Balzano

Editeur : Einaudi (3 mars 2018) 

Nombre de pages : 180

Edition en français : Je reste ici - Editions Philippe Rey (23 août 2018)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Le roman bouleversant d'une famille en temps de guerre

La vue saisissante d'un clocher d'église surgissant des eaux du lac artificiel Resia au Sud-Tyrol, a inspiré à Marco Balzano un roman puissant, se déroulant sur des décennies, avant et après l'immersion du village de Curon. La narratrice, Trina, s'adresse à sa fille, Marica, dont elle est séparée depuis de nombreuses années, et lui raconte sa vie. Trina a dix-sept ans au début du texte, elle vit à Curon, village de montagne dans le Haut-Adige, avec ses parents. En 1923, ce territoire autrichien annexé par l'Italie à la suite de la Première Guerre mondiale, fait l'objet d'une italianisation forcée : la langue allemande, qu'on y parle, est bannie au profit de l'italien. Trina s'amourache d'Erich, employé de son père menuisier, un solitaire aux yeux gris, qu'elle regarde chaque jour passer devant ses fenêtres avec son chien et son troupeau de vaches, qu'elle finit par épouser et dont elle aura deux enfants, Michael et Marica. Au début de la guerre, tandis qu'Erich s'active dans une farouche résistance aux mussoliniens et au projet de barrage qui menace le village, la petite Marica est enlevée par sa tante qui l'emmène vivre en Autriche. Cette absence, vive blessure jamais guérie chez Trina, sera le moteur de son récit, qui ne cachera rien des fractures apparaissant dans la famille (surtout lorsque son fils Michael devient hitlérien) ou dans le village, des trahisons, des violences, mais aussi des joies et des scènes de retrouvailles traitées avec finesse et pudeur.
Un roman magnifique, mêlant avec talent la grande et la petite histoires, qui fera résonner longtemps la voix de Trina qui, malgré les violences de la guerre, reste fidèle à ses passions de jeunesse, courageuse, indépendante et digne.

Ce que j'en ai pensé...

Très beau roman, qui est passé un peu inaperçu lors de la dernière rentrée littéraire d'automne. Il faut dire qu'il n'est pas facile de s'y retrouver parmi autant de nouveautés. A vrai dire, je trouve la quatrième de couverture un peu bavarde et je ne vais rien rajouter quant à la trame. Vous en saurez déjà bien assez en la lisant. Je ne peux cependant que vous encourager à découvrir ce livre, qui a le mérite d'aborder un chapitre de l'histoire italienne encore douloureux et encore bien méconnu des Italiens, malheureusement. Je conclus mes lectures de janvier avec ce roman et mis à part une déception, j'ai plutôt lu de bonnes choses. J'espère que l'année va bien se poursuivre littérairement parlant et pas que !