Gone With The Book...

La neuvième heure - Alice McDermott (2017)

McDermott

Titre original : The Ninth Hour

 

Edition française : Editions de la Table Ronde - Quai Voltaire (23 août 2018)

Nombre de pages : 288

Quatrième de couverture de l'édition française :

Jim, jeune homme aux grands yeux bleus qui a dû mal à se lever le matin, vient d'être congédié de son emploi aux chemins de fer. Il referme la porte derrière sa femme Annie qu'il a envoyée faire des courses, puis enroule soigneusement son pardessus "dans le sens de la longueur" pour le poser au pied de la porte. Quand Annie reviendra, elle manquera de faire sauter la maison entière en craquant une allumette dans l'appartement rempli de gaz. Malgré la fatigue et ses chevilles enflées, Soeur Saint-Sauveur, en chemin vers le couvent voisin après une journée à faire l'aumône, prend la relève des pompiers auprès de la jeune femme enceinte et des voisins sinistrés de ce petit immeuble de Brooklyn. Elle tente de faire jouer ses relations pour que Jim soit enterré dans le cimetière catholique où le couple avait acheté une concession, mais la nouvelle du suicide est déjà parue dans le journal. Il lui reste à veiller son corps, en compagnie de l'acariâtre Soeur Lucy et de la novice Soeur Jeanne, en attendant que le croque-mort l'emporte à la fosse commune...

Ce que j'en ai pensé...

Un roman intéressant et documenté, qui en dit long sur l'influence qu'avait l'Église catholique dans les quartiers principalement habités d'Irlandais et d'Italiens à Brooklyn au début du XXième siècle, influence qui avait de bons côtés mais pas que... J'ai toutefois trouvé le rythme un peu lent. Peut-être était-ce dû à la traduction, je ne sais pas. À priori, je déteste lire de l’anglais américain traduit mais ma mamounette me l'a offert en français et je n’ai pas pour habitude de jeter les cadeaux à la tête de ceux qui me les font ! Cela n’aura pas été un coup de cœur mais j’essaierai quand même de lire autre chose de cet auteur en anglais.

 

 

 

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Je vais m'y mettre - Florent Oiseau (2016)

Oiseau

Editeur : Pocket (7 septembre 2017)

Nombre de pages : 192

Quatrième de couverture : 

La tragédie du chômage c'est que, arrivé en fin de droits, à un moment il faut s'y mettre. Branleur patenté, Fred n'aime rien tant que les Knacki, les poissons panés, le vin qui tache et Sophie Davant l'après-midi. Se laisser vivre, quoi. Or, la meilleure façon de ne rien foutre, c'est encore d'en faire profession. C'est ainsi qu'en fréquentant par hasard une prostituée, puis deux, de fil en aiguille on devient proxénète en Espagne. Et qu'on se jette au-devant des ennuis. Vraiment à vous dégoûter de s'y mettre...

Ce que j'en ai pensé...

Le livre le plus drôle de l’année ? L’année 2016 aurait-elle été si triste ? Ce roman m’a ici et là fait sourire mais je ne l’ai pas trouvé hilarant. J’ai eu un peu de mal avec ce bon à rien professionnel adepte du nihilisme, quelque peu obsédé par sa verge et ses selles (désolée, je n’ai pu que constater !) et n’ayant guère d’autre ambition que celle de se soûler tous les soirs. Peut-être parce qu’il m’a un peu trop rappelé un proche dont la léthargie me rend dingue, suivre les frasques de ce glandeur de fiction ne m’a pas enthousiasmée. Bref, ce court roman sera pour moi aussitôt lu, aussitôt oublié. 

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Educated - Tara Westover (2018)

Educated

Editeur : Hutchinson (20 février 2018) (English edition)

Nombre de pages : 400

Edition en français : Une éducation - JCLattès (9 janvier 2019)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Tara Westover n’a  jamais eu d’acte de naissance. Ni de dossier scolaire, car elle n’a  jamais fréquenté  une salle de classe. Pas de dossier médical non plus, parce que son père ne croyait pas en la médecine, mais à la Fin des temps.

 Enfant, elle a regardé  son père mormon s’enfermer dans ses convictions, et son frère céder à la violence. Et, à seize ans, Tara décide de s’éduquer toute seule. Son combat pour la connaissance la mènera loin des montagnes de l’Idaho, au-delà des océans, d’un continent à l’autre, d’Harvard à Cambridge. C’est à ce moment seulement qu’elle se demande si elle n’est pas allée trop loin. Lui reste-t-il un moyen de renouer avec les siens ?

 Une éducation est le récit d'une  construction  de soi, l'histoire d’une fidélité farouche envers la famille, et du chagrin dû à la rupture. Forte de la lucidité qui constitue la marque des  grands auteurs, Tara Westover nous livre son expérience singulière : son combat pour  entrer  dans l’âge adulte grâce à  une éducation qui  lui a permis de poser un regard neuf sur la vie  et donné  la volonté de changer.

Ce que j'en ai pensé...

Un de mes gros coups de coeur depuis le début de l'année, ce récit est une vraie claque ! Il se lit comme un roman et on se surprend souvent à souhaiter que cela ne soit qu'un roman et que tout cela ne soit que le fruit de l'imagination de l'autrice* mais non, c'est bien de sa réalité qu'elle parle avec une franchise remarquable. On se pince ici et là pour croire à ce qu'elle nous raconte et surtout pour se souvenir qu'elle ne nous parle pas de temps anciens mais bien de son enfance et adolescence. Tara Westover n'a que 32 ans... Le père est tout simplement le fruit de ce que l'extrémisme religieux quel qu'il soit peut produire : il se croit persécuté par le gouvernement fédéral, refuse d'envoyer ses enfants se faire laver le cerveau à l'école, refuse de les faire soigner par un médecin ou un hôpital quand ils sont malades ou blessés, au risque qu'ils meurent, traite sa fille comme une moins que rien (une pute, disons-le) quand celle-ci souhaite intégrer une écolde de danse et porter un justaucorps... Bref, un un fou furieux !

La façon, dont Tara se sort de ce milieu, est absolument incroyable. Cette jeune femme fait preuve d'un caractère extraordinaire et surtout d'une forme de résilience, qui m'a laissée sans voix. Certes, elle a fait les bonnes rencontres, une fois à l'université, mais tout de même trouver un soutien moral auprès de ses profs n'impliquaient pas forcément s'en sortir.

À la fin du livre, j'avais juste envie de trouver Tara Westover où qu'elle soit dans le monde, de la prendre dans mes bras et de lui dire que tout allait désormais bien se passer parce que la vie peut être belle...

Encore une superbe recommandation de mon "ami" Barack Obama, décidément il se trompe rarement !

*Je me permets d'utiliser le terme "autrice" car les membres de l'Académie Française ont enfin reconnu que ce mot existait avant qu'il ne soit effacé des tablettes par leurs illustres aînés au prétexte qu'une femme n'était pas censée écrire ou avoir des idées ! No comment ! Je milite donc pour le retour de ce mot. Un acteur, une actrice, un auteur, une autrice. C'est simple !

 

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De retour !

Message à l'attention de mes fidèles abonnés pour leur présenter mes excuses les plus plates pour cette longue absence injustifiée ou presque !

J'ai lu depuis février, beaucoup même, mais je n'ai pas pris le temps de tenir mon blog à jour. J'ai repris mon travail fin janvier après trois mois d'absence suite à mon accident début novembre et depuis, c'est un peu dur de tout concilier, travail, kiné, loisirs et la vie tout simplement mais je vous promets d'essayer de me mettre à jour d'ici la fin du mois d'avril.

Je n'ai pas moins de seize livres à vous présenter et parmi ceux-là, une PÉPITE ! 

À bientôt et merci de votre fidélité !

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The Reckoning - John Grisham (2018)

Grisham

Editeur version audio : Hodder & Stoughton  (23 octobre 2018) 

Durée de l'enregistrement : 17 heures et 36 minutes

Pas encore traduit en français

Traduction libre de la présentation de l'éditeur US :

Octobre 1946, Clanton, Mississippi

Pete Banning était le fils favori de Clanton, Mississippi — un héros décoré de la Seconde Guerre Mondiale, le patriarche d'une famille très en vue, un agriculteur, un père, un voisin, et un membre fidèle de l'église Méthodiste. Et puis par une fraîche matinée d'octobre, il s'est levé tôt, il est allé en ville, et il a commis un crime choquant. La déclaration de Pete à ce sujet, au shériff, à ses avocats, au juge, au jury et à sa famille, n'a été que : "Je n'ai rien à dire." Il n'avait pas peur de la mort et il était prêt à emporter ses raisons dans la tombe.

Dans ce roman majeur très différent de tout ce que John Grisham a écrit auparavant, il nous entraîne dans un incroyable voyage, qui nous mène du Vieux Sud de Jim Crow à la jungle des Philippines pendant la Seconde Guerre Mondiale; d'un hôpital psychiatrique rempli de secrets au tribunal de Clanton, où l'avocat de Pete essaie désespérément de le sauver.   

Ce que j'en ai pensé...

         Depuis plus de vingt-cinq ans que je lis Grisham régulièrement, j'ai parfois été déçue par ses romans, surtout au cours des dernières années, mais parce que je lui pardonne tout, je continue à le lire et je continuerai à le lire. C'est un gentleman du Vieux Sud et je l'adore, quoiqu'il écrive.

Ceci étant dit, je préfère quand même quand il écrit des bouquins, qui me plaisent ! Et c'est le cas de ce dernier roman. Découpé en trois parties, la première partie nous mène du crime au verdict sans aucune surprise; puis flashback avec la seconde partie, qui revient sur le passé militaire à la fois glorieux et terriblement douloureux de Pete lors de la Seconde Guerre Mondiale - j'en ai au passage appris des vertes et des pas mûres sur le sort des prisonniers de guerre américains aux Philippines -; la troisième partie nous emmenera doucement vers le secret derrière le crime commis par Pete. Cent fois, j'ai cru avoir compris et je me disais que Grisham avait perdu de sa superbe en matière de thriller et puis la révélation du dernier chapitre m'a laissée sur les fesses !

Ce livre est le troisième livre audio que j'écoute depuis le début de l'année, principalement dans la voiture, et c'est vraiment quelque chose que j'apprécie de plus en plus. D'ailleurs, ma prochaine écoute sera sans doute l'avant-dernier roman de Grisham que j'avais loupé en 2017.


Resto qui - Marco Balzano (2018)

Balzano

Editeur : Einaudi (3 mars 2018) 

Nombre de pages : 180

Edition en français : Je reste ici - Editions Philippe Rey (23 août 2018)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Le roman bouleversant d'une famille en temps de guerre

La vue saisissante d'un clocher d'église surgissant des eaux du lac artificiel Resia au Sud-Tyrol, a inspiré à Marco Balzano un roman puissant, se déroulant sur des décennies, avant et après l'immersion du village de Curon. La narratrice, Trina, s'adresse à sa fille, Marica, dont elle est séparée depuis de nombreuses années, et lui raconte sa vie. Trina a dix-sept ans au début du texte, elle vit à Curon, village de montagne dans le Haut-Adige, avec ses parents. En 1923, ce territoire autrichien annexé par l'Italie à la suite de la Première Guerre mondiale, fait l'objet d'une italianisation forcée : la langue allemande, qu'on y parle, est bannie au profit de l'italien. Trina s'amourache d'Erich, employé de son père menuisier, un solitaire aux yeux gris, qu'elle regarde chaque jour passer devant ses fenêtres avec son chien et son troupeau de vaches, qu'elle finit par épouser et dont elle aura deux enfants, Michael et Marica. Au début de la guerre, tandis qu'Erich s'active dans une farouche résistance aux mussoliniens et au projet de barrage qui menace le village, la petite Marica est enlevée par sa tante qui l'emmène vivre en Autriche. Cette absence, vive blessure jamais guérie chez Trina, sera le moteur de son récit, qui ne cachera rien des fractures apparaissant dans la famille (surtout lorsque son fils Michael devient hitlérien) ou dans le village, des trahisons, des violences, mais aussi des joies et des scènes de retrouvailles traitées avec finesse et pudeur.
Un roman magnifique, mêlant avec talent la grande et la petite histoires, qui fera résonner longtemps la voix de Trina qui, malgré les violences de la guerre, reste fidèle à ses passions de jeunesse, courageuse, indépendante et digne.

Ce que j'en ai pensé...

Très beau roman, qui est passé un peu inaperçu lors de la dernière rentrée littéraire d'automne. Il faut dire qu'il n'est pas facile de s'y retrouver parmi autant de nouveautés. A vrai dire, je trouve la quatrième de couverture un peu bavarde et je ne vais rien rajouter quant à la trame. Vous en saurez déjà bien assez en la lisant. Je ne peux cependant que vous encourager à découvrir ce livre, qui a le mérite d'aborder un chapitre de l'histoire italienne encore douloureux et encore bien méconnu des Italiens, malheureusement. Je conclus mes lectures de janvier avec ce roman et mis à part une déception, j'ai plutôt lu de bonnes choses. J'espère que l'année va bien se poursuivre littérairement parlant et pas que ! 

 

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Leurs enfants après eux - Nicolas Mathieu (2018)

Nicolas Mathieu

 PRIX GONCOURT 2018

Editeur : Actes Sud (22 août 2018)

Nombre de pages : 425

Quatrième de couverture : 

Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l'Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l'ennui, il décide de voler un canoë et d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.

Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d'une vallée, d'une époque, de l'adolescence, le récit politique d'une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l'entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d'Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.

Ce que j'en ai pensé...

Je ne suis pas sûre de trouver les mots pour vous dire à quel point ce Goncourt 2018 m'a enthousiasmée. Tout y est juste : le ton, le style, les personnages, les détails, les descriptions, bref, tout ! J'ai en fait découvert l'univers de Nicolas Mathieu à travers la très bonne adaptation télévisée de son premier roman, Aux animaux la guerre, diffusée sur France 3 l'automne dernier, un polar social très noir dont l'action se déroulait dans les Vosges.

On retrouve l'Est de la France dans le Goncourt à Heillange, une ville fictive avec des hauts fourneaux, qui n'a sans aucun doute de fictif que le nom. L'ambiance y est moins noire que dans Aux animaux la guerre mais elle n'est pas gaie, gaie... Les hauts fourneaux ont fermé et les conséquences sont en place: chômage, misère sociale, dépression, alcoolisme, trafic de drogue, etc. La jeunesse n'a guère de perpectives d'avenir, s'ennuie profondément dans cette petite ville et, de ce fait, fait pas mal de conneries. Le roman se découpe en quatre parties, quatre étés étouffants (1992, 1994, 1996 et 1998) qui servent de tableaux à l'auteur pour camper ses personnages avec brio. C'est le roman d'une génération (celles des années 90) mais aussi d'une région et d'une époque, qui voit le retour d'un gouffre entre les classes sociales pauvres et moyennes et les plus aisées. Ce livre, en sortant en août dernier, était en fait un peu annonciateur du mouvement des Gilets Jaunes. On est vraiment en plein dedans. Mais je ne voudrais pas donner l'impression que ce roman est sinistre car il ne l'est absolument pas. C'est avant tout une formidable galerie de personnages fouillés comme on en trouve dans tous ces romans américains, que j'aime tant et préfère souvent à la littérature française, parce qu'ils on un début, un milieu, une fin et que les personnages y ont des noms et des identités auxquels on peut s'identifier.   

Un excellent, excellent Goncourt vraiment et j'ai hâte de retrouver Nicolas Mathieu à l'avenir.

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El monarca de las sombras - Javier Cercas (2017)

Javier Cercas

 Editeur : Debolsillo (25 septembre 2018) 

Nombre de pages : 288

Edition en français : Le monarque des ombres - Actes Sud (29 août 2018)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Un jeune homme pur et courageux, mort au combat pour une cause mauvaise (la lutte du franquisme contre la République espagnole), peut-il devenir, quoique s'en défende l'auteur, le héros du livre qu'il doit écrire ? Manuel Mena a dix-neuf ans quand il est mortellement atteint, en 1938, en pleine bataille, sur les rives de l'Ebre. Le vaillant sous-lieutenant, par son sacrifice, fera désormais figure de martyr au sein de la famille maternelle de Cercas et dans le village d'Estrémadure où il a grandi. La mémoire familiale honore et transmet son souvenir alors que surviennent des temps plus démocratiques, où la gloire et la honte changent de camp. Demeure cette parenté profondément encombrante, dans la conscience de l'écrivain : ce tout jeune aïeul phalangiste dont la fin est digne de celle d'Achille, chantée par Homère - mais Achille dans l'Odyssée se lamentera de n'être plus que le "monarque des ombres" et enviera Ulysse d'avoir sagement regagné ses pénates. Que fut vraiment la vie de Manuel Mena, quelles furent ses convictions, ses illusions, comment en rendre compte, retrouver des témoins, interroger ce destin et cette époque en toute probité, les raconter sans franchir la frontière qui sépare la vérité de la fiction ? L'immense écrivain qu'est Javier Cercas affronte ici ses propres résistances pour mettre au jour l'existence du héros fourvoyé, cet ange maudit et souverain dont il n'a cessé, dans toute son oeuvre, de défier la présence.

Ce que j'en ai pensé...

Ce très bon roman d'autofiction pose avant tout quelques questions épineuses. Doit-on revenir sur les erreurs de nos aïeux ? Doit-on même les considérer des erreurs, une fois la situation remise en contexte ? Comment affronter un passé familial douloureux ? Comment raconter l'histoire d'un aïeul considéré comme un héros dans la famille alors que la mémoire nationale cherche à effacer ses heures de gloire ? Pour toutes ces questions, il faut lire ce roman de Javier Cercas et au passage, vous vous instruirez sur la Guerre Civile espagnole si les détails de cette dernière vous échappent. Qui étaient les républicains ? Les franquistes ? Les phalangistes ? Moi, qui n'ai nullement étudié cet épisode essentiel de l'histoire européenne au lycée et ne l'ai que survolé à l'université, où j'ai pourtant fait des études d'espagnol, j'ai trouvé ce livre très instructif et surtout très objectif. Je reconnais que certains passages de description d'opérations militaires m'ont semblé un peu longs mais dans l'ensemble c'est une lecture, qui m'aura marquée en ce début d'année 2019. De plus, elle m'a permis de lire en espagnol pour la première fois depuis longtemps et de me rappeler qu'il faudrait que je le fasse plus souvent. D'ailleurs, d'autres lectures en espagnol m'attendent d'ores et déjà dans mon impressionnante  PAL (Pile à Lire) !

 

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La chance de leur vie - Agnès Desarthe (2018)

Agnès Desarthe

 Editeur : Editions de l'Olivier (16 août 2018)

Nombre de pages : 304

Quatrième de couverture : 

Hector, Sylvie et leur fils Lester s'envolent vers les États-Unis. Là-bas, une nouvelle vie les attend. Hector a été nommé professeur dans une université de Caroline du nord. Très vite, son charisme fait des ravages parmi les femmes qui l'entourent.

Fragile, rêveuse, Sylvie n'en observe pas moins avec lucidité les effets produits par le donjuanisme de son mari, tandis que Lester devient le guide d'un groupe d'adolescents qui, comme lui, cherchent à donner une direction à leurs élans.

Pendant ce temps, des attentats meurtriers ont lieu à Paris, et l'Amérique, sans le savoir, s'apprête à élire Donald Trump.

Chez Agnès Desarthe, chaque personnage semble suivre un double cheminement. Car si les corps obéissent à des pulsions irrésistibles, il en va tout autrement des âmes tourmentées par le désir, la honte et les exigences d'une loyauté sans faille.

Mais ce qui frappe le plus dans cet admirable roman où la France est vue à distance, comme à travers un télescope, c'est combien chacun demeure étranger à son propre destin, jusqu'à ce que la vie se charge de lui en révéler le sens.

Ce que j'en ai pensé...

Je vais être brève. Je n'ai pas du tout aimé ce roman et n'ai d'ailleurs lu le dernier tiers qu'en diagonale. Bien qu'une amie "bookstagrammeuse", à qui je fais entièrement confiance, car nous aimons souvent les mêmes livres, ne l'ait guère aimé non plus, le passage d'Agnès Desarthe à La Grande Librairie m'avait quand même donné envie de le lire. De plus, savoir que cette famille partait s'installer en Caroline du Nord avait forcément une résonnance particulière pour moi. En fait, cette famille aurait pu s'installer n'importe où, cela n'aurait rien changé à la trame. Il est bien peu question de Caroline du Nord dans ce livre. En gros, les trois personnages principaux (le père, la mère et le fils), très "convenables" en France, pètent les plombs quand leurs pieds touchent le sol américain, comme si se trouver loin leur donnait carte blanche pour être autre et oublier qui ils sont. Leurs états d'âme ne m'ont tout simplement nullement intéressée et j'ai refermé ce livre avec le sentiment d'avoir perdu mon temps.

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Junkyard Dogs - Craig Johnson (2010)

Craig Johnson

Editeur : Orion (2013) 

Nombre de pages : 352

Edition en français : Molosses - Editions Points (6 mai 2016)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Retrouver le propriétaire d'un pouce déposé au fond d'une glacière dans une décharge : curieuse mission pour le shérif Longmire. L'affaire est corsée par la présence du promoteur multimillionnaire et des deux molosses qui gardent le terrain. Sans compter un jeune couple fleurant bon la marijuana, une charmante vieille institutrice et quelques cadavres bien entiers...

Ce que j'en ai pensé...

Retrouver le shérif Walt Longmire, ses méthodes pas toujours très catholiques, toute la galerie de personnages qui l'entourent et les paysages du Wyoming est toujours un grand plaisir. Celui-ci est le sixième de la série et il est franchement réussi. J'ai particulièrement aimé le fait qu'il se déroule en hiver et me fasse découvrir les Big Horn Mountains sous la neige. Je rêve de les voir en vrai en hiver. Un jour, peut-être...

A lire si vous aimez les bons polars et les grands espaces américains.

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