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Editeur : Sceptre (11 janvier 2018) (English edition)

Nombre de pages : 368

Edition en français : Les jours de silence - Belfond (23 août 2018)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Porté par une grâce et un style uniques, ce roman d'apprentissage livre le portrait complexe d'une famille du Vieux Sud pétrie de littérature, mais incapable de trouver les mots pour exprimer ses grandes joies et ses infinies douleurs. Convoquant Poe, Wolfe, Faulkner ou Salinger, Phillip Lewis livre un futur classique des lettres américaines.

Sur un contrefort élevé des Appalaches se tient une étrange demeure, curiosité de verre et d'acier, que chacun, dans le petit village d'Old Buckram, prétend maudite. C'est ici que vivent les Aster. 
Il y a le père, Henry Senior, intellectuel autodidacte, homme de lettres révolté dans une contrée hostile aux bibliophiles. La mère, Eleonore, femme insoumise et lumineuse, qui partage ses journées entre la contemplation de la nature environnante et l'élevage de pur-sang. La cadette, Threnody, adorable fillette affublée d'un prénom imprononçable tiré d'un poème de son père. Et, au milieu, se tient Henry Junior, petit garçon sensible et attentif, qui passe le plus clair de son temps caché dans la bibliothèque, à regarder, fasciné, la figure paternelle noircir, jour et nuit, les feuillets qui composeront le roman de sa vie. 

Des années plus tard, Henry Junior n'a qu'une idée : quitter Old Buckram. Fuir pour devenir un homme ; fuir les montagnes et ce silence intranquille qui le ronge ; et, surtout, fuir pour tenter de comprendre ce qui a poussé son père, un matin, à abandonner les siens, en emportant avec lui son mystérieux manuscrit... 

Ce que j'en ai pensé...

Ma rencontre avec ce livre a été complètement fortuite. Je l'avais vu passer sur Instagram, je m'étais dit que cela pouvait me plaire mais je ne l'avais pas acheté... 

Puis en septembre dernier, lors du Festival America de Vincennes, mes cousines et moi nous sommes retrouvées dans un café après une longue journée riche de rencontres et ma cousine Bécassine (je vous rassure, c'est son surnom, elle ne s"appelle pas vraiment comme cela !) s’est aperçue qu’à la table d’à côté, ce qui semblait être un auteur américain semblait être interviewé par ce qui semblait être une journaliste française ! Elle m’a demandé si je le connaissais, je lui ai dit que non et a alors commencé une scène cocasse qui m’a vue en quelques secondes réussir à lire son nom sur son badge, attraper le programme pour en savoir un peu plus sur le zigoto, constater qu’il était né en Caroline du Nord et carrément interrompre l’interview avec un sonore « Oh my God, you were born in North Carolina! » que tout le café a dû entendre ! Il s’est retourné, un peu surpris, et très gentiment, a interrompu son interview pour faire connaissance. Nous avons discuté quelques instants de nos chères montagnes de Caroline du Nord sous le regard un peu noir de la journaliste... et Bécassine, toujours alerte, m’a suggéré de lui faire signer mon programme. 

 

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C’est seulement après qu’il est parti que j’ai réalisé que son roman était celui que j’avais vu passer plusieurs fois sur Instagram. Quelques jours après,  l’auteur a posté une photo de son passage à Vincennes sur Instagram et du coup, j’en ai profité pour lui présenter mes excuses pour avoir « crashé » son interview et il m’a très élégamment répondu. Qu’est-ce que vous voulez ? Les hommes du Vieux Sud savent être de parfaits gentlemen ! Rhett Butler, ça vous parle ?!

Mais maintenant, laissez-moi vous dire que j'ai dévoré ce roman d'apprentissage qui se déroule dans ma très chère Caroline du Nord et dans lequel toutes les références au Vieux Sud font partie de ma culture et tous les lieux évoqués me sont familiers. L'auteur se réfère beaucoup à Thomas Wolfe, auquel on ne peut forcément que penser en le lisant, les origines de ce dernier étant elles aussi en Caroline du Nord et son célèbre roman Look, Homeward, Angel, étant de toute évidence l'une des bibles de Phillip Lewis et comment ne le serait-il pas pour un "North Carolinian" ? Pour celles et ceux, qui ne connaîtraient pas le nom de Thomas Wolfe, sachez que c'est l'un des plus grands écrivains américains que le XXème siècle nous ait donné au même titre que Hemingway, Steinbeck ou Faulkner. Pour une raison X ou Y, il n'est pas très connu en Europe et c'est bien dommage. 

Dans The Barrowfields, Phillip Lewis explore les arcanes d'une famille un peu particulière et les traces indélébiles laissés par l'abandon d'un parent au sein de cette ambiance un peu gothique du Sud des Etats-Unis, où les apparences comptent souvent beaucoup plus que les véritables liens familiaux. On pourra lui reprocher quelques petites longueurs ici et là mais c'est vraiment un très beau roman, particulièrement réussi pour un premier roman, et je suis impatiente de le lire à nouveau.