Gaudé 1

 Editeur : Babel (29 mai 2010) - Actes Sud (15 août 2008)

Nombre de pages : 266

Quatrième de couverture :   

Au lendemain d'une fusillade à Naples, Matteo voit s'effondrer toute raison d'être : son petit garçon est mort. Nuit après nuit, à bord de son taxi vide, il s'enfonce dans la solitude et parcourt au hasard les rues de la ville. Un soir, dans un minuscule café, il fait la connaissance du patron, Garibaldo, de l'impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d'étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu'on peut y descendre... 

Ceux qui meurent emmènent dans l'Au-Delà un peu de notre vie, et nous désespérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour apaiser notre douleur. C'est dans la conscience de tous les deuils - les siens, les nôtres - que Laurent Gaudé oppose à la mort un des mythes les plus forts de l'histoire de l'humanité. Solaire et ténébreux, captivant et haletant, La Porte des Enfers nous emporte dans un "voyage" où le temps et le destin sont détournés par la volonté d'arracher un être au néant.
 

Ce que j'en ai pensé...

Quel bonheur de retrouver la plume de Laurent Gaudé après Le soleil des Scorta (Prix Goncourt 2004), Ouragan et Danser les ombres. J'ai vraiment beaucoup aimé tous ces romans mais je dois dire que celui-ci m'a particulièrement touchée parce que mon rapport à la mort est très complexe et ce depuis mon adolescence, quand j'y ai été vraiment confrontée pour la première fois avec la mort d'une camarade. N'ayant aucune vie spirituelle, je ne crois bien sûr en rien et surtout pas en l'Au-Delà et cette incursion dans ce dernier en compagnie de ce talentueux auteur est évidemment troublante.

Dans le style élégant, qui est le sien, Laurent Gaudé nous emporte dans un voyage qui veut (peut ?) nous faire croire que l'on peut arracher les êtres chers au néant. Ce livre, comme les autres que j'ai lus de lui, est très prenant et se lit d'une traite ou presque. Gaudé est vraiment un grand, très grand auteur.

En tous les cas, après cette lecture, je n'ai pas fini de penser aux proches que la mort m'a enlevés et qui ont tous emmené un peu de moi... Sophie, mes grands-parents, Pa, Iona, Cine, Judy, Michel, Karen...

En réalité, ce livre, je l'ai fait dédicacer pour ma petite maman mais je l'ai court-circuité avant de le lui donner ! Maman, si tu me lis, celui-ci est pour toi !

Gaudé 3

Gaudé 2