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Editeur : Gallimard - Collection Blanche (16 août 2018)

Nombre de pages : 272

Quatrième de couverture : 

«Lina n’était jamais vraiment là. Tout se passait dans son regard. J’en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qui fanait son visage. Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d’humeur, ces sautes d’amour.» Un dimanche de décembre, une femme livre à ses trois fils le secret qui l’étouffe. En révélant une souffrance insoupçonnée, cette mère niée par les siens depuis l’adolescence se révèle dans toute son humanité et son obstination à vivre libre, bien qu’à jamais blessée. Une trentaine d’années après Rochelle, Éric Fottorino apporte la pièce manquante de sa quête identitaire. À travers le portrait solaire et douloureux d’une mère inconnue, l’auteur de Korsakov et de L’homme qui m’aimait tout bas donne ici le plus personnel de ses romans.

 

Ce que j'en ai pensé...

Avis mitigé après la lecture de ce roman que j'aurais tant voulu adorer car j'aime beaucoup Eric Fottorino et son travail. Au printemps dernier, j'avais lu et beaucoup aimé Korsakov et je m'étais promise ici de lire d'autres romans de Fottorino. Et malheureusement, j'ai eu plus de mal avec celui-ci. Il m'est difficile d'expliquer pourquoi mais je vais quand même essayer. 

D'abord, est-ce vraiment un roman ? L'aurais-je plus apprécié si la couverture avait mentionné "récit" ? La plupart des romans de Fottorino tourne autour de sa complexe histoire familiale et ils n'ont pratiquement de romans que le nom. Quand je suis allée à la rencontre de Fottorino en septembre dernier, il se défendait d'être tout à fait cet Eric du roman qu'il est un peu quand même. Un peu beaucoup quand on connaît un peu son douloureux passé familial. Après avoir beaucoup écrit sur ses deux pères, le naturel et l'adoptif, il se concentre ici sur l'histoire de sa mère. Cette quête de l'amour d'une mère est tout à fait louable mais peut-être ai-je finalement trouvé ce roman assez impudique. Je peux comprendre qu'avec un passé familial aussi lourd que le sien, il ait besoin d'écrire encore et encore sur le sujet pour s'en libérer mais là, contrairement à Korsakov, j'ai presque eu une impression de voyeurisme à la lecture de ce roman et cela m'a un peu gênée.

Par ailleurs, un des "personnages" principaux de ce roman est la ville de Nice et là, deux choses m'ont dérangée. Il y a d'une part de petites inexactitudes qui n'enlèvent rien à la beauté du texte mais connaissant bien Nice, cela m'énerve un peu quand même. Quand il prend le tram qui remonte vers Carabacel, je ne peux m'empêcher de penser que ce n'est pas le tracé du tram dans la réalité; quand il parle de boutiques de luxe dans le Vieux Nice, je sais que ce n'est pas dans le Vieux Nice que sont les boutiques de luxe à Nice; et enfin quand il mange des panisses, je me dis que c'est plutôt à Marseille qu'on mange les panisses, à Nice on préfère la socca !

D'autre part, Fottorino fait plusieurs fois référence à l'attentat du 14 juillet 2016 en faisant des analogies ici et là, qui, à mon sens, n'appportent strictement rien au texte et m'ont personnellement terriblement perturbée. À Nice, le souvenir de cet évènement terrible est encore très frais et le voir mentionné au détour d'une analogie un peu tirée par les cheveux à mon sens m'a laissée perplexe.

Voilà, ce roman, au demeurant fort bien écrit, aura été une petite déception. Cela ne m'empêchera pas de lire Fottorino à nouveau. 

 

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