Gone With The Book...

À son image - Jérôme Ferrari (2018)

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 Editeur : Actes Sud (22 août 2018)

Nombre de pages : 218

Quatrième de couverture : 

Par une soirée d'août, Antonia, flânant sur le port de Calvi après un samedi passé à immortaliser les festivités d'un mariage sous l'objectif de son appareil photo, croise un groupe de légionnaires parmi lesquels elle reconnaît Dragan,jadis rencontré pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Après des heures d'ardente conversation, la jeune femme, bien qu'épuisée, décide de rejoindre le sud de l'île, où elle réside. Une embardée précipite sa voiture dans un ravin : elle est tuée sur le coup.

L'office funèbre de la défunte sera célébré par un prêtre qui n'est autre que son oncle et parrain, lequel, pour faire rempart à son infinie tristesse, s'est promis de s'en tenir strictement aux règles édictées par la liturgie. Mais, dans la fournaise de la petite église, les images déferlent de toutes les mémoires, reconstituant la trajectoire de l'adolescente qui s'est rêvée en photographe, de la jeune fille qui, au milieu des années 1980, s'est jetée dans les bras d'un trop séduisant militant nationaliste avant de se résoudre à travailler pour un quotidien local où le "reportage photographique" ne semblait obéir à d'autres fins que celles de perpétuer une collectivité insulaire mise à mal par les luttes sanglantes entre clans nationalistes. 

C'est lasse de cette vie qu'Antonia, succombant à la tentation de s'inventer une vocation, décide, en 1991, de partir pour l'ex-Yougoslavie, attirée, comme tant d'autres avant elle, dans le champ magnétique de la guerre, cet irreprésentable.

De l'échec de l'individu à l'examen douloureux des apories de toute représentation, Jérôme Ferrari explore, avec ce roman bouleversant d'humanité, les liens ambigus qu'entretiennent l'image, la photographie, le réel et la mort. 

Ce que j'en ai pensé...

Quel bonheur de retrouver la plume de Jérôme Ferrari ! Je l'avais découvert avec le prix Goncourt 2012, Le Sermon sur la chute de Rome, que j'avais énormément apprécié. Il m'est cependant difficile de parler de ce livre que j'ai pourtant beaucoup, beaucoup aimé. Son genre est assez indéfinissable mais c'est un très beau texte au coeur duquel vit la Corse de mes souvenirs de jeunesse et qui nous propose une très pertinente réflexion sur le pouvoir et l'éventuelle futilité de l'image. 

J'ai eu la chance de passer une année en Corse il y a une trentaine d'années et d'y côtoyer des locaux avec lesquels j'avais vécu des expériences assez uniques et appris à comprendre les insulaires et leurs revendications politiques, culturelles et linguistiques. Des choses que le touriste lambda qui se contente de se prélasser sur les plages ou même de crapahuter sur le GR20 ne peut pas capter. L'âme corse est complexe et va bien au-delà des simples observations que l'on peut faire quand on se rend sur l'île. Une petite part de cette âme corse m'accompagne toujours plus de trente ans plus tard et je la retrouve intacte dans les romans de Jérôme Ferrari. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles j'ai aimé ce roman tout autant que Le Sermon sur la chute de Rome

Au-delà de cette appréciation très personnelle, ce roman nous donne l'occasion de nous poser tout un tas de questions très intéressantes sur le pouvoir de l'image à l'heure où celle-ci est régulièrement détournée et violée, en particulier sur les réseaux sociaux. Quel est le devoir de mémoire de l'image ?  Est-elle nécessaire ? Doit-on, peut-on tout montrer ? Ne doit-on montrer que le beau ? Et d'ailleurs qu'est-ce que le beau ? Bref, vous l'aurez compris, il s'agit là d'une lecture qui incite à la réflexion tout en nous proposant l'attachant portrait d'Antonia. 

Je ne résiste pas au malin plaisir de partager la dédicace de l’auteur, que j’ai pu rencontrer aux Correspondances de Manosque en septembre dernier et qui devait être un peu fatigué ce jour-là... 

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The Barrowfields - Phillip Lewis (2017)

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Editeur : Sceptre (11 janvier 2018) (English edition)

Nombre de pages : 368

Edition en français : Les jours de silence - Belfond (23 août 2018)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Porté par une grâce et un style uniques, ce roman d'apprentissage livre le portrait complexe d'une famille du Vieux Sud pétrie de littérature, mais incapable de trouver les mots pour exprimer ses grandes joies et ses infinies douleurs. Convoquant Poe, Wolfe, Faulkner ou Salinger, Phillip Lewis livre un futur classique des lettres américaines.

Sur un contrefort élevé des Appalaches se tient une étrange demeure, curiosité de verre et d'acier, que chacun, dans le petit village d'Old Buckram, prétend maudite. C'est ici que vivent les Aster. 
Il y a le père, Henry Senior, intellectuel autodidacte, homme de lettres révolté dans une contrée hostile aux bibliophiles. La mère, Eleonore, femme insoumise et lumineuse, qui partage ses journées entre la contemplation de la nature environnante et l'élevage de pur-sang. La cadette, Threnody, adorable fillette affublée d'un prénom imprononçable tiré d'un poème de son père. Et, au milieu, se tient Henry Junior, petit garçon sensible et attentif, qui passe le plus clair de son temps caché dans la bibliothèque, à regarder, fasciné, la figure paternelle noircir, jour et nuit, les feuillets qui composeront le roman de sa vie. 

Des années plus tard, Henry Junior n'a qu'une idée : quitter Old Buckram. Fuir pour devenir un homme ; fuir les montagnes et ce silence intranquille qui le ronge ; et, surtout, fuir pour tenter de comprendre ce qui a poussé son père, un matin, à abandonner les siens, en emportant avec lui son mystérieux manuscrit... 

Ce que j'en ai pensé...

Ma rencontre avec ce livre a été complètement fortuite. Je l'avais vu passer sur Instagram, je m'étais dit que cela pouvait me plaire mais je ne l'avais pas acheté... 

Puis en septembre dernier, lors du Festival America de Vincennes, mes cousines et moi nous sommes retrouvées dans un café après une longue journée riche de rencontres et ma cousine Bécassine (je vous rassure, c'est son surnom, elle ne s"appelle pas vraiment comme cela !) s’est aperçue qu’à la table d’à côté, ce qui semblait être un auteur américain semblait être interviewé par ce qui semblait être une journaliste française ! Elle m’a demandé si je le connaissais, je lui ai dit que non et a alors commencé une scène cocasse qui m’a vue en quelques secondes réussir à lire son nom sur son badge, attraper le programme pour en savoir un peu plus sur le zigoto, constater qu’il était né en Caroline du Nord et carrément interrompre l’interview avec un sonore « Oh my God, you were born in North Carolina! » que tout le café a dû entendre ! Il s’est retourné, un peu surpris, et très gentiment, a interrompu son interview pour faire connaissance. Nous avons discuté quelques instants de nos chères montagnes de Caroline du Nord sous le regard un peu noir de la journaliste... et Bécassine, toujours alerte, m’a suggéré de lui faire signer mon programme. 

 

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C’est seulement après qu’il est parti que j’ai réalisé que son roman était celui que j’avais vu passer plusieurs fois sur Instagram. Quelques jours après,  l’auteur a posté une photo de son passage à Vincennes sur Instagram et du coup, j’en ai profité pour lui présenter mes excuses pour avoir « crashé » son interview et il m’a très élégamment répondu. Qu’est-ce que vous voulez ? Les hommes du Vieux Sud savent être de parfaits gentlemen ! Rhett Butler, ça vous parle ?!

Mais maintenant, laissez-moi vous dire que j'ai dévoré ce roman d'apprentissage qui se déroule dans ma très chère Caroline du Nord et dans lequel toutes les références au Vieux Sud font partie de ma culture et tous les lieux évoqués me sont familiers. L'auteur se réfère beaucoup à Thomas Wolfe, auquel on ne peut forcément que penser en le lisant, les origines de ce dernier étant elles aussi en Caroline du Nord et son célèbre roman Look, Homeward, Angel, étant de toute évidence l'une des bibles de Phillip Lewis et comment ne le serait-il pas pour un "North Carolinian" ? Pour celles et ceux, qui ne connaîtraient pas le nom de Thomas Wolfe, sachez que c'est l'un des plus grands écrivains américains que le XXème siècle nous ait donné au même titre que Hemingway, Steinbeck ou Faulkner. Pour une raison X ou Y, il n'est pas très connu en Europe et c'est bien dommage. 

Dans The Barrowfields, Phillip Lewis explore les arcanes d'une famille un peu particulière et les traces indélébiles laissés par l'abandon d'un parent au sein de cette ambiance un peu gothique du Sud des Etats-Unis, où les apparences comptent souvent beaucoup plus que les véritables liens familiaux. On pourra lui reprocher quelques petites longueurs ici et là mais c'est vraiment un très beau roman, particulièrement réussi pour un premier roman, et je suis impatiente de le lire à nouveau. 

 


 

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Vom Ende der Einsamkeit - Benedikt Wells (2016)

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Editeur : Diogenes (24 février 2016)

Nombre de pages : 354

Edition en français : Livre de Poche (22 août 2018)

Quatrième de couverture de l'édition française :

« Je suis entré dans le jardin et j’ai fait un signe de tête à mon frère. J’ai pensé : une enfance difficile est comme un ennemi invisible. On ne sait jamais quand il se retournera contre vous. »

Liz, Marty et Jules sont inséparables. Jusqu’au jour où ils perdent leurs parents dans un tragique accident de voiture dans le sud de la France. Placés dans le même pensionnat, ils deviennent vite des étrangers les uns pour les autres, s’enfermant chacun dans une forme de solitude. Jules est le plus solitaire des trois lorsqu’il rencontre Alva, qui devient sa seule amie. Son obsession. Vingt ans plus tard, Jules se réveille d’un coma de quelques jours. À la lisière de l’inconscient, il se souvient.

Ce que j'en ai pensé...

Voilà ce qui aura été ma lecture la plus lente de l'année. J'ai commencé ce livre mi-octobre et voilà seulement que je le termine. Entre temps, j'ai fait des pauses et lu d'autres choses. Ce n'est pas que sa lecture me déplaisait, bien au contraire, mais je m'étais promis de le lire en allemand et cela a été un vrai défi si l'on considère que je n'avais pas lu dans cette langue depuis 37 ans ! Il m'a fallu un peu de temps pour m'y remettre mais pari relevé, j'y suis parvenue et j'ai même réussi à apprécier la lecture de ce roman très touchant et tout en subtilité. J'ai su que j'avais réussi mon pari linguistique quand j'ai sorti mes Kleenex pour pleurer comme une madeleine à la lecture de certains chapitres vers la fin du roman. Celles et ceux qui ont lu le roman sauront sans doute de quelles scènes je parle !

Au-delà de l'exercice linguistique, j'ai vraiment aimé la façon dont cette fratrie nous pousse à réfléchir sur nos propres relations entre frères et soeurs, sur le conditionnement que la famille crée dans notre évolution  et sur les questions que pose notre avenir et ce que nous voulons en faire. Vraiment un très joli roman que je vous recommande chaudement, surtout qu'il est maintenant en poche en France. Pas d'excuses !

Et maintenant, à moi de continuer sur ma lancée et de lire d'autres romans dans la langue de Goethe !

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Dix-sept ans - Eric Fottorino (2018)

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Editeur : Gallimard - Collection Blanche (16 août 2018)

Nombre de pages : 272

Quatrième de couverture : 

«Lina n’était jamais vraiment là. Tout se passait dans son regard. J’en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qui fanait son visage. Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d’humeur, ces sautes d’amour.» Un dimanche de décembre, une femme livre à ses trois fils le secret qui l’étouffe. En révélant une souffrance insoupçonnée, cette mère niée par les siens depuis l’adolescence se révèle dans toute son humanité et son obstination à vivre libre, bien qu’à jamais blessée. Une trentaine d’années après Rochelle, Éric Fottorino apporte la pièce manquante de sa quête identitaire. À travers le portrait solaire et douloureux d’une mère inconnue, l’auteur de Korsakov et de L’homme qui m’aimait tout bas donne ici le plus personnel de ses romans.

 

Ce que j'en ai pensé...

Avis mitigé après la lecture de ce roman que j'aurais tant voulu adorer car j'aime beaucoup Eric Fottorino et son travail. Au printemps dernier, j'avais lu et beaucoup aimé Korsakov et je m'étais promise ici de lire d'autres romans de Fottorino. Et malheureusement, j'ai eu plus de mal avec celui-ci. Il m'est difficile d'expliquer pourquoi mais je vais quand même essayer. 

D'abord, est-ce vraiment un roman ? L'aurais-je plus apprécié si la couverture avait mentionné "récit" ? La plupart des romans de Fottorino tourne autour de sa complexe histoire familiale et ils n'ont pratiquement de romans que le nom. Quand je suis allée à la rencontre de Fottorino en septembre dernier, il se défendait d'être tout à fait cet Eric du roman qu'il est un peu quand même. Un peu beaucoup quand on connaît un peu son douloureux passé familial. Après avoir beaucoup écrit sur ses deux pères, le naturel et l'adoptif, il se concentre ici sur l'histoire de sa mère. Cette quête de l'amour d'une mère est tout à fait louable mais peut-être ai-je finalement trouvé ce roman assez impudique. Je peux comprendre qu'avec un passé familial aussi lourd que le sien, il ait besoin d'écrire encore et encore sur le sujet pour s'en libérer mais là, contrairement à Korsakov, j'ai presque eu une impression de voyeurisme à la lecture de ce roman et cela m'a un peu gênée.

Par ailleurs, un des "personnages" principaux de ce roman est la ville de Nice et là, deux choses m'ont dérangée. Il y a d'une part de petites inexactitudes qui n'enlèvent rien à la beauté du texte mais connaissant bien Nice, cela m'énerve un peu quand même. Quand il prend le tram qui remonte vers Carabacel, je ne peux m'empêcher de penser que ce n'est pas le tracé du tram dans la réalité; quand il parle de boutiques de luxe dans le Vieux Nice, je sais que ce n'est pas dans le Vieux Nice que sont les boutiques de luxe à Nice; et enfin quand il mange des panisses, je me dis que c'est plutôt à Marseille qu'on mange les panisses, à Nice on préfère la socca !

D'autre part, Fottorino fait plusieurs fois référence à l'attentat du 14 juillet 2016 en faisant des analogies ici et là, qui, à mon sens, n'appportent strictement rien au texte et m'ont personnellement terriblement perturbée. À Nice, le souvenir de cet évènement terrible est encore très frais et le voir mentionné au détour d'une analogie un peu tirée par les cheveux à mon sens m'a laissée perplexe.

Voilà, ce roman, au demeurant fort bien écrit, aura été une petite déception. Cela ne m'empêchera pas de lire Fottorino à nouveau. 

 

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Magnifica - Maria Rosaria Valentini (2016).

 

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Editeur : Sellerio (21 avril 2016)

Nombre de pages : 274

Edition en français : Denoël  (23 août 2018)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Années 50. Dans un petit village des Abruzzes. La jeune Ada Maria est la fille d'un couple sans amour. Son père, Aniceto, passe le plus clair de son temps avec Teresina, sa maîtresse, ou enfermé dans son atelier de taxidermiste. Eufrasia se contente d'être mère et de noyer sa fragilité dans les soins qu'elle apporte à ses enfants. Lorsqu'elle meurt prématurément, Teresina prend peu à peu sa place dans la maison. La jeune Ada Maria s'occupe alors de son frère en s'efforçant d'ignorer Teresina. C'est pourtant dans ce quotidien en dehors du temps, rythmé par la couleur des frondaisons, la succession des naissances et des deuils, que l'Histoire fait un jour irruption. Dans un bois avoisinant le village, Ada Maria aperçoit un jour une ombre. Il s'agit d'un homme, hagard, désorienté, il n'a jamais quitté la cabane où il s'est réfugié à la fin de la guerre. Il est allemand. Les deux êtres vont se rapprocher. De cet amour naîtra une petite fille aux yeux clairs et à la peau diaphane, Magnifica, changeant à tout jamais le destin tranquille auquel Ada Maria se croyait cantonnée.

 Ce que j'en ai pensé...

Au départ, c'est la très belle couverture de l'édition française de ce roman, qui a attiré mon attention lors d'un passage en librairie. Quand j'en ai parlé au libraire italien de la librairie Tour Babel à Paris, cela ne lui disait rien. Idem pour mon amie italienne qui pourtant suit l'actualité littéraire et lit beaucoup. Apparemment, ce roman n'a pas eu tant d'échos que cela dans la péninsule et c'est bien dommage car c'est un fort joli roman à l'écriture très poétique bien que les faits relatés soient assez durs.

La vie dans un petit village des Abruzzes après-guerre était loin d'être facile et Maria Rosaria Valentini excelle pour nous décrire cette rudesse tout en sachant mettre l'accent sur les plaisirs simples de la vie, en particulier ceux liés à la nature et à la cuisine paysanne. J'ai eu souvent l'eau à la bouche en lisant ce roman mais j'ai aussi eu l'impression de pouvoir sentir toutes les odeurs évoquées au fil du roman. Je me suis attachée à tous les personnages et bien sûr principalement à ces trois générations de femmes courageuses que la vie n'épargne pas mais qui, toujours, systématiquement, relèvent la tête malgré l'aversité et vont de l'avant.

Une très belle découverte que je vous recommande chaudement en espérant que la traduction française soit à la hauteur de la beauté de la langue dans la version originale en italien. 

 

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Americanah - Chimamanda Ngozi Adichie (2013)

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Editeur : 4th Estate (GB) / Alfred Knopf (USA) (2013)

Nombre de pages : 589

Edition en français : Folio  (15 avril 2016)

Quatrième de couverture de l'édition française :

«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.» Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de pays, et lorsque la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ? De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et nous offre une grande histoire d’amour, parcourant trois continents d’un pas vif et puissant.

Ce que j'en ai pensé...

Quoi de mieux que presque 600 pages d'un formidable roman pour occuper mes journées de repos forcé (la cueillette des olives s'est révélée dangereuse pour celles et ceux qui ne me suivent pas sur Instagram !). J'avais ce roman sur mon Kindle depuis presque 4 ans et voilà seulement que je le lis. Qui sait pourquoi nous nous précipitons sur certains romans et mettons une éternité à en lire d'autres ? Quoiqu'il en soit,  divine surprise ! J'ai eu un véritable coup de coeur pour ce roman à tiroirs qui est un des meilleurs romans que j'ai lu sur la condition des Noirs américains mais aussi sur l'Afrique, sur les immigrants africains en Angleterre et aux Etats-Unis, sur la difficulté de s'adapter à une culture radicalement différente, sur la séparation entre autres choses. Et en toile de fond, une formidable histoire d'amour. Tout ce que j'aime !

Je comprends maintenant l'engouement général pour ce roman lors de sa sortie et bien que l'auteur soit d'origine nigériane, elle signe là un vrai bon roman américain comme je les apprécie. On rit, on pleure, on grince des dents, on se réjouit, bref, on nous raconte une histoire avec un début, une fin, une galerie de personnages auxquels on s'attache et en plus, c'est fort bien écrit. 

J'ai beau n'avoir pas grand chose en commun avec l'héroïne, n'étant ni noire ni africaine, j'ai retrouvé beaucoup de moi dans son expérience américaine et surtout dans la gestion de sa vie sentimentale, alors évidemment, je me suis attachée à ce roman et passer à la lecture suivante ne va pas être simple...

 

 

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Tristesse de la terre : Une histoire de Buffalo Bill Cody - Eric Vuillard (2014)

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Editeur : Actes Sud (23 août 2014) - Babel (17 août 2016)

Nombre de pages : 176

Quatrième de couverture : 

"Le spectacle est l'origine du monde." Créé en 1883, le Wild West Show de Buffalo Bill proposait d'assister en direct aux derniers instants de la conquête de l'Ouest : au milieu de cavaliers, de fusillades et d'attaques de diligences, des indiens rescapés des massacres y jouaient le récit de leurs propres malheurs. L'illusion était parfaite. Par la force de la répétition et le charme de la féerie, le Wild West Show imposa au monde sa version falsifiée de l'Histoire américaine. D'une écriture acérée et inventive, Eric Vuillard ressuscite les personnages de ce drame et livre une autre version de la fable, dans les replis de sa naissance. Avec les armes de la littérature, Tristesse de la terre noue ensemble les fils de deux histoires, celle des derniers massacres d'Indiens et celle de leur mise en scène par le grand spectacle, en une évocation saisissante.

 

Ce que j'en ai pensé...

Après avoir découvert la plume d'Eric Vuillard avec le Goncourt 2017, L'ordre du jour, j'avais à coeur de découvrir d'autres livres de cet auteur et en particulier celui-ci car le sujet m'est cher. J'ai déjà lu un certain nombre de choses sur Buffalo Bill, quand je suis allée au Wyoming et dans le Dakota du Sud il y a quelques années. J'ai visité la ville de Cody, qu'il a fondée, j'ai dormi dans son hôtel, j'ai pris mon petit-déjeuner au fameux bar offert par la Reine Victoria, que, d'ailleurs Eric Vuillard mentionne dans son bouquin, je suis allée sur le site de la bataille de Little Big Horn (seule victoire des Indiens sur l'armée américaine), j'ai découvert les Badlands, lieu de tant d'horreurs commises sur ce peuple.

Eric Vuillard parle de tout cela et bien sûr de l'hérésie que fut le Wild West Show mais sans vraiment relier les faits. En tous les cas, c'est l'impression que m'a laissé ce livre. J'ai trouvé que cela partait un peu dans tous les sens et je ne suis pas vraiment rentrée dans cette lecture. Vuillard écrit incontestablemnt très bien mais peut-être avais-je déjà trop lu de choses sur le sujet pour vraiment apprécier ce livre.

Je prévois de lire La bataille d'Occident et 14 juillet. J'espère retrouver l'enthousiasme que j'ai ressenti pour L'ordre du jour

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Boccanera - Michèle Pedinielli (2018)

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Editeur : Editions de l'Aube (1er février 2018) 

Nombre de pages : 215

Quatrième de couverture : 

Si l'on en croit le reste de l'Hexagone, à Nice il y a le soleil, la mer, des touristes, des vieux et des fachos. Mais pas que. Il y a aussi Ghjulia - Diou - Boccanera, quinqua sans enfant et avec colocataire, buveuse de café et insomniaque. Détective privée en Doc Martens. Un homme à la gueule d'ange lui demande d'enquêter sur la mort de son compagnon, avant d'être lui-même assassiné. Diou va sillonner la ville pour retrouver le coupable. Une ville en chantier où des drapeaux arc-en-ciel flottent fièrement alors que la solidarité envers les étrangers s'exerce en milieu hostile... Au milieu de ce western sudiste, Diou peut compter sur un voisin bricoleur, un shérif inspecteur du travail, et surtout une bonne dose d'inconscience face au danger. Un premier polar décapant et mené de main de maître.

Ce que j'en ai pensé...

Non, non ce polar-là n’est pas à jeter au feu ! C’est au contraire une très bonne surprise. Après quelques expériences malheureuses de polars « locaux » achetés sur des salons à des auteurs, au demeurant sympathiques, mais ayant produit des romans ni écrits ni à lire, je m’étais jurée que l’on ne m’y reprendrait plus. 

Je dois dire cependant que Michèle Pedinielli a su me convaincre au Festival du Livre de Mouans-Sartoux et surtout le fait qu’elle soit publiée par les Editions de l'Aube , que je considère sérieuses, m’a rassurée. 

Bien m’en a pris ! J’ai adoré ce polar aux couleurs locales, c’est drôle comme il faut et l’intrigue est vraiment bien ficelée. 

Bon, j’imagine que ce polar n’a pas vraiment été du goût de nos élus locaux s’ils l’ont lu mais tout est (malheureusement !) très plausible ! 

Et cerise sur le gâteau, Ghjulia, l’héroïne, a des goûts littéraires qui me réjouissent... Mon cow-boy préféré, Craig Johnson, et le génial et regretté Jim Harrison.

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Un été avec Fana - Jean-Pierre Cendron (2018)

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Editeur : Elan Sud (2 juin 2018) 

Nombre de pages : 240

Quatrième de couverture : 

À quinze ans, Quentin Duval passe les grandes vacances avec sa mère, dans un village de Provence au pied du Luberon. Il y retrouve son royaume secret, une clairière au bord d’un ruisseau où il peut rêver en toute tranquillité. Un morceau de plastique et une rencontre inattendue vont pimenter son séjour en l’entraînant dans un voyage plein d’aventures sur les routes de France. Un été pas comme les autres que Quentin n’est pas près d’oublier ! Un roman pour adolescents et adultes inscrit dans une réalité contemporaine. Un regard sur les enfants qui n’ont pas choisi de venir d’ailleurs.

Ce que j'en ai pensé...

La littérature jeunesse est un genre que je n’aborde jamais - ayant tout simplement passé l'âge depuis presque un demi-siècle ! - mais cet auteur et ce roman sont un peu particuliers pour moi. L’auteur est un voisin et ami dans notre petit village du Luberon, quelque peu partagé, il y a environ deux ans, par l’accueil temporaire d’une cinquantaine de jeunes migrants érythréens dans une colonie de vacances. 

Jean-Pierre, conseiller municipal, s’était alors beaucoup impliqué auprès de ces jeunes et c’est cet épisode, qui a inspiré ce roman. Ce livre s’adressant à de jeunes lecteurs, le style en est forcément assez simple mais c’est bien écrit et ma mère et moi nous sommes surprises à passer un très bon moment. Nous y avons reconnu les lieux évidemment mais aussi des habitants de notre village que Jean-Pierre croque avec humour ! 

C’est le 4ème roman de Jean-Pierre Cendron mais le premier destiné à la jeunesse. Le premier, « Les deux bouts du bâton », était très réussi. J’avais un peu moins aimé le 2ème « La Constellation des Gémeaux » et je reconnais n’avoir pas encore pris le temps de lire le 3ème « Quelque chose d’absent qui me tourmente » qui attend paisiblement son tour dans ma bibliothèque. Un auteur à découvrir si vous êtes en quête de romans dont les médias ne parlent malheureusement jamais !

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La Porte des Enfers - Laurent Gaudé (2008)

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 Editeur : Babel (29 mai 2010) - Actes Sud (15 août 2008)

Nombre de pages : 266

Quatrième de couverture :   

Au lendemain d'une fusillade à Naples, Matteo voit s'effondrer toute raison d'être : son petit garçon est mort. Nuit après nuit, à bord de son taxi vide, il s'enfonce dans la solitude et parcourt au hasard les rues de la ville. Un soir, dans un minuscule café, il fait la connaissance du patron, Garibaldo, de l'impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d'étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu'on peut y descendre... 

Ceux qui meurent emmènent dans l'Au-Delà un peu de notre vie, et nous désespérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour apaiser notre douleur. C'est dans la conscience de tous les deuils - les siens, les nôtres - que Laurent Gaudé oppose à la mort un des mythes les plus forts de l'histoire de l'humanité. Solaire et ténébreux, captivant et haletant, La Porte des Enfers nous emporte dans un "voyage" où le temps et le destin sont détournés par la volonté d'arracher un être au néant.
 

Ce que j'en ai pensé...

Quel bonheur de retrouver la plume de Laurent Gaudé après Le soleil des Scorta (Prix Goncourt 2004), Ouragan et Danser les ombres. J'ai vraiment beaucoup aimé tous ces romans mais je dois dire que celui-ci m'a particulièrement touchée parce que mon rapport à la mort est très complexe et ce depuis mon adolescence, quand j'y ai été vraiment confrontée pour la première fois avec la mort d'une camarade. N'ayant aucune vie spirituelle, je ne crois bien sûr en rien et surtout pas en l'Au-Delà et cette incursion dans ce dernier en compagnie de ce talentueux auteur est évidemment troublante.

Dans le style élégant, qui est le sien, Laurent Gaudé nous emporte dans un voyage qui veut (peut ?) nous faire croire que l'on peut arracher les êtres chers au néant. Ce livre, comme les autres que j'ai lus de lui, est très prenant et se lit d'une traite ou presque. Gaudé est vraiment un grand, très grand auteur.

En tous les cas, après cette lecture, je n'ai pas fini de penser aux proches que la mort m'a enlevés et qui ont tous emmené un peu de moi... Sophie, mes grands-parents, Pa, Iona, Cine, Judy, Michel, Karen...

En réalité, ce livre, je l'ai fait dédicacer pour ma petite maman mais je l'ai court-circuité avant de le lui donner ! Maman, si tu me lis, celui-ci est pour toi !

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