Gone With The Book...

Millénium 5 - La fille qui rendait coup pour coup - David Lagercrantz (2017)

IMG_5726

Editeur : Actes Sud (7 septembre 2017)

Titre original : Mannen som sökte sin skugga

Quatrième de couverture :

Une enfance violente et de terribles abus ont marqué à jamais la vie de Lisbeth Salander. Le dragon tatoué sur sa peau est un rappel constant de la promesse qu'elle s'est faite de combattre l'injustice sous toutes ses formes. Résultat : elle vient de sauver un enfant autiste, mais est incarcérée dans une prison de haute sécurité pour mise en danger de la vie d'autrui. Lorsqu'elle reçoit la visite de son ancien tuteur, Holger Palmgren, les ombres d'un passé qui continue à la hanter resurgissent. Quelqu'un a remis à Palmgren des documents confidentiels susceptibles d'apporter un nouvel éclairage sur un épisode traumatique de son enfance.

Pourquoi lui faisait-on passer tous ces tests d'intelligence quand elle était petite ? Et pourquoi avait-on essayé de la séparer de sa mère à l'âge de six ans ? Lisbeth comprend rapidement qu'elle n'est pas la seule victime dans l'histoire et que des forces puissantes sont prêtes à tout pour l'empêcher de mettre au jour l'ampleur de la trahison. Avec l'aide de Mikael Blomkvist, elle se lance sur la piste d'abus commis par des officines gouvernementales dans le cadre de recherches génétiques secrètes. Cette fois, rien ne l'empêchera d'aller au bout de la vérité.

Ce que j'en ai pensé...

J'ai longtemps hésité à lire Millenium 4. Ayant adoré la trilogie de Stieg Larsson, je n'avais su résister à cet achat mais je n'arrivais pas à me décider. J'avais bien sûr entendu parler des nombreuses polémiques concernant la publication de ce quatrième volume écrit par un autre après la mort subite de Larsson. Nombre de gens pensaient qu'il était scandaleux de reprendre les personnages de Larsson. Bref,  j'avais envie de retrouver Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist mais j'avais peur d'être déçue.

Reprendre des personnages mythiques, ça marche parfois comme par exemple Sherlock Holmes par mon ami anglais, Anthony Horowitz, encensé par la critique et les puristes, mais ça loupe souvent. Je citerai l'exemple calamiteux de la suite d'Autant en emporte le vent, Scarlett d'Alexandra Ripley, paru en 1991. Un quasi traumatisme pour moi qui vénère ce roman - ce n'est pas pour des prunes que mon blog s'appelle Gone With The Wind ! -.

Finalement, au cours de l'été, je me suis décidée à l'ouvrir et je l'ai dévoré en deux jours. Contrairement à ce que de nombreuses critiques avaient annoncé, les personnages de Lisbeth et Mikael étaient assez fidèles à ceux créés par Larsson et l'intrigue était plutôt bien ficelée. Certes, il manquait un petit truc (le génie ?) par rapport à l'œuvre de Larsson mais en toute sincérité, cela faisait tellement longtemps que j'avais lu la trilogie que cela ne m'avait pas franchement gênée.

Forte de ce succès, c'était donc avec une impatience non dissimulée que j'attendais ce cinquième opus. La sortie était prévue pour le 7 septembre. Le 6 au soir, je suis passée à la librairie en réserver un. Le lendemain, profitant d'un cours annulé, j'étais à la librairie à 10h15 alors qu'elle ouvre à 10h ! Je ne pouvais guère faire plus vite ! À la librairie, petite conversation avec la libraire, qui attendait, elle aussi, avec impatience de le commencer. Nous avons parlé du 4 et elle m'a fait part de la réflexion de son compagnon, que j'ai trouvée assez intéressante. Après avoir terminé le 4, il avait dit qu'il aurait adoré le bouquin s'il n'y avait pas eu écrit Millénium dessus... En d'autres termes, un excellent thriller mais pas digne de la trilogie. Elle, pensait plutôt comme moi. Elle trouvait que cette suite était fidèle à l'esprit des premiers.
À la pause déjeuner, trépignant d'impatience, je l'ai ouvert... et je l'ai refermé samedi dernier, le 16 septembre... 9 jours pour le lire... mauvaise mayonnaise ! Certes, mon rythme de travail intensif a repris et j'ai un peu tendance à m'endormir le soir mais quand même, quand un thriller est haletant, je ne m'endors pas !

Que vous dire sans m'énerver ? D'abord un mot sur le titre français - et anglais aussi d'ailleurs - . Pourquoi diable La fille qui rendait coup pour coup quand l'original veut grosso modo dire L'homme qui suit son ombre ? Si vous avez lu le 4, ce titre et la couverture peuvent vous laisser imaginer que l'autre fille va être Camille... Et non ! Je vais dire que tout est bâclé dans ce roman. L'intrigue prend l'eau à de nombreuses reprises (embêtant pour un thriller !), Lisbeth et Mikael ne sont que des figurants dans cette histoire qui tourne en rond, tourne en rond et la fin, oh la fin, grrrrrr!!! Elle est où la fin ?!

Bref, si vous êtes fans de Millénium, vous serez sans doute déçus comme moi à moins, je pense, de n'être sous l'emprise d'une drogue dont vous voudrez bien me faire parvenir un échantillon !

Toute ce cinéma orchestré par l'éditeur suédois et par extension par les éditeurs des diverses traductions dans le monde pour la sortie du livre n'avait finalement peut-être qu'un but... nous cacher que le bouquin n'est pas à la hauteur des attentes et nous le faire acheter quand même ! Et moi, comme une imbécile naïve que je suis encore trop souvent, j'ai marché au quart de tour !

 

 

Posté par annelb à 21:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Storia di chi fugge e di chi resta - Elena Ferrante (2013)

Ferrante

Editeur : e/o (1 octobre 2013)

Titre français : Celle qui fuit et celle qui reste - L'amie prodigieuse, III - Editeur : Gallimard (3 janvier 2017)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Après L'amie prodigieuse et Le nouveau nom, Celle qui fuit et celle qui reste est la suite de la formidable saga dans laquelle Elena Ferrante raconte cinquante ans d'histoire italienne et d'amitié entre ses deux héroïnes, Elena et Lila. Pour Elena, comme pour l'Italie, une période de grands bouleversements s'ouvre. Nous sommes à la fin des années soixante, les événements de 1968 s'annoncent, les mouvements féministes et protestataires s'organisent, et Elena, diplômée de l'École normale de Pise et entourée d'universitaires, est au premier rang. Même si les choix de Lila sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d'amour et de haine, telles deux soeurs qui se ressembleraient trop. Et, une nouvelle fois, les circonstances vont les rapprocher, puis les éloigner, au cours de cette tumultueuse traversée des années soixante-dix. Celle qui fuit et celle qui reste n'a rien à envier à ses deux prédécesseurs. À la dimension historique et intime s'ajoute même un volet politique, puisque les dix années que couvre le roman sont cruciales pour l'Italie, un pays en transformation, en marche vers la modernité.

Ce que j'en ai pensé...

Ça y est, je l'ai enfin lu ! Et pas de doute, c'est celui des trois que j'ai préféré. Autant j'avais trouvé quelques temps morts dans le deuxième tome, autant celui-ci m'a vraiment enthousiasmée. L'époque traversée est une page tellement passionnante et chargée de l'histoire italienne et c'est à nouveau avec brio que Ferrante la fait traverser à ses personnages. Comment ne pas continuer à détester l'arrogance de Lila/Lina tout en l'admirant un peu et comment ne pas admirer l'émancipation de Lena/Lenù tout en détestant un peu ses renoncements et ses états d'âme ? Comment ne pas se passionner pour cette amitié/inimitié qui n'en finit pas de s'interrompre ? Comment ne pas vouloir savoir laquelle des deux prévaudra et rendre l'autre jalouse de son sort ?

Je suis à un moment tombée sur un passage, qui , pour moi, résume parfaitement la relation entre Lena et Lila et qui doit donner à peu près ça en français (à l'occasion, je vérifierai dans une édition française): "Je sentis que je ne réussirai jamais à me libérer de cette position subalterne et cela me sembla insupportable". Chaque fois que cette pauvre Lena pense qu'elle a échappé à son destin et que son sort est bien plus enviable que celui de Lila, l'autre lui balance une nouvelle à la figure qui la remet en piste pour le prix de la plus belle réussite. Pauvre Lenù !

C'est sûr et certain, je vais lire le quatrième tome dans les semaines qui viennent et pour une fois, j'aurai un train d'avance plutôt que de retard puisqu'il ne sortira en France qu'en 2018, je crois. Bon, ceci dit, je serai toujours à la traîne par rapport aux bookstagrammeurs/-euses anglosaxons que je suis sur Instagram puisque cela fait déjà deux ans qu'il est sorti en anglais ! A bientôt donc !

 

Ferrante 2

 

Posté par annelb à 19:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Commonwealth - Ann Patchett (2016)

commonwealth

Editeur : Harper (13 septembre 2016)

Pas encore publié en français.

Traduction libre de la quatrième de couverture de l'édition américaine :

L'auteure à succès très applaudie de la critique et gagnante du prix PEN/Faulkner et du Orange Prize nous raconte l'histoire passionnante d'une rencontre inattendue qui va irrévocablement changer la vie de deux familles. 

Un dimanche après-midi dans le sud de la Californie, Bert Cousins se présente sans y être invité à la fête pour le baptême de Franny Keating. Avant la fin de la journée, il aura embrassé la mère de Franny, Beverly, enclenchant ainsi la dissolution de leurs mariages respectifs et la réunion de deux familles.

Prenant place sur cinq décennies, Commonwealth explore les conséquences de cette rencontre fortuite pour les quatre parents et les six enfants impliqués. Alors qu'ils passent leurs étés ensemble en Virginie, les enfants Cousins et Keating vont tisser des liens durables basés sur une désillusion partagée de leurs parents et l'étrange mais réelle affection qui va se développer entre eux.

Quand, âgée d'une vingtaine d'années, Franny tombe amoureuse du légendaire écrivain Leon Posen et lui parle de sa famille, elle va perdre le contrôle de l'histoire de ses frères et soeurs. Leur enfance devient la trame d'un livre au succès phénoménal, les obligeant finalement à faire face avec leurs pertes, leur culpabilité et le lien de profonde loyauté qu'ils partagent.

A la fois drôle et profondément triste, Commonwealth est une réflexion sur l'inspiration, l'interprétation et le fait de posséder sa propre histoire. C'est un récit brillant et tendre des liens importants d'amour et de responsabilité qui nous unissent.

Ce que j'en ai pensé...

Après Fates and Furies, Les Furies en français, lu et adoré il y a quelques semaines, voici un autre roman recommandé par Barak Obama et oh my God ! une autre pépite ! Il devrait se reconvertir en critique littéraire ! Je ne connaissais pas Ann Patchett, qui en est à son septième roman, dont seulement trois, apparemment, ont été traduits en français. Ce roman m'a vraiment captivée et bouleversée.

Pour commencer, sa construction relève du génie. Chaque chapitre nous emmène dans un ordre aléatoire à des périodes différentes au cours des cinq décennies que dure l'histoire et nous apporte son lot de révélations. Petit à petit, on assemble les morceaux du puzzle. C'était déjà un aspect qui m'avait beaucoup plus dans Fates and Furies et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle Obama avait cité ces deux romans ensemble car lui aussi trouvait la construction intelligente. Ensuite, comme souvent dans la littérature américaine - je l'ai déjà dit ici mais répétons-nous ! -, les personnages sont minutieusement décrits, chaque aspect de leur personnalité est fouillé et rien ne nous échappe, le tout sans longueurs, sans mots inutiles.

L'action se passe à la fois en Californie, l'état qui symbolise le plus le rêve américain, et la Virginie, l'un des quatres états américains désignés comme "commonwealth" avec le Massachussets, le Kentucky et la Pennsylvanie. Ces états, de par leur histoire, bénéficient en effet d'un statut d'autonomie particulier. En ce qui concerne la Virginie, elle le doit au fait qu'elle fut le premier état déclaré de l'Union. Mais l'Amérique même est une communauté d'états et on peut voir le parallèle avec la réunion des enfants Cousins et Keating qui unissent leurs forces - un peu trop peut-être... - face au destin. J'ai rarement lu un roman où les relations entre frères et soeurs soient analysées avec autant de discernement. A priori, ils avaient tout pour se détester comme se détestent souvent les demi-frères et soeurs qui se retrouvent à partager une vie que les divorces et remariages de leurs parents leur imposent mais ces six-là vont créer des liens indissolubles, qui les mèneront très, très loin...

Vous l'aurez compris, Commonwealth est un véritable coup de coeur pour moi et à l'occasion, j'essaierai de lire autre chose d'Ann Patchett car j'ai vraiment beaucoup aimé son style. J'espère que ce bijou sera traduit et publié en français avant trop longtemps. En attendant, si vous lisez en anglais, foncez !

 

 

 

Posté par annelb à 21:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Le 1 - Nouvelles 2016 et 2017

 

le 1 2016

Editeur : Le 1 en partenariat avec France 5 et La Grande Librairie

Nouvelles présentées par François Busnel et Eric Fottorino

Le premier volume de ces nouvelles publiées avant l'été sur le thème de l'ailleurs m'avait échappé l'année dernière. Je me suis donc rattrapée cette année en lisant le volume de l'année dernière et celui de cette année. De grands noms de la littérature appelés à contribuer à la rédaction de ces courts volumes pour un résultat très inégal, je dois dire. Dans le volume 2016, je n'en ai guère apprécié que quatre, celles d'Irène Frain, de Nancy Huston, de Marie-Hélène Lafon (j'aime tout ce qu'écrit Marie-Hélène Lafon !) et de Michel Quint. Dans le volume 2017, six ont retenu mon attention: celles de Lydie Salvayre, J.M.G. Le Clézio (magnifique !), Nathacha Appanah, Karine Tuil, Medin Arditi et Véronique Ovaldé. Ce sont toutes des nouvelles très courtes, que l'on peut donc lire rapidement. Je ne suis pas très sûre d'y avoir vu le fil conducteur dans toutes. Certaines, malgré toute l'apréciation que j'ai pour les auteurs tels Erri de Luca et Dany Laferrière, m'ont franchement laissée perplexes Quoiqu'il en soit, pour 6,90€ le volume, cela valait quand même le coup de se les procurer et au passage de découvrir deux, trois auteurs que je n'avais jamais lu. On verra l'année prochaine...

le 1 2017

 

Posté par annelb à 20:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Venise n'est pas en Italie - Ivan Calbérac (2015)

Venise

Editeur : Le Livre de Poche (1er février 2017)

Quatrième de couverture :

Émile a quinze ans. Il vit à Montargis, entre un père doux-dingue et une mère qui lui teint les cheveux en blond depuis toujours, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça. Quand la fille qui lui plaît plus que tout l'invite à Venise pour les vacances, il est fou de joie. Seul problème, ses parents décident de l'accompagner...
C'est l'histoire d'une famille inclassable, l'histoire d'un premier amour, miraculeux et fragile, d'un voyage initiatique et rocambolesque où la vie prend souvent au dépourvu, mais où Venise, elle, sera au rendez-vous.
Un roman dans la lignée de La vie devant soi , du film Little Miss Sunshine, où l'humour se mêle à l'émotion.
                                                                                                                                                                                                     Ce que j'en ai pensé...
                                                                                                                                                                                              Jolie petite lecture estivale, un peu douce-amère. Derrière l'ironie du narrateur, on sent une blessure, celle principalement de l'adolescence, l'âge où l'on se trouve nul, moche, où l'on a honte de ses parents, peur de parler au sexe opposé, peur d'avoir l'air cloche, peur de tout en fait... On est tous passés par là... C'est frais, sans grande prétention et ça se lit comme on mange une glace au chocolat, ça glisse tout seul ! Et puis, en ce qui me concerne, n'importe quel roman m'emmenant faire un tour dans la Sérenissime a toujours un peu mes faveurs.
                                                                                                                                                                                           Venise, j'y vais régulièrement depuis 34 ans - si j'exclus une toute première fois quand j'avais 8 ans et dont je ne me souviens pas énormément -. J'ai eu la chance de découvrir Venise avec des Vénitiens et c'est un bonheur renouvelé depuis lors. J'ai vu Venise sous un soleil brûlant, sous la pluie, dans le brouillard, sous la neige - magique ! -, j'y ai eu froid à mourir, chaud à crever aussi, j'y ai vécu le Carnaval, la Fête du Rédempteur, une Saint-Sylvestre, un mariage, d'innombrables fêtes et dîners, j'y ai été heureuse, malheureuse, amoureuse, célibataire, en couple, en famille, j'y ai marché des kilomètres et kilomètres à pied, j'y ai attrapé des ampoules montrueuses, j'y ai affronté l'acqua alta avec bottes et bonne humeur, j'y ai combattu les moustiques l'été, j'y ai dégusté des tonnes de cichetti ("tapas" à la vénitienne), j'y ai arpenté son cimetière unique à la recherche de tombes célèbres et pour rendre hommage à des amis perdus, j'y ai monté et descendu le Canal Grande en vaporetto un nombre de fois incalculable, j'y ai visité un nombre d'églises tout aussi incalculable, j'y ai bu des verres de prosecco au comptoir d'un nombre de bars de plus en plus incalculable (non, non, je ne suis pas  alcoolique, ça fait partie de la culture de se retrouver le soir entre amis pour prendre un apéritif avant de rentrer dîner !), j'y ai visité les îles de la lagune, bref, j'y ai passé beaucoup, beaucoup de temps et je ne m'en lasse jamais. Ces dernières années toutefois, le tourisme de masse développé à l'extrême est en train de tuer ma Venise à petit feu et je bous de rage quand j'y retourne. J'ai parfois des envies de meurtre quand je vois ces paquebots géants défigurer le Canal de la Giudecca et mettre en danger le fragile équilibre de la ville, ou quand je constate qu'un commerce de proximité que je connaissais depuis des lustres est remplacé par un énième commerce de pacotilles tenu par des Chinois. Je vous rassure, je ne passerai sans doute pas à l'acte mais en attendant, je soutiens du mieux que je peux une association qui se bat depuis plusieurs années pour, dans un premier temps, mettre fin à l'arrivée massive de ces monstrueux bateaux de croisière et pour établir un nombre maximum d'entrées de touristes par jour. Ce n'est pas gagné car les enjeux économiques sont énormes. Les voix des Vénitiens commencent à s'élever mais le monde n'entend pas, ou tout du moins n'entend pas assez. J'ai tellement peur que tout cela se termine en une épouvantable tragédie et je souffre à l'avance pour ce que j'aurai perdu, pour ce que mes amis vénitiens auront perdu, pour ce que l'humanité aura perdu.
                                                                                                                                                                                                     Alors s'il y a bien un aspect de ce petit roman sympathique, qui m'a émue, c'est quand Emile découvre Venise avec toute son innocence car je me suis revue il y a 34 ans avec cette même innocence et ce même bonheur de découvrir cette merveille qu'est Venezia.
                                                                                                                                                                                                 "Ça m'a fait l'effet d'une oeuvre d'art, mais dépassant tout ce que j'aurais pu imaginer. Je vous jure, cette ville, fallait y penser. La beauté, la poésie, la grâce, tout ce dont on nous prive à longueur de journée, parce que la vie doit être pratique, organisée, et qu'il faut inverser la courbe de la croissance, ou du chômage, et aussi relancer la consommation des ménages, vous savez, toutes ces phrases du journal de 20 Heures qui nous éloignent du bonheur en nous le promettant à chaque instant, eh bien ici, dans chaque ruelle, sur chaque petit pont, tout vous suffit, il n'y a plus de promesse, c'est devant vous, offert à votre regard, et il ne reste qu'à s'agenouiller et remercier. Venise, c'est une raison d'y croire, et il n'y en a pas souvent."

Posté par annelb à 17:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Radiographie - Laurent Ruquier (2014)

ruquier

Editeur : Le Livre de Poche (13 avril 2016)

Quatrième de couverture :

Pudique et discret, Laurent Ruquier s'était, jusqu'à ce jour, très peu dévoilé. Pour la première fois ici, il prend la plume afin de se raconter. Sa passion de la radio en fil conducteur, il revisite son enfance, son incroyable carrière, et revient sur les étapes qui ont construit l'homme de radio et de télévision qu'il est devenu. Premiers pas, rencontres déterminantes, amitiés décisives, succès et échecs, Laurent Ruquier retrace son parcours personnel, multipliant, avec l'humour qu'on lui connaît, les anecdotes plus savoureuses les unes que les autres. De sa jeunesse dans une famille modeste du Havre jusqu'aux coulisses du monde des médias, le livre intime d'un animateur indépendant, un homme des ondes populaire et sans langue de bois. Montez le son, ça va commencer...
Ce que j'en ai pensé...
 
Lu avec plaisir en quelques heures à la plage, je n'en ai pas grand chose à dire. Ce n'est ni bon ni mauvais. Dans le genre autobiographie de personne célèbre, celle-ci a au moins l'avantage d'avoir vraiment été écrite par Ruquier et d'être honnête. Les pages sur son enfance et adolescence sont assez touchantes, je dois dire. Ce n'est pas de la grande littérature mais c'est aussi pour cela que je l'avais emportée à la page !
Il se trouve que je voue une certaine admiration à Laurent Ruquier, qui vient de rien et ne l'oublie jamais, ce qui n'est pas le cas de bien des gens dans le milieu du show-biz. Il se trouve aussi que je suis une fan absolue des Grosses Têtes sur RTL que j'écoute religieusement en podcast tous les jours dans ma voiture. En cette période estivale, je n'ai que les "Best of" à me mettre sous la dent et j'ai hâte que l'émission reprenne à la rentrée, alors en attendant, passer un moment à lire le parcours de Ruquier m'a fait patienter un peu. Je dois dire qu'il rappelle un certain nombre de vannes assez osées faites à l'antenne des diverses radios où il est passé qui m'ont vraiment bien fait marrer ! Son humour n'est peut-être apprécié de tous et je sais qu'il a de nombreux détracteurs mais je n'en fais pas partie. J'aime son humour et j'apprécie la plupart des gens dont il s'entoure dans son émission. c'est ma récréation quotidienne et vivement la rentrée pour les retrouver sur RTL !

Posté par annelb à 19:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

The Bean Trees - Barbara Kingsolver (1998)

sans-titre

Editeur : Harper & Collins e-books (17 mars 2009)

Titre français : L'arbre aux haricots - Editeur : Rivages Poche (24 septembre 2014)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Taylor Greer n'a pas l'intention de finir ses jours dans le Kentucky, où les filles sont mères avant d'apprendre leurs tables de multiplication. Le jour où elle quitte le comté de Pittman au volant de sa coccinelle Volkswagen, elle est bien décidée à rouler vers l'Ouest jusqu'à ce que sa voiture rende l'âme. Mais, dans le désert de l'Oklahoma, sur le parking d'un bar, elle trouve une petite Indienne. Ce mystérieux cadeau du destin va changer radicalement son existence. Premier roman de Barbara Kingsolver, L'arbre aux haricots a connu un succès immédiat dans le monde entier, devenant un classique de la littérayture contemporaine.

Ce que j'en ai pensé...

Pourquoi ai-je attendu presque 20 ans pour lire ce roman ? Mystère et boule de gomme si ce n'est qu'il y a tant de choses à lire en ce monde... C'est en lisant un article récent dans le New York Times sur les livres contemporains, qui font désormais partie des listes de lectures d'été requises pour les lycéens et étudiants universitaires de première année aux Etats-Unis, que je me suis aperçue que Barbara Kingsolver faisait désormais partie des classiques, avec en particulier ce roman, que je me promettais de lire depuis sa sortie. Erreur réparée donc et j'en suis ravie. J'ai vraiment passé un bon moment avec ce roman dont le fond est l'amour et l'amitié que l'on peut vouer à des êtres avec lesquels nous ne partageons aucun lien de sang, l'abandon et l'appartenance et la découverte de ressources intérieures ignorées quand la vie l'exige. C'est vraiment un de ces très, très puissants romans américains comme je les aime, qui ne laisse aucun détail concernant les personnages au hasard et qui de surcroît nous fait traverser une partie des Etats-Unis, même si elle n'est pas exactement la plus excitante ! Les pages décrivant la découverte de l'Oklahoma par Taylor sont vraiment très drôles et m'ont rappelé cette blague classique aux Etats-Unis qui consiste à se demander pourquoi les chauffeurs routiers préfèrent traverser l'Oklahoma la nuit... pour pouvoir dormir en même temps bien sûr ! J'ai aussi reconnu dans le personnage de Taylor certaines de mes élèves de Haywood County en Caroline du Nord, qui auraient préféré mourir que vivre le destin de beaucoup de leurs camarades de classe - abandon de l'école, grossesses précoces, vies gâchées... - tout comme Taylor à Pittman County.  Le Kentucky n'est plus tout à fait le Vieux Sud mais les mentalités et une certaine misère humaine n'y sont guère différentes. Je ne manquerai pas de lire la suite, sans attendre 20 ans si possible !

Posté par annelb à 19:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Croire au merveilleux - Christophe Ono-Dit-Biot (2017)

croire

 Editeur : Gallimard - Collection Blanche (9 mars 2017)

 Quatrième de couverture :

 "Je veux bien avoir été distrait ces temps-ci, mais je sais que si j'avais croisé cette fille-là dans l'ascenseur ou le hall d'entrée, je m'en serais souvenu. Et puisque je me souviens d'elle, c'est que je l'ai vue ailleurs".

 César a décidé de mourir. Mais une jeune femme sonne à sa porte et contrarie ses plans. Etudiante en architecture, grecque, elle se prétend sa voisine, alors qu'il ne l'a jamais vue. En est-il si sûr ? Pourquoi se montre-t-elle si prévenante envers lui, quadragénaire en deuil de Paz, la femme aimée, persuadé qu'il n'arrivera pas à rendre heureux l'enfant qu'ils ont eu ensemble, et qui lui ressemble tant ? Pourquoi est-elle si intéressée par sa bibliothèque d'auteurs antiques ? D'un Paris meurtri aux rivages solaires de l'Italie en passant par quelques îles proches et lointaines, Croire au merveilleux, en dialogue intime avec Plonger, est l'histoire d'un homme sauvé par son enfance et le pouvoir des mythes. Un homme qui va comprendre qu'il est peut-être temps, enfin, de devenir un père. Et de transmettre ce qu'il a de plus cher. 

Ce que j'en ai pensé...

J'avais adoré Plonger et j'ai tout autant adoré la suite que j'ai dévoré en quelques heures. Je trouve fascinant qu'un homme puisse écrire des pages si puissantes, si poétiques sur l'amour et le manque de l'être aimé. Sans doute parce que je n'ai pas eu la chance d'en rencontrer un comme ça... Je souhaitais ardemment que César sorte de son deuil profond, pour qu'il réalise à quel point son fils avait besoin de lui mais en même temps (décidément, moi aussi, j'aime cette expression, serai-je atteinte de macronite aigüe ?!), j'étais perturbée par l'arrivée de cette Nana dans le tableau. Etait-elle vraiment la personne adéquate pour que César réapprenne à vivre après la mort de Paz ?  La fin m

'a en quelque sorte rassurée... Non, non, je ne la gâcherai (pardon ! spoilerai pour être moderne) pas ! Ce roman est aussi une jolie incursion érudite dans l'Antiquité et ses légendes, qui, pourtant, ne sont pas habituellement ma tasse de thé, mais le style narratif rend les choses très fluides et tout glisse à merveille. En prime, ce roman m'a ramenée sur cette magnifique Côte Amalfitaine dont je suis tombée amoureuse l'année dernière et où je ne tarderai pas à retourner. 

Quand les journalistes tournent leur plume vers la littérature, ce n'est pas toujours réussi. Ce n'est pas le cas de Christophe Ono-Dit-Biot, dont l'écriture est absolument magnifique. De plus, c'est quelqu'un de très sympa et très accessible. J'ai eu la chance d'échanger quelques mots avec lui au dernier Festival du Livre de Nice et j'en garde un agréable souvenir et petit détail supplémentaire... il est carrément canon, ce qui ne gâche rien à l'affaire !!!

Alors oserai-je encore "croire au merveilleux" après la lecture de ce livre ? Sans doure, mon cher M. Ono-Dit-Biot, sans doute...

dédicace

 

 

extrait

Posté par annelb à 17:30 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,

The Girls - Emma Cline (2016)

girls

Editeur : Random House

Titre français : The Girls - Editeur La Table Ronde (25 août 2016)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n'a que Connie, son amie d'enfance. Lorsqu'une dispute les sépare au début de l'été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l'atmosphère d'abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l'aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle d'une secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l'adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s'y faire accepter. Tandis qu'elle passe de moins en moins de temps chez sa mère et que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s'aperçoit pas quelle s'approche inéluctablement dune violence impensable. Dense et rythmé, le premier roman d Emma Cline est saisissant de perspicacité psychologique. Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, il est un portrait remarquable des filles comme des femmes qu'elles deviennent.

Ce que j'en ai pensé...

Les filles, c'est comme ça que ma mère parle des trois poupées de mon enfance, qui sont toujours dans la chambre que j'occupe chez elle quand j'y suis et qui sont celles que j'avais sous le nez en lisant ce livre... mais croyez-moi, les "girls" de ce roman n'ont rien à voir avec celles de mon enfance ! Attention, roman dérangeant et décoiffant s'il en est ! J'ai hésité à le lire, je craignais de me trouver face à des situations morbides mais ce ne fut pas le cas; c'est avec une certaine poésie qu'Emma Cline nous entraîne à la suite de cette Evie qui se cherche comme toute ado de 14 ans et qui malheureusement va croiser ces " bad girls", qui l'embarqueront dans un trip plus que scabreux qui façonnera le reste de sa vie.  

Inspiré par les évènements liés à la secte de Charles Manson à la fin des années 60 et à l'assassinat de Sharon Tate, alors compagne de Roman Polanski, j'imaginais bien que ce roman ne serait pas léger mais je n'avais pas anticipé son exigeance, à la fois psychologique et stylistique. Je l'ai à la fois lu avec plaisir, parce que c'est formidablement bien écrit, et en même temps avec difficulté car parfois, les situations devenaient tellement dérangeantes que j'étais obligée de m'arrêter et de reprendre mon souffle pendant quelques heures. Je savais bien sûr vers quoi Evie était embarquée et je me disais presque, quand je faisais des pauses, que peut-être cela ferait ralentir l'inéluctable course en avant vers la violence.

Ce roman capture avec subtilité toute la difficulté qu'il y a à être adolescente et à trouver son chemin sans tomber dans de sombres excès et j'ai trouvé incroyable qu'une auteur si jeune ait pu écrire un livre si fin du point de vue de l'analyse psychologique des personnages mais aussi si parfait quant aux détails de l'époque. On plonge vraiment dans l'ambiance des années 60 et chaque détail est parfaitement dans son contexte, c'est vraiment remarquable.  Il sera intéressant de voir ce qu'Emma Cline publiera à la suite de ce premier roman très, très fort.

 

Posté par annelb à 19:26 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

Mal di pietre - Milena Agus (2006)

Agus

Editeur : Nottetempo

Titre français : Mal de pierres - Editeur Le Livre de Poche (7 janvier 2009)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Au centre, l’héroïne : une jeune Sarde étrange « aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses ». Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie...  À l’arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une extraordinaire finesse : le mari, épousé sans amour, sensuel, taciturne, à jamais méconnu ; le Rescapé, brève rencontre sur le continent, qui lui laisse une empreinte indélébile ; le fils, inespéré, et futur pianiste ; enfin, la petite-fille, la narratrice de cette histoire, la seule qui permettra à l’héroïne de se révéler dans sa vérité. Mais sait-on jamais tout de quelqu’un, aussi proche soit-il ?

Ce que j'en ai pensé...

Court roman de Milena Argus, dont certains d'entre vous auront peut-être entendu parler par l'intermédiaire du film de Nicole Garcia avec Marion Cotillard, sorti en 2016 en France, mais intense, très intense... De ceux dont les personnages vous habitent pendant de longs jours... Sans doute parce que derrière ce jeu d'ombres et lumières ,on se reconnaît tous un peu. Nous ne sommes jamais vraiment ce que les autres, même très proches, pensent que nous sommes et ce très beau roman en est l'illustration parfaite. J'ai adoré le côté "Gabriel García Marquez" dans ce roman. L'auteur nous présente, au fil des pages, des personnages apparemment banals et petit à petit, ils entrent dans une dimension un peu surréaliste, qui, personnellement, m'ont rappelé des pages de Cent ans de solitude ou de L'amour au temps du choléra. L'autre parallèle que l'on pourrait faire avec le grand auteur colombien tient au lieu où se déroule l'histoire, la Sardaigne. La Sardaigne, comme la Corse, est une terre dure, violente, difficile à sonder pour l'étranger qui s'y aventure, mais riche de traditions, de légendes, de superstitions comme celles que l'on peut trouver en Amérique Latine. Je vois par exemple beaucoup de similarités entre les revendications - et je m'en tiens à l'aspect philosophique et non politique de ces dernières - des membres des FARC ou du Sentier Kumineux et celles des indépendantistes corse ou sardes mais cet avis n'engage que moi et nous éloigne du sujet du roman. Je vous invite vraiment à découvrir cette femme, sa vie, son mariage, ses amours, son "mal de pierres", des calculs rénaux, qui vont s'avérer déterminants dans sa vie. Ce roman se lit très vite mais je parie déjà qu'il ne s'oublie pas de si tôt. Je n'avais encore rien lu de Milena Agus mais c'est sûr, la prochaine fois que je pénètre dans une libraiorie transalpine, je ressortirai avec  autre chose d'elle !

Posté par annelb à 12:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,