Gone With The Book...

Dove la storia finisce - Alessandro Piperno (2016)

 

 

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Editeur : Mondadori

Titre français : Là où l'histoire se termine - Editeur Liana Levi (31 août 2017)

Nombre de pages : 277

Quatrième de couverture de l'édition française :

Romains depuis plusieurs générations, les Zevi comptent , parmi leurs ancêtres penseurs, avocats, scientifiques et même un rabbin ! Seule fausse note dans ce concert de bienséance, Matteo, incorrigible hâbleur. Dans les années 1990, il s'est rué avec légèreté dans deux mariages successifs et une accumulation inconsidérée de dettes. Ne parvenant pas à les rembourser, il a quitté l'Italie pour Los Angeles. Seize ans plus tard, le voici de retour à Rome. Ses deux enfants l'attendent sans l'attendre, tandis que Federica, son ex-femme, essaye de recoller les morceaux en éternelle Pénélope. Le revenant, résolu à dévorer la vie par les deux bouts, se jette sans retenue dans les retrouvailles avec la Ville éternelle, qui plus que jamais conjugue beauté et délabrement. Et la vie reprend son cours léger et futile, jusqu'à l'inévitable collision avec l'Histoire.

Ce que j'en ai pensé...

Ce roman italien m’a fait de l’œil dès sa sortie en France en septembre grâce au très malin bandeau exhibé par l’éditeur français...

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Les littératures américaine et italienne étant celles que je fréquente le plus en dehors de la littérature française, cela ne pouvait qu’attiser ma curiosité. J’ai donc assouvi cette dernière en lisant ce roman en trois jours seulement - un record pour moi à l’heure actuelle - et cet Alessandro Piperno est une bien belle découverte. Bien qu’il en soit apparemment déjà à son quatrième roman et qu’il ait gagné le prestigieux Premio Strega (équivalent du Goncourt français) pour le précédent, je ne le connaissais pas encore. C’est chose faite et je sais déjà que j’irai à la découverte de ses romans précédents. Sur la base de cette lecture, je peux témoigner qu’Alessandro Piperno excelle dans l’art de rendre compte de la société et de l’âme humaine.
Ce que la quatrième de couverture mentionne à peine est que ce roman nous entraîne dans les méandres d’une famille juive italienne, ce qui aura son importance dans l'histoire et surtout ce qui est assez rare pour être mentionné. Je lis de la littérature italienne contemporaine depuis une trentaine d’années et si j’exclus les désormais classiques romans de Primo Levi et le très célèbre Jardin des Finzi-Contini de Giorgio Bassani, c’est le premier roman que je lis qui se passe dans cette communauté. Une communauté dont on a tendance à oublier l’existence dans une Italie catholique et pourtant elle est la plus ancienne d’Europe. C’est d’ailleurs à Venise que fut créé le premier ghetto en 1516 dans le quartier de Cannareggio sur le site d’une ancienne fonderie. En vénitien, le mot getto ou ghetto signifie fonderie. Si vous allez à Venise, je vous invite à visiter ce quartier étonnant, où vivent toujours les quelques juifs vénitiens qu’il reste encore. En Italie, la communauté actuelle compte environ 25000 personnes, qui vivent principalement à Milan et à Rome.
Alessandro Piperno explore la famille et la vie de couple dans tous ses états, sans concessions, avec un certain cynisme mais avec beaucoup d’humour et surtout un sens de la réalité extraordinaire. C’est le genre de roman où l’on se retrouve tous un peu à moins de ne se mentir et de croire au monde des Bisounours ! Ça pique, ça fait mal mais au bout du compte, il y a beaucoup de bienveillance de la part de Piperno pour ses personnages. Son écriture est ciselée, efficace, sans un mot de trop, et toutefois très riche. J’ai dû à plusieurs reprises vérifier le sens exact de mots,  ce qui, sans vouloir me vanter, m’arrive assez rarement quand je lis en italien - bon, oui, d'accord, je me suis vantée ! ;-) -. J’ai absolument adoré ce roman et bien que j’ai trouvé la fin inattendue et un peu déconcertante, cela n’a pas contribué à atténuer mon impression générale qui reste extrêmement positive. Auteur à découvrir si vous ne le connaissez pas !

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Another Man's Moccasins - Craig Johnson (2008)

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Editeur : The Murder Room 

Titre français : Enfants de poussière - Editeur Gallmeister (6 mars 2014)

Nombre de pages : 316

Quatrième de couverture de l'édition française :

Absaroka, dans le Wyoming, est le comté le moins peuplé de l'État le moins peuplé d'Amérique. Y découvrir le corps d'une jeune Asiatique étranglée est plus que déconcertant. Le coupable paraît tout désigné quand on trouve, à proximité, un colosse indien frappé de mutisme en possession du sac à main de la jeune femme. Mais le shérif Walt Longmire n'est pas du genre à boucler son enquête à la va-vite. D'autant que le sac de la victime contient une vieille photo de Walt prise quarante ans plus tôt, et qui le renvoie à ses souvenirs de la guerre du Vietnam. 

Enfants de poussière entremêle passé et présent au gré de deux enquêtes dont les échos inattendus nous entraînent à un rythme haletant des boîtes de nuit de Saïgon aux villes fantômes du Wyoming.

Ce que j'en ai pensé...

Les fidèles de mon blog savent que régulièrement, je pars en Sicile pour une petite aventure avec mon commissaire préféré, Salvo Montalbano, mais depuis quelques années, je pars aussi de temps en temps au Wyoming pour retrouver mon shériff préféré, Walt Longmire. Oui, je sais, ce n'est pas très catholique d'avoir deux amants littéraires mais l'un étant en Sicile et l'autre au Wyoming, il y a peu de risque qu'ils apprennent leur existence respective dans ma vie ! Et puis, l'un est commissaire et l'autre est shériff...!

Bref, ce roman est le quatrième de la série et je l'ai adoré. J'avais été un peu déçue par le troisième car, bien que j'en aie trouvé l'intrigue bien ficelée, il ne se passait pas dans le Wyoming mais à Philadelphie et pour moi, l'intérêt principal des Longmire, c'est de repartir me plonger dans les paysages du Wyoming que j'ai tant aimé découvrir en 2012. Dans cet épisode, Longmire est revisité par les démons (ses démons) de la guerre au Vietnam après que le corps d'une jeune Vietnamienne soit découvert sous un pont dans sa juridiction. Il y a franchement des passages poignants, qui viennent nous rappeler l'horreur et surtout l'imbécillité de cette guerre. Quant au présent dans le Wyoming, tout ce qui fait que j'aime cette série est là, les montagnes des Big Horn, les Indiens, et tous les caractères "secondaires" qui font que Longmire est Longmire, en particulier Henry, son fidèle ami sur qui il peut toujours compter pour tout relativiser. De plus, Longmire a un sens de l'humour légèrement désuet et quelque peu sarcastique dans lequel je me retrouve tout à fait.

Si vous ne connaissez pas encore Walt, je vous invite à le découvrir, mais attention pas touche, il est à moi! 

Vivement mon prochain voyage au Wyoming... 

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Ils vont tuer Robert Kennedy - Marc Dugain (2017)

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Editeur : Gallimard - Collection Blanche (17 août 2017)

Nombre de pages : 400

Quatrième de couverture :

Un professeur d'histoire contemporaine de l'université de Colombie-Britannique est persuadé que la mort successive de ses deux parents en 1967 et 1968 est liée à l'assassinat de Robert Kennedy. Le roman déroule en parallèle l'enquête sur son père, psychiatre renommé, spécialiste de l'hypnose, qui a quitté précipitamment la France avec sa mère à la fin des années quarante pour rejoindre le Canada et le parcours de Robert Kennedy. Celui-ci s'enfonce dans la dépression après l'assassinat de son frère John, avant de se décider à reprendre le flambeau familial pour l'élection présidentielle de 1968, sachant que cela le conduit à une mort inévitable. Ces deux histoires intimement liées sont prétexte à revisiter l'histoire des États-Unis des années soixante. Contre-culture et violence politique dominent cette période pourtant porteuse d'espoir pour une génération dont on comprend comment et par qui elle a été sacrifiée. Après La malédiction d'Edgar et Avenue des Géants, Marc Dugain revient avec ce roman ambitieux à ses sujets de prédilection où se côtoient psychose paranoïaque et besoin irrépressible de vérité.

Ce que j'en ai pensé...

J'ai passé plus de temps que je ne l'avais imaginé sur ce roman pour deux raisons, d'une parce que je me suis un peu enlisée vers le milieu et de deux parce qu'après avoir trouvé deux erreurs sur la même page, je me suis mise à douter des faits énoncés par Marc Dugain - j'ai pratiquement vérifié chaque nom mentionné par l'auteur - et j'étais un peu comme une chienne de garde à l'affût d'une autre erreur ! Aucune autre ne m'a sauté aux yeux comme celles de la page 79 mais cela ne veut pas dire qu'il n'y en a pas d'autres!

Je ne suis pas, loin s'en faut, une spécialiste de la famille Kennedy mais j'ai quand même beaucoup lu et vu à leur sujet et donc je ne suis pas une novice non plus. J'aime la politique, j'aime l'Amérique, la politique américaine m'intéresse, la famille Kennedy me fascine. Ce bouquin ne pouvait être que pour moi. Au final, mon avis est mitigé. Tout d'abord, soyons clairs, si vous avez un certain nombre de connaissances sur l'assassinat des frères Kennedy et que la version officielle vous semble être la vérité, alors passez votre chemin ! Ce livre vous énervera forcément. Personnellement, il y a belle lurette que je ne crois plus que Lee Harvey Oswald, Sirhan Sirhan et James Earl Ray aient été des loups solitaires ayant respectivement assassiné JFK, RFK et MLK. Je ne mets pas en doute qu'ils aient été manipulés par les plus hautes sphères de l"appareil d'état pour éliminer des personnages, qui dérangeaient les intérêts militaires et surtout économiques d'un grand nombre. Marc Dugain le pense aussi et le but de son roman est de relier les fils d'une seule et même conspiration qui ont privé l'Amérique de John Fitzgerald Kennedy, puis du pasteur noir Martin Luther King et enfin du sénateur Robert Francis Kennedy. On pourrait se poser la question du choix du roman et non de l'essai car la plus grande partie du livre est véritablement un essai présentant un certain nombre de faits désormais établis concernant les assassinats des frères Kennedy. Seulement voilà, certaines des informations ne sont toujours "officiellement" à ce jour que des supputations - la relation entre Bobby et Jackie après le décès de JFK pour n'en citer qu'une - , alors l'auteur use d'un subterfuge pour nous présenter ce qu'il estime être la vérité et mêle la Grande histoire à celle d'un professeur d'université, qui découvre que la mort prématurée de ses parents serait mêlée à l'assassinat de RFK. Et c'est là où le bas a quelque peu blessé en ce qui m'a concerné. Il y a des longueurs dans cette partie du livre, qui nous mènent à une conclusion qui m'a fait m'exclamer "tout ça pour ça..." et qui, du coup, m'a fait un peu douter de toute l'argumentation de Dugain dans le bouquin. 

Pourtant, à part les deux inconsistances trouvées page 79, j'ai trouvé le bouquin remarquablement documenté et clair. 

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S'il n'était pas encore candidat, il n'était donc pas encore président. Comment aurait-il pu inviter ses maîtresses à la Maison Blanche ? Par ailleurs, que penser de ce "ils" au pluriel ? Boulette de l'auteur ? Négligeance de l'éditeur ? Les deux ? Peu importe, j'attends un peu plus de sérieux de la Collection Blanche chez Gallimard. Après ce passage, qui m'a vraiment énervée, j'ai, comme je l'ai indiqué ci-dessus, épluché le moindre détail et le moindre nom jeté en pâture aux lecteurs, ce qui a évidemment beaucoup ralenti ma lecture ! Tout au long de sa démonstration, Dugain adopte des partis pris qui sont encore très contestés par de nombreuses personnes aux Etats-Unis et auxquels, personnellement,  j'adhère. Par exemple la possible implication de George H. W. Bush dans le complot et l'inébranlable présence de la famille Bush aux plus hauts sommets de l'Etat depuis... Celle-ci aurait-elle eu pour but de couvrir cette implication ? Saura-t-on jamais toute la vérité ? J'en doute. Je pense que les parties concernées ont fait disparaître un grand nombre de documents compromettants et la décision de Trump, il n'y a pas deux semaines, de publier une partie des archives de la Maison Blanche mais pas toutes, pour des raisons de sécurité nationale, après en avoir "conféré" avec la CIA et le FBI - je pense plutôt que la CIA et le FBI l'ont menacé s'il ne fermait pas sa grande bouche ! - prouvent bien qu'il reste des infos dérangeantes au plus haut niveau. 

Pour conclure, je ne résiste pas au plaisir de partager deux passages de la fin du bouquin où Dugain, de toute évidence américanophile comme moi et dépité par ce qui a mené à l'élection de Trump, se lâche sur George W. Bush et Trump...

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Voilà notre George rhabillé pour l'hiver !

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Je croise les doigts... 

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Nutshell - Ian McEwan (2016)

 

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Editeur : Vintage (1 juin 2017)

Titre français : Dans une coque de noix - Editeur Gallimard - Collection Du monde entier (13 avril 2017)

Nombre de pages : 199

Quatrième de couverture de l'édition française :

A l'étroit dans le ventre de ma mère, alors qu'il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J'entends tout. Un complot se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l'aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j'apprends que Claude n'est autre que mon oncle : le frère de mon père. Un crime passionnel doublé d'un fratricide qui me fera peut-être voir le jour en prison, orphelin pour toujours ! Je dois les en empêcher. Il y a quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre du XXIe siècle... Après L'intérêt de l'enfant, Ian McEwan n'en finit pas de surprendre et compose ici, dans un bref roman à l'intensité remarquable, une brillante réécriture d'Hamlet in utero.

Ce que j'en ai pensé...

C'est le premier roman de Ian McEwan que je lis et certainement pas le dernier. Un petit bijou, qui m'a ramenée à un vrai style et une véritable trame après le naufrage Houellebecq de la semaine dernière !

C'est en voyant son passage à La Grande Librairie le 20 avril dernier que j'avais eu envie de le lire car j'avais trouvé McEwan, que je ne connaisssais que de nom, très sympa et intéressant. Il était sur ma liste d'envies et puis, le hasard a voulu qu'un de mes clients me le prêtent - merci Laurent, si tu me lis ! -.

Je trouve malheureusement la quatrième de couverture de l'édition française un peu bavarde, l'original était beaucoup plus énigmatique...

 

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Le narrateur de ce roman est un foetus, qui entend tout, qui comprend tout et qui surtout comprend que sa mère a un amant, que cet amant est le frère de son père et que ces deux-là complotent pour tuer son père. Cela paraît complètement loufoque mais laissez-vous porter et vous serez captés par ce bouquin que vous ne pourrez plus lâcher. Il y a de tout dans ce court roman. Tout d'abord, une réécriture de Shakespeare comme l'indique la quatrième de couverture. Vous vous souvenez de Hamlet ? Si vous êtes comme moi et que vos souvenirs sont confus, voici grosso modo un court résumé trouvé sur le Net.

Hamlet est le fils du Roi de Danemark, remplacé sur le trône et en tant qu’époux de la reine Gertrude par son frère aîné, Claudius. Le spectre du souverain défunt apparaît une nuit à Hamlet pour lui révéler qu’il a été empoisonné par Claudius, et le pousser à le venger.

Mais ici la question n'est pas d'«Être ou ne pas être» mais de naître ou ne pas naître. Les agissements de Trudy et de son beau-frère, Claude, - vous le constatez, le choix des prénoms n'est pas innocent ! - mettent en danger la vie du foetus, à commencer par la consommation excessive d'alcool de Trudy. D'ailleurs, le foetus a ses préférences en matière de vin, il préfère le Sancerre au Sauvignon blanc néo-zélandais par exemple ! Et puis, nous avons aussi au travers de ces pages une réflexion sur l'état (un peu pitoyable) du monde le tout écrit au rythme d'un thriller. Bref, une écriture incisive, une bonne dose de sarcasme et d'humour à l'anglaise et une trame qui tient en haleine jusqu'à la fin... que je ne révèlerai pas évidemment ! Franchement, foncez, ce roman est absolument génial ! 

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La carte et le territoire - Michel Houellebecq (2010)

 

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Editeur : J'ai Lu (3 mars 2012)

Nombre de pages : 413

Quatrième de couverture :

Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l'histoire, il commencerait par vous parler d'une panne de chauffe-eau. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël. Il évoquerait Olga, une très jolie Rusee rencontrée lors d'une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin - «la carte est plus intéressante que le territoire». C'était avant que le succès mondial n'arrive avec la série des "métiers", portraits de personnalités de tous milieux, dont l'écrivain Michel Houellebecq. Il dirait aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce adffaire criminelle.

L'art, l'argent, l'amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.

Ce que j'en ai pensé...

Veni, vidi, non vici ! C'est rare que j'abandonne une lecture mais j'ai abandonné celle-ci. Soyons honnête, je ne partais pas avec un à priori positif. Je ne supporte pas la personnalité de Houellebecq, qui, selon moi, s'est fabriqué, à l'instar d'autres écrivains tels Amélie Nothomb ou Fred Vargas, dans une moindre mesure, dans des genres différents, un personnage pour les médias et en joue pour vendre des bouquins. Ça marche peut-être avec certains, pas avec moi ! J'avais, toutefois, décidé d'essayer de le lire parce que dire que je n'aime pas un auteur a quand même plus de poids quand on a au moins essayé de lire un de ses bouquins, particulièrement dans le cas d'un personnage aussi médiatisé que Houellebecq. Le hasard a voulu qu'une de mes stagiaires propose de me le prêter - Merci Pauline si tu me lis ! - et donc, puisque c'était gratuit, je n'avais plus d'excuse.

J'ai tenu jusqu'à la page 146 et puis j'ai décidé qu'il y avait peu de chance que  je me mette soudainement à aimer ce bouquin; j'ai donc arrêté. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre mais j'avais imaginé un de ces auteurs qui déblatèrent pendant des pages et des pages en suivant une trame assez floue mais en s'appuyant sur un style d'écriture quelqu'il soit. Pour ne citer qu'un exemple, j'ai du mal à suivre le fil de la pensée de Proust quand je le lis mais j'ai appris à aimer sa langue. Je pensais donc que Houellebecq était une espèce de Hunter S. Thompson à la française, un écrivain déjanté, décalé et rebelle mais avec un style. Que nenni, je n'ai trouvé ni trame, ni style chez Houellebecq. J'ai même trouvé son écriture assez simpliste et je voudrais bien savoir comment ce truc avait eu le Goncourt en 2010 - mais bon, le jury l'a bien donné à Chanson douce l'année dernière, qui n'était pas non plus un roman remarquablement écrit -. 

Pour ne rien vous cacher, j'ai failli arrêter dès la page 37 quand je suis tombée sur cela...

 

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Je rêve ou il insulte les paysans ? Je peux supporter beaucoup de choses mais en tant que petite-fille d'agriculteur, je n'admets pas qu'on prenne la classe paysanne pour des gueux incultes ! D'ailleurs, je n'admets qu'un pseudo-intellectuel s'attaque à quelque classe sociale qu'elle soit.

Et puis ensuite, il s'est mis en scène dans son propre roman. Sûrement une forme d'auto-dérision que ses fans auront apprécié mais dans laquelle une nouvelle lectrice comme moi n'a vu que de l'arrogance !

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Bref, j'ai essayé de lire Houellebecq. C'est fait. Je n'y reviendrai pas. Maintenant, je me sens plus légitime quand je dis que je ne peux pas souffrir ce mec ! Au suivant...

 

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Le otto montagne - Paolo Cognetti (2016)

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Editeur : Einaudi

Titre français : Les huit montagnes - Editeur Stock - Collection Le Cosmopolite (23 août 2017)

Nombre de pages : 199

Quatrième de couverture de l'édition française :

« Quel que soit notre destin, il habite les montagnes au-dessus  de nos têtes. »

Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes.  Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana,  au coeur du val d’Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la  montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers,  puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié.
Vingt ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes et auprès  de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son  passé – et son avenir.
Dans une langue pure et poétique, Paolo Cognetti mêle  l’intime à l’universel et signe un grand roman d’apprentissage  et de filiation.

Ce que j'en ai pensé...

Ceci n'est pas un coup de coeur, c'est un coup de foudre !

C'est l'histoire d'une amitié indéfectible entre deux garçons, devenus des hommes, l'un citadin, l'autre montagnard. Deux êtres à la fois différents et similaires, qui nous entraînent dans un voyage spirituel fait de fugues et de tentatives de retours pour Pietro et d'une présence immuable pour Bruno, un voyage qui pour l'un comme pour l'autre sera une recherche incessante de leur raison de vivre. La plus grande partie du roman se déroule dans les montagnes de Bruno que Pietro apprend à connaître, puis à aimer Des montagnes, que, moi, je n'ai pas su aimer quand j'en ai eu l'occasion et qui maintenant avec le recul me semblerait être un endroit idéal pour se retirer et finir sa vie...

J'ai un peu hésité à ouvrir ce livre. Le fait de savoir que l'histoire se passait dans une vallée alpine du Val d'Aoste à quelques kilomètres à vol d'oiseau d'une autre vallée alpine italienne, où j'ai tant de souvenirs, me faisait un peu peur. Le personnage de Bruno m'a, comme je l'avais imaginé en lisant le résumé, furieusement rappelé un autre montagnard du nord de l'Italie, qui aimait ses montagnes passionnément et dont ma tentative de l'en éloigner, car à l'époque je ne souhaitais pas m'enterrer dans cette vallée, avait échoué. Ce serait mentir que dire que ce livre n'a pas touché une corde sensible de mon passé mais je l'ai cependant lu avec un plaisir immense car ce sont 199 pages de pur bonheur. La langue est très belle, très poétique, les personnages sont attachants, les lieux sont remarquablement décrits - je n'ai eu aucun mal à les imaginer, en ayant connu de similaires -, les émotions sont parfaitement retranscrites. 

Sans aucun doute, ce livre m'a beaucoup plu parce que je m'y suis retrouvée mais je ne peux que vous encourager à lire Les huit montagnes car on peut parfaitement l'apprécier sans avoir cette connexion particulière qu'est la mienne avec l'histoire. Ce roman est tout simplement magnifique et mérite amplement le prestigieux Prix Strega - équivalent de notre Goncourt - reçu cette année. Il est apparemment en lice pour le Médicis Etranger. Ce serait un beau choix de la part du jury.

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Nos vies - Marie-Hélène Lafon (2017)

  

 

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Editeur : Buchet-Chastel (24 août 2017)

Nombre de pages : 192

Quatrième de couverture :

« J’ai l’oeil, je n’oublie à peu près rien, ce que j’ai oublié, je l’invente. J’ai toujours fait ça, comme ça, c’était mon rôle dans la famille, jusqu’à la mort de la grand-mère Lucie, la vraie mort, la seconde. Elle ne voulait personne d’autre pour lui raconter, elle disait qu’avec moi elle voyait mieux qu’avant son attaque. »

Le Franprix de la rue du Rendez-vous, à Paris. Une femme, que l'on devine solitaire, regarde et imagine. Gordana, la caissière. L’homme encore jeune qui s’obstine à venir chaque vendredi matin... Silencieusement elle dévide l'écheveau de ces vies ordinaires. Et remonte le fil de sa propre histoire.

Nos vies est le nouveau roman de Marie-Hélène Lafon. Il aurait pour sujet la ville et ses solitudes.

Ce que j'en ai pensé...

J'étais très, très impatiente de lire ce roman car autant le dire, j'adore cet auteur et je n'ai pas été déçue. Ce roman est une véritable pépite. Marie-Hélène Lafon confirme son immense talent avec ce roman, court mais percutant. Comme dans les trois autres oeuvres que j'avais lu d'elle précédemment, Les pays, Joseph et Nos histoires, le style est une merveille. L'histoire mêle le destin de la narratrice à celui que cette dernière imagine pour deux personnages qu'elle croise au Franprix chaque vendredi. N'importe qui d'autre aurait besoin d'au moins 300 ou 400 pages pour nous raconter cette histoire mais comme à son habitude, Marie-Hélène Lafon nous la raconte en réussissant l'exploit d'être tout à la fois concise et exhaustive. Chaque mot, chaque signe de ponctuation comptent. Pas de déchets, pas de longueurs. J'ai une admiration sans borne pour la façon dont elle écrit.

La quatrième de couverture mentionne de façon un peu facétieuse que le roman "aurait pour sujet la ville et ses solitudes." En fait, les racines paysannes de Marie-Hélène Lafon, dont elle parle si merveilleusement, sont à nouveau présentes dans ce roman. Quand on lit Marie-Hélène Lafon, le Cantal n'est jamais loin. Et c'est une des raisons pour laquelle je l'aime tant car moi aussi, j'ai des racines paysannes auxquelles je tiens énormément. Dans chacune de ses oeuvres, je retrouve un peu de mon enfance. Dans Joseph, j'avais retrouvé un commis de ferme qui travaillait chez mes grands-parents. Ici, c'est plutôt ma grand-mère maternelle que j'ai retrouvée. Il y a un passage où la narratrice explique que ses frères ont finalement emmené leur grand-mère voir la mer alors qu'elle était déjà âgée et qu'ils ne vivaient finalement pas si loin de la mer... et j'ai eu un coup au coeur car mes deux grands-parents maternels sont morts sans avoir vu la mer alors qu'elle n'était guère qu'à 350 kilomètres... Mais pourquoi donc aucun de nous ne les a emmenés à la mer?

Faites-moi plaisir, si vous me lisez, lisez ce livre...

 

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Mrs. Hemingway - Naomi Wood (2014)

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Editeur : Penguin Books

Titre français : Mrs. Hemingway - Editeur La Table Ronde (11 mai 2017)

Nombre de pages : 322

Quatrième de couverture de l'édition française :

Mrs Hemingway « Nous entraînant du Paris de l'ère du jazz au Cuba de l'après-guerre en passant par la Floride des années 1930, le roman étincelant de Naomi Wood explore les amours et les pertes des femmes de Hemingway... Percutant, et universellement touchant. » Sunday Express

Un clou chasse l'autre, dit le proverbe. Ainsi la généreuse et maternelle Hadley Richardson a-t-elle été remplacée par la très mondaine Pauline Pfeiffer ; ainsi l'intrépide et célèbre Martha Gellhorn a-t-elle été éloignée par la dévouée Mary Welsh. C'est un fait : Hemingway était un homme à femmes. Mais l'auteur de Paris est une fête ne se contentait pas d'enchaîner les histoires d'amour. Ces maîtresses-là, il les a épousées. Au fil d'un scénario ne variant que de quelques lignes, il en a fait des Mrs Hemingway : la passion initiale, les fêtes, l'orgueil de hisser son couple sur le devant d'une scène - la Côte d'Azur, le Paris bohème, la Floride assoiffée, Cuba, l'Espagne bombardée... - puis les démons, les noires pensées dont chacune de ses femmes espérait le sauver. Naomi Wood se penche sur la figure d'un colosse aux pieds d'argile, et redonne la voix à celles qui ont sacrifié un peu d'elles-mêmes pour en ériger le mythe.

Ce que j'en ai pensé...

Voilà un roman que j'ai vraiment beaucoup, beaucoup aimé et qui, de surcroît, m'a donné envie de relire Ernest Hemingway. L'histoire nous retrace les quatre mariages d'Hemingway et leurs destins assez calamiteux. Alors, certes, c'est de la fiction et de toute évidence l'auteur prend des libertés avec ce que fut la réalité, notamment pour établir les dialogues, mais toutefois, il y a à la base un remarquable travail de recherche. Au fil de ces pages, on découvre que le génie de la littérature américaine savait être un sinistre misogyne avec les femmes de sa vie, une fois l'engouement des premiers temps passé. Il les a toutes immanquablement d'abord couvertes de louanges puis trompées et traitées de la façon la plus irrespectueuse qui soit. On découvre, ou redécouvre si l'on connaît un peu Hemigway, qu'il avait une personnalité complexe, torturée et que la dépression a eu raison de ses histoires d'amour et finalement de sa vie. De toute évidence, la solitude seyait peu à Hemingway et avant même de divorcer, il demandait en mariage la suivante ! Sauf pour la dernière, qu'il a quand même trompée ici et là... Sacré coco ce Nesto !Ayant jeté un oeil sur Wikipédia pour me remémorer les éléments biographiques d'Hemingway, je savais quand chaque mariage se terminerait mais malgré tout, en lisant le bouquin, je me suis quand même surprise à espérer à chaque rencontre que cette fois, ce serait la bonne ! Peut-être comme lui finalement !

A propos de la construction du roman, qui mêle judicieusement flashbacks et anticipation pour nous mener du début des années 20 à Chicago, où Hemingway rencontre sa première femme, Hadley, à la mort de l'écrivain en 1961 dans l'Idaho, où il vivait avec sa quatrième femme, Mary, je n'ai pu m'empêcher de penser que ce style était décidément à la mode. C'était également le type de construction - très efficace d'un point de vue narratif - employé par Emma Straub dans Modern Lovers, Lauren Groff dans Les Furies, Ann Patchett dans Commonwealth et Emma Cline dans The Girls pour ne citer que des romans que j'ai lu récemment. Peut-être le résultat des ateliers et cours d'écriture créative si populaires chez nos amis anglo-saxons...

"He is so good at being in love that Ernest Hemingway makes a rotten husband." Il est tellement bon à être amoureux qu'Ernest Hemingway fait un mari pourri. Je termine avec cette phrase extraite du roman qui m'a semblé être le résumé parfait de de roman...

 

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Millénium 5 - La fille qui rendait coup pour coup - David Lagercrantz (2017)

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Editeur : Actes Sud (7 septembre 2017)

Titre original : Mannen som sökte sin skugga

Quatrième de couverture :

Une enfance violente et de terribles abus ont marqué à jamais la vie de Lisbeth Salander. Le dragon tatoué sur sa peau est un rappel constant de la promesse qu'elle s'est faite de combattre l'injustice sous toutes ses formes. Résultat : elle vient de sauver un enfant autiste, mais est incarcérée dans une prison de haute sécurité pour mise en danger de la vie d'autrui. Lorsqu'elle reçoit la visite de son ancien tuteur, Holger Palmgren, les ombres d'un passé qui continue à la hanter resurgissent. Quelqu'un a remis à Palmgren des documents confidentiels susceptibles d'apporter un nouvel éclairage sur un épisode traumatique de son enfance.

Pourquoi lui faisait-on passer tous ces tests d'intelligence quand elle était petite ? Et pourquoi avait-on essayé de la séparer de sa mère à l'âge de six ans ? Lisbeth comprend rapidement qu'elle n'est pas la seule victime dans l'histoire et que des forces puissantes sont prêtes à tout pour l'empêcher de mettre au jour l'ampleur de la trahison. Avec l'aide de Mikael Blomkvist, elle se lance sur la piste d'abus commis par des officines gouvernementales dans le cadre de recherches génétiques secrètes. Cette fois, rien ne l'empêchera d'aller au bout de la vérité.

Ce que j'en ai pensé...

J'ai longtemps hésité à lire Millenium 4. Ayant adoré la trilogie de Stieg Larsson, je n'avais su résister à cet achat mais je n'arrivais pas à me décider. J'avais bien sûr entendu parler des nombreuses polémiques concernant la publication de ce quatrième volume écrit par un autre après la mort subite de Larsson. Nombre de gens pensaient qu'il était scandaleux de reprendre les personnages de Larsson. Bref,  j'avais envie de retrouver Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist mais j'avais peur d'être déçue.

Reprendre des personnages mythiques, ça marche parfois comme par exemple Sherlock Holmes par mon ami anglais, Anthony Horowitz, encensé par la critique et les puristes, mais ça loupe souvent. Je citerai l'exemple calamiteux de la suite d'Autant en emporte le vent, Scarlett d'Alexandra Ripley, paru en 1991. Un quasi traumatisme pour moi qui vénère ce roman - ce n'est pas pour des prunes que mon blog s'appelle Gone With The Wind ! -.

Finalement, au cours de l'été, je me suis décidée à l'ouvrir et je l'ai dévoré en deux jours. Contrairement à ce que de nombreuses critiques avaient annoncé, les personnages de Lisbeth et Mikael étaient assez fidèles à ceux créés par Larsson et l'intrigue était plutôt bien ficelée. Certes, il manquait un petit truc (le génie ?) par rapport à l'œuvre de Larsson mais en toute sincérité, cela faisait tellement longtemps que j'avais lu la trilogie que cela ne m'avait pas franchement gênée.

Forte de ce succès, c'était donc avec une impatience non dissimulée que j'attendais ce cinquième opus. La sortie était prévue pour le 7 septembre. Le 6 au soir, je suis passée à la librairie en réserver un. Le lendemain, profitant d'un cours annulé, j'étais à la librairie à 10h15 alors qu'elle ouvre à 10h ! Je ne pouvais guère faire plus vite ! À la librairie, petite conversation avec la libraire, qui attendait, elle aussi, avec impatience de le commencer. Nous avons parlé du 4 et elle m'a fait part de la réflexion de son compagnon, que j'ai trouvée assez intéressante. Après avoir terminé le 4, il avait dit qu'il aurait adoré le bouquin s'il n'y avait pas eu écrit Millénium dessus... En d'autres termes, un excellent thriller mais pas digne de la trilogie. Elle, pensait plutôt comme moi. Elle trouvait que cette suite était fidèle à l'esprit des premiers.
À la pause déjeuner, trépignant d'impatience, je l'ai ouvert... et je l'ai refermé samedi dernier, le 16 septembre... 9 jours pour le lire... mauvaise mayonnaise ! Certes, mon rythme de travail intensif a repris et j'ai un peu tendance à m'endormir le soir mais quand même, quand un thriller est haletant, je ne m'endors pas !

Que vous dire sans m'énerver ? D'abord un mot sur le titre français - et anglais aussi d'ailleurs - . Pourquoi diable La fille qui rendait coup pour coup quand l'original veut grosso modo dire L'homme qui suit son ombre ? Si vous avez lu le 4, ce titre et la couverture peuvent vous laisser imaginer que l'autre fille va être Camille... Et non ! Je vais dire que tout est bâclé dans ce roman. L'intrigue prend l'eau à de nombreuses reprises (embêtant pour un thriller !), Lisbeth et Mikael ne sont que des figurants dans cette histoire qui tourne en rond, tourne en rond et la fin, oh la fin, grrrrrr!!! Elle est où la fin ?!

Bref, si vous êtes fans de Millénium, vous serez sans doute déçus comme moi à moins, je pense, de n'être sous l'emprise d'une drogue dont vous voudrez bien me faire parvenir un échantillon !

Toute ce cinéma orchestré par l'éditeur suédois et par extension par les éditeurs des diverses traductions dans le monde pour la sortie du livre n'avait finalement peut-être qu'un but... nous cacher que le bouquin n'est pas à la hauteur des attentes et nous le faire acheter quand même ! Et moi, comme une imbécile naïve que je suis encore trop souvent, j'ai marché au quart de tour !

 

 

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Storia di chi fugge e di chi resta - Elena Ferrante (2013)

Ferrante

Editeur : e/o (1 octobre 2013)

Titre français : Celle qui fuit et celle qui reste - L'amie prodigieuse, III - Editeur : Gallimard (3 janvier 2017)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Après L'amie prodigieuse et Le nouveau nom, Celle qui fuit et celle qui reste est la suite de la formidable saga dans laquelle Elena Ferrante raconte cinquante ans d'histoire italienne et d'amitié entre ses deux héroïnes, Elena et Lila. Pour Elena, comme pour l'Italie, une période de grands bouleversements s'ouvre. Nous sommes à la fin des années soixante, les événements de 1968 s'annoncent, les mouvements féministes et protestataires s'organisent, et Elena, diplômée de l'École normale de Pise et entourée d'universitaires, est au premier rang. Même si les choix de Lila sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d'amour et de haine, telles deux soeurs qui se ressembleraient trop. Et, une nouvelle fois, les circonstances vont les rapprocher, puis les éloigner, au cours de cette tumultueuse traversée des années soixante-dix. Celle qui fuit et celle qui reste n'a rien à envier à ses deux prédécesseurs. À la dimension historique et intime s'ajoute même un volet politique, puisque les dix années que couvre le roman sont cruciales pour l'Italie, un pays en transformation, en marche vers la modernité.

Ce que j'en ai pensé...

Ça y est, je l'ai enfin lu ! Et pas de doute, c'est celui des trois que j'ai préféré. Autant j'avais trouvé quelques temps morts dans le deuxième tome, autant celui-ci m'a vraiment enthousiasmée. L'époque traversée est une page tellement passionnante et chargée de l'histoire italienne et c'est à nouveau avec brio que Ferrante la fait traverser à ses personnages. Comment ne pas continuer à détester l'arrogance de Lila/Lina tout en l'admirant un peu et comment ne pas admirer l'émancipation de Lena/Lenù tout en détestant un peu ses renoncements et ses états d'âme ? Comment ne pas se passionner pour cette amitié/inimitié qui n'en finit pas de s'interrompre ? Comment ne pas vouloir savoir laquelle des deux prévaudra et rendre l'autre jalouse de son sort ?

Je suis à un moment tombée sur un passage, qui , pour moi, résume parfaitement la relation entre Lena et Lila et qui doit donner à peu près ça en français (à l'occasion, je vérifierai dans une édition française): "Je sentis que je ne réussirai jamais à me libérer de cette position subalterne et cela me sembla insupportable". Chaque fois que cette pauvre Lena pense qu'elle a échappé à son destin et que son sort est bien plus enviable que celui de Lila, l'autre lui balance une nouvelle à la figure qui la remet en piste pour le prix de la plus belle réussite. Pauvre Lenù !

C'est sûr et certain, je vais lire le quatrième tome dans les semaines qui viennent et pour une fois, j'aurai un train d'avance plutôt que de retard puisqu'il ne sortira en France qu'en 2018, je crois. Bon, ceci dit, je serai toujours à la traîne par rapport aux bookstagrammeurs/-euses anglosaxons que je suis sur Instagram puisque cela fait déjà deux ans qu'il est sorti en anglais ! A bientôt donc !

 

Ferrante 2

 

Posté par annelb à 19:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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