais aussi inquiétant de réalisme.

Ce que j'en ai pensé...

Encore un roman assez noir sur l'Amérique d'aujourd'hui mais cette fois, la violence n'est pas tangible, elle est insidieuse et se révèle sous la forme du Dieu Dollar, qui s'avère être le Diable, ainsi que du racisme et du sexisme, qui ont repris le dessus dans l'Amérique de la classe moyenne à laquelle les trente ans et plus, qui ont suivi la Seconde Guerre Mondiale, avaient offert le rêve.

Et encore un très, très bon roman dont la construction m'a certes un peu déroutée au départ mais dans lequel je suis finalement rentrée avec grand intérêt. A travers ses personnages, ce roman décrypte ce qu'est devenue l'Amérique depuis le 11 septembre et apporte des éléments de réponse à ceux qui se demandent encore comment diable Trump a pu succéder à Obama. On y voit clairement le contraste entre une société rurale faite d'une classe moyenne, qui cherche juste à maintenir ses valeurs, et un milieu urbain, qui a perdu toute notion de la réalité, aveuglé qu'il est par l'argent.

Jonathan Dee a écrit ce roman avant l'élection mais il n'y a pas de doute que certains de ses personnages auraient pu voter pour le pantin à la chevelure orange !

Cela faisait un moment que je me promettais de lire le roman précédent de Jonathan Dee Les privilèges. J'ai maintenant vraiment très envie de le lire après avoir apprécié celui-ci. Quand j'ai rencontré l'auteur au Festival America, j'avais oublié d'apporter son roman pour le faire signer. Il a toutefois gracieusement signé un misérable petit bout de papier que j'ai collé dans le livre. Fan de dédicaces un jour, fan toujours...!

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