Gone With The Book...

Les corps conjugaux - Sophie de Baere (2020)

Les corps conjugaux

LU EN FEVRIER 2020

Editeur : JC Lattès (22 janvier 2020)

Nombre de pages : 336

Quatrième de couverture :

"Au sommet du don, je pourrais sacrifier à cet homme jusqu'à ma propre vie et mes enfants. Comme je m'offrais autrefois à ma mère, aux jurys des concours, aux garçons des parkings : ce matin-là, dans cette mairie, je me donne tout entière. Je n'ai plus de défense, redeviens objet. Pourvu qu'il m'aime, Jean pourra faire de moi ce qu'il veut."

Fille d’immigrés italiens, Alice Callandri consacre son enfance et son adolescence à prendre la pose pour des catalogues publicitaires et à défiler lors de concours de beauté. Mais, à dix-huit ans, elle part étudier à Paris. Elle y rencontre Jean. Ils s’aiment intensément, fondent une famille, se marient. Pourtant, quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît. Les années passent mais pas les questions. Qu’est-elle devenue  ? Pourquoi Alice a-t-elle abandonné son bonheur parfait, son immense amour, sa fille de dix ans  ?

Portrait de femme bouleversant, histoire d'un amour fou, secrets d'une famille de province : Les corps conjugaux explore avec force et poésie l'un des plus grands tabous et notre part d'humanité.

Ce que j'en ai pensé...

Quand j'ai lu ce roman, j'ai rejoint la cohorte des fans de ce roman même si, comme d’autres lectrices (peu de lecteurs, je crois !), j’avais trouvé certaines coïncidences un peu invraisemblables mais à vrai dire qu’importe, c’est un roman et la fiction peut tout se permettre.

Après La dérobée, j’avais à nouveau beaucoup aimé l’écriture de Sophie de Baere, qui, avec une grande élégance, raconte l’intolérable destin d’Alice, victime de... ben voyons, comme si j’allais vous le dire !

J’ai vraiment passé un bon moment avec ce roman.

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Outbound Train - Renea Winchester (2020)

Outbound Train

Editeur : Firefly Southern Fiction (27 mars 2010)

Edition en français : De l'autre côté des rails - Le Nouveau Pont (7 avril 2021)

Nombre de pages : 240

Présentation de l'édition française :

1976, Bryson City, petite ville ouvrière des Appalaches de Caroline du Nord.

De l'autre côté des rails, à l'écart de la ville, trois générations de femmes luttent ensemble pour joindre les deux bouts.

Mamie Pearlene perd un peu la tête. Barbara part tous les jours à l'usine pour coudre des vêtements qu'elle ne pourra jamais s'offrir. Carole Anne est encore au lycée, mais travaille en cachette dans un bar clandestin pour réparer un jour la vieille Olsmobile et s'enfuir vers un avenir meilleur.

Elle ne sait pas que Barbara avait autrefois caressé le même rêve, et qu'il s'était brisé en une seule nuit. Grandir du mauvais côté des rails prédestine-t-il à courir après le rêve américain sans jamais l'atteindre ?

La mère réussira-t-elle à faire taire le passé quand sa fille sera portée disparue ?

Renea Winchester nous invite au voyage dans le quotidien d’une petite ville qui vit au rythme de l’usine, où tout le monde se connaît et où les rancœurs sont parfois tenaces. Elle brosse trois beaux portraits de femmes fortes et déterminées, dont les parcours de vie semés d'embûches nous tiennent en haleine.

Ce que j'en ai pensé...

On lit, on lit... on passe du temps sur Instagram, on échange, on note des titres et puis de temps en temps, bingo, on tombe sur la perle qu’on attendait sans le savoir !

À bien des égards, le Bryson City (comté de Swain, Caroline du Nord) des années 70 que Renea Winchester nous décrit dans ce roman n’est pas tellement différent du Canton (comté d’Haywood) à seulement quelques encablures de là, où j’ai travaillé dans les années 90.

En allant à la rencontre des trois personnages principaux du livre, les trois femmes Parker, la grand-mère, Pearlene, la mère, Barbara, et la fille, Carole Anne, j’avais l’impression de déjà les connaître.

Carole Anne, je l’ai eu en classe.

Le  « trailer park », où se trouve leur mobile home, qui n’a de mobile que le nom car leurs propriétaires en ont retiré les roues pour les vendre et gagner quatre sous, je le connais.

La misère sociale et intellectuelle dans laquelle vit une grande partie de la population de ce comté, je l’ai côtoyée au quotidien pendant 10 ans.

Depuis des années que j’essaye d’expliquer l’environnement que j’ai connu à ma famille et mes amis en Europe, ça y est, j’ai enfin trouvé le bouquin à leur faire lire pour qu’ils comprennent ! Cet univers, bien sûr, je l’avais en partie retrouvé dans certains romans de Ron Rash mais pas à ce point-là.

Alors, je remercie la lectrice sur Instagram qui m’a fait découvrir ce roman, qui non seulement m’a replongée dans la culture des Appalaches, qui depuis 41 ans, fait partie de ma vie mais en plus est à l’origine d’une nouvelle amitié car j’ai eu la chance de rencontrer Renea via Zoom et nous avons immédiatement sympathisé.

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Transparence - Marc Dugain (2019)

Transparence

LU EN FEVRIER 2020

Editeur : Gallimard - Collection Blanche (25 avril 2019)

Nombre de pages : 224

Quatrième de couverture :

A la fin des années 2060, la présidente française de Transparence, une société du numérique implantée en terre sauvage d'Islande, est accusée par la police locale d'avoir orchestré son propre assassinat. Or au même moment, son entreprise s'apprête à commercialiser le programme Endless, un projet révolutionnaire sur l'immortalité, qui consiste à transplanter l'âme humaine dans une enveloppe corporelle artificielle. Alors que la planète est gravement menacée par le réchauffement climatique, cette petite start-up qui est sur le point de prendre le contrôle du secteur numérique pourra-t-elle sauver l'humanité ?

Ce que j'en ai pensé...

Les romans d’anticipation ne sont pas trop mon truc mais j’ai beaucoup aimé celui-ci ! Peut-être pas à lire si vous êtes un peu déprimés quoique...

Certains passages de ce livre m’ont carrément fichu la trouille et puis d’autres m’ont donné un peu d’espoir. Courons-nous à notre perte ou pas ? Lisez Transparence. Vous pourrez vous faire une idée.

J’avais absolument adoré les cinq pages où Marc Dugain imaginait la fin de Trump et je me disais « ah si seulement... » mais depuis l’Amérique s’est fort heureusement débarrassée du personnage

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Alto Braco - Vanessa Bamberger (2018)

Alto Braco

LU EN FEVRIER 2020

Editeur : Liana Levi (5 mars 2020)

Nombre de pages : 251

Quatrième de couverture :

Alto Braco, "haut lieu" en occitan, l'ancien nom du plateau de l'Aubrac. Un nom mystérieux et âpre, à l'image des paysages que Brune traverse en venant y enterrer Douce, sa grand-mère. Du berceau familial, un petit village de l'Aveyron battu par les vents, elle ne reconnaît rien. Après la mort de sa mère, elle a grandi à Paris, au-dessus du Catulle, le bistrot tenu par Douce et sa soeur, Granita. Dures à la tâche et fantasques, les deux femmes lui ont transmis le sens de l'humour et l'art d'esquiver le passé. Mais à mesure que Brune découvre ce pays d'élevage, à la fois ancestral et ultramoderne, la vérité des origines et l'envie d'appartenance affleurent. Vanessa Bamberger signe ici un roman sur le lien à la terre, la transmission et les secrets à l'oeuvre dans nos vies.

Ce que j'en ai pensé...

Encore une très belle lecture. Ce magnifique texte de Vanessa Bamberger m’avait beaucoup, beaucoup touchée.

J’avais eu envie de lire ce livre dès sa sortie. C’est un très beau témoignage à la fois sur la transmission, l’attachement à la terre, les secrets de famille et la difficulté d’être éleveur par les temps qui courent. Le hasard - ou pas ! - a voulu je le lise à un moment, où il a eu une résonance toute particulière pour moi.

Et depuis cette lecture, j’ai un furieux désir d’aller découvrir ce plateau d’Aubrac et de préférence en plein hiver !

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La Déesse des petites victoires - Yannick Grannec (2012)

La Déesse des petites victoires

LU EN FEVRIER 2020

Editeur : Anne Carrière (23 août 2012)

Nombre de pages : 468

Quatrième de couverture :

Université de Princeton, 1980. Anna Roth, jeune documentaliste sans ambition, se voit confier la tâche de récupérer les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle.
Sa mission consiste à apprivoiser la veuve du grand homme, une mégère notoire qui semble exercer une vengeance tardive contre l'establishment en refusant de céder les documents d'une incommensurable valeur scientifique.
Dès la première rencontre, Adèle voit clair dans le jeu d'Anna. Contre toute attente, elle ne la rejette pas mais impose ses règles. La vieille femme sait qu'elle va bientôt mourir, et il lui reste une histoire à raconter, une histoire que personne n'a jamais voulu entendre. De la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l'après-guerre ; de l'Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l'idéal positiviste à l'avènement de l'arme nucléaire, Anna découvre l'épopée d'un génie qui ne savait pas vivre et d'une femme qui ne savait qu'aimer.

Albert Einstein aimait à dire : " Je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel. " Cet homme, peu connu des profanes, a eu une vie de légende : à la fois dieu vivant de l'Olympe que représentait Princeton après la guerre et mortel affligé par les pires désordres de la folie. Yannick Grannec a réussi, dans ce premier roman, le tour de force de tisser une grande fresque sur le XXe siècle, une ode au génie humain et un roman profond sur la fonction de l'amour et la finalité de l'existence.

Ce que j'en ai pensé...

Cette sacrée Yannick Grannec a de nouveau réussi à me faire sortir de ma zone de confort !

Lire un bouquin sur la vie d’un mathématicien (moi, la reine des mathématiques !), dont je n’avais jamais entendu parler, ça n’était pas gagné.

Et bien, comme avec Les Simples quelques semaines auparavant, je m’étais laissée embarquer dans cette histoire et m’étais passionnée entre autres pour les échanges entre Einstein et Gödel portant par exemple sur le théorème d’incomplétude... mais oui, mais oui !

 

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The Dark Horse - Craig Johnson (2009)

The Dark Horse

LU EN FEVRIER 2020

Editeur : Penguin Books (25 mai 2010)

Edition en français : Dark Horse - Points (27 mai 2015)

Nombre de pages : 368

Présentation de l'édition française :

L'affaire paraissait pourtant simple. Wade Barsad, un homme au passé trouble, a enfermé les chevaux de sa femme Mary dans une grange avant d'y mettre le feu. En retour, celle-ci lui a tiré six balles dans la tête durant son sommeil. Telle est du moins la version officielle. Mais le shérif Walt Longmire ne croit pas à la confession de Mary. Persuadé de son innocence, Walt décide de se rendre sur les lieux du crime. Il débarque incognito à Absalom, la petite ville du comté voisin ¿ où il n'a pas juridiction ¿ et se heurte très vite à l'hostilité de la plupart des habitants. Mais Walt n'est pas là pour se faire des amis, et il ne tardera pas à découvrir qu'une grande partie de la population avait de bonnes raisons de vouloir la mort de Wade. Dark Horse est un polar tendu comme une corde. Craig Johnson entraîne son shérif dans une chevauchée palpitante à travers les paysages rudes et désolés du Wyoming sans jamais se départir de son humanité et de son humour habituel.

Ce que j'en ai pensé....

À défaut de pouvoir aller m’aérer à la montagne en début d’année 2020, j’étais partie virtuellement au Wyoming retrouver mon shérif préféré, Walt Longmire, et ce fut un grand moment de plaisir comme à chaque « visite ». Je lis la série dans l’ordre (ou presque car j’aurais en fait dû lire celui-ci avant Junkyard Dogs) et je trouve que l’écriture et l’humour de Craig Johnson s’affirment un peu plus à chaque roman. La perspective des 11 prochains épisodes me réjouit !

Dans ce roman, j’ai découvert qu’en plus de toutes les qualités, que je lui connaissais déjà, Walt est aussi un cavalier hors-pair. A true authentic cowboy!

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Où bat le coeur du monde - Philippe Hayat (2019)

Où bat le coeur du monde

LU EN JANVIER 2020

Editeur : Calmann Lévy (14 août 2019)

Nombre de pages : 429

Quatrième de couverture :

À Tunis dans les années trente, Darius Zaken est frappé de mutisme après la disparition brutale de son père. Élevé par sa mère Stella qui le destine aux plus hautes études et sacrifie tout à cette ambition, il lutte pour se montrer à la hauteur. Mais le swing d’une clarinette vient contredire la volonté maternelle. Darius se découvre un don irrésistible pour cet instrument qui lui redonne voix. Une autre vie s’offre à lui, plus vive et plus intense.
De la Tunisie française aux plus grandes scènes du monde, en passant par l’Europe de la Libération et l’Amérique ségrégationniste, cette fresque est
un magnifique roman d’initiation et d’émancipation, mené au rythme étourdissant du jazz.

Ce que j'en ai pensé...

À certains égards, 2020 n’avait pas formidablement commencé pour moi mais en ce qui concernait mes lectures, je n’avais pas eu un loupé au cours du mois de janvier et ce magnifique roman conseillé par mes libraires de Cagnes-sur-Mer en faisait partie.  Je ne peux que vous inviter à découvrir le destin de ce Darius Zaken, un personnage qui vous habitera pendant un moment. Tout est juste dans ce roman : le style, la construction, le rythme, les personnages, la description des lieux, tout !

Mon grand regret restera de n’avoir pu rencontrer Philippe Hayat, qui devait venir à ma librairie de Cagnes justement en février 2020. Une grève d’Air France l’en avait empêché et quelques jours plus tard le ciel nous tombait sur la tête. Ce n’est que partie remise, je l’espère.

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Ceux qui restent - Marie Laberge (2016)

Ceux qui restent

Editeur : Stock (4 mai 2016)

Nombre de pages : 576

Quatrième de couverture :

En avril 2000, Sylvain Côté s’enlève la vie, sans donner d’explications. Ce garçon disparaît et nul ne comprend. Sa femme Mélanie s’accroche férocement à leur fils Stéphane ; son père Vincent est parti se reconstruire près des arbres muets ; sa mère Muguette a laissé échapper le peu de vie qui lui restait. Seule la si remuante et désirable barmaid Charlène, sa maîtresse, continue de lui parler de sexe et d’amour depuis son comptoir. 
Ce n’est pas tant l’intrigue qui fait la puissance hypnotique du roman de Marie Laberge que ses personnages, qui parlent, se déchirent, s’esquivent et luttent dans une langue chahutée, turbulente, qui charrie les émotions et les larmes, atteignant le lecteur au coeur.

Ce que j'en ai pensé...

Je ne sais comment remercier l’amie qui m’a dirigée vers ce roman. J’y ai trouvé beaucoup de réconfort et j’ai adoré le style de cette autrice québecoise. Je reviendrai à Marie Laberge, c’est sûr.

Sylvain, 29 ans, se suicide le 26 avril 2000 sans une explication, sans signes avant-coureurs. Ceux qui restent, ce sont ses proches qui doivent gérer la violence de cet événement dans leurs vies et tenter de trouver des réponses à leurs nombreuses questions.

À tour de rôle, ils prennent la parole et on découvre toute une galerie de personnages terriblement attachants. Selon leur niveau d’éducation, l’autrice varie le style narratif et certains personnages nous régalent d’un truculent parlé québécois, qui m’a littéralement enchantée.

Contrairement à ce que le thème pourrait laisser penser, ce roman est un hymne à la vie et sa lecture est une véritable bouffée d’oxygène.

Même si les circonstances du suicide de mon frère sont bien différentes de celle du personnage du livre, je me suis beaucoup retrouvée dans les questionnements des personnages, en particulier ceux du père, Vincent, et cette lecture était exactement le type de lecture, dont j’ai besoin pour affronter ce deuil si particulier.

J’ai toutefois eu un coup au cœur en commençant le livre et en découvrant que Sylvain se suicide le 26 avril. Le 26 avril était l’anniversaire de mon frère. Les coïncidences sont parfois cruelles...

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Ce matin-là - Gaëlle Josse (2021)

Ce matin-là

Editeur : Editions Noir sur Blanc (7 janvier 2021)

Nombre de pages : 214

Quatrième de couverture :

Un matin, tout lâche pour Clara, jeune femme compétente, efficace, investie dans la société de crédit qui l'emploie. Elle ne retournera pas travailler. Amis, amours, famille, collègues, tout se délite. Des semaines, des mois de solitude, de vide, s'ouvrent devant elle.

Pour relancer le cours de sa vie, il lui faudra des ruptures, de l'amitié, et aussi remonter à la source vive de l'enfance.

Ce matin-là, c'est une mosaïque qui se dévoile, l'histoire simple d'une vie qui a perdu son unité, son allant, son élan, et qui cherche comment être enfin à sa juste place.

Qui ne s'est senti, un jour, tenté d'abandonner la course ?

Une histoire minuscule et universelle, qui interroge chacun de nous sur nos choix, nos désirs, et sur la façon dont il nous faut parfois réinventer nos vies pour pouvoir continuer.

Gaëlle Josse saisit ici avec la plus grande acuité de fragiles instants sur le fil de l'existence, au plus près des sensations et des émotions d'une vie qui pourrait aussi être la nôtre.

Ce que j'en ai pensé...

C’est le deuxième livre de Gaëlle Josse que je lis et comme la première fois, j’en ai beaucoup aimé le style mais il m’a laissé un petit goût d’inachevé.

Elle capture très bien la chute de cette jeune femme qui se réveille un matin et soudain ne peut plus avancer. Quiconque a vécu un burn-out se reconnaîtra dans cette Clara, ce sentiment qu’on n’est plus bonne à rien, qu’on n’y arrive plus, qu’on ne peut plus avancer et que s’enfouir tout entière sous sa couette semble être la seule solution vivable.

Mais bien que la fin du bouquin nous montre la direction que va prendre Clara, moi, ce qui m’aurait vraiment intéressée, cela aurait été de savoir précisément où ses décisions la menaient. Probablement parce que j’ai en partie vécu ce qu’elle a vécu et que j’aurais aimé savoir si elle réussissait, elle, à s’en remettre à 100%.

Je suis donc un peu restée sur ma faim mais j’ai quand même passé un bon moment avec ce roman.

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Nature humaine - Serge Joncour (2020)

Nature humaine

LU EN OCTOBRE 2020

Prix Femina 2020

Editeur : Flammarion (19 août 2020)

Nombre de pages : 400

Quatrième de couverture :

La France est noyée sous une tempête diluvienne qui lui donne des airs, en ce dernier jour de 1999, de fin du monde. Alexandre, reclus dans sa ferme du Lot où il a grandi avec ses trois soeurs, semble redouter davantage l'arrivée des gendarmes. Seul dans la nuit noire, il va revivre la fin d'un autre monde, les derniers jours de cette vie paysanne et en retrait qui lui paraissait immuable enfant. Entre l'homme et la nature, la relation n'a cessé de se tendre. À qui la faute ?

Dans ce grand roman de « la nature humaine », Serge Joncour orchestre presque trente ans d'histoire nationale où se répondent jusqu'au vertige les progrès, les luttes, la vie politique et les catastrophes successives qui ont jalonné la fin du XXe siècle, percutant de plein fouet une famille française. En offrant à notre monde contemporain la radiographie complexe de son enfance, il nous instruit magnifiquement sur notre humanité en péril. À moins que la nature ne vienne reprendre certains de ses droits...

Ce que j'en ai pensé...

Pour moi, qui ai, du côté maternel, des racines paysannes, ce roman a été une plongée dans ma propre histoire et pas seulement pour le parallèle avec le devenir de l’exploitation agricole et des relations familiales. Celles et ceux qui me connaissent bien et liront le livre comprendront que l’histoire entre Alexandre et Costanze n’a pu que réveiller des choses en moi.

Serge Joncour a trois ans de plus que moi, alors forcément les souvenirs qu’il évoque ont tous un écho dans ma mémoire.

Ma campagne champenoise n’était pas la même que celle des Fabrier mais comme pour les Fabrier, tout s’est effondré comme un château de cartes en une génération et j’aimerais connaître le destin des Fabrier après 1999 pour le comparer à celui de ma famille.

Je n’ai qu’un tout petit reproche à faire à l’auteur, il est peut-être un tout petit peu trop bavard au cours des rencontres littéraires et dévoile, à mon goût, un peu trop de détails. J’ai adoré l’écouter aux Correspondances de Manosque en septembre dernier mais la prochaine fois, je lirai le bouquin avant d’aller l’écouter !

Quoiqu’il en soit, j’ai adoré ce roman, dont la conclusion m’a émue aux larmes...

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