Gone With The Book...

Je me souviens - Boris Cyrulnik (2010)

Cyrulnik

Quatrième de couverture :

"Ça fait soixante-quatre ans que je n'ai rien pu dire, c'est la première fois que je le fais.

Je me rappelle, j'habitais ici. Et puis un jour, ou plutôt une nuit - c'était tôt le matin quand j'ai été arrêté -, la rue a été barrée de chaque côté par des soldats en armes. C'étaient des Allemands, mais j'ai été arrêté par la police française. Il y avait des camions en travers de la rue et puis, devant la porte, une traction avant avec des inspecteurs en civil, des inspecteurs français qui étaient là pour arrêter un enfant de six ans et demi !" B. C.

Boris Cyrulnik évoque, dans ce livre très personnel, son enfance, son arrestation, son évasion et surtout l'insoumission aux hommes et aux idées.

Ce que j'en ai pensé...

Ces dernières années, à chaque fois que je voyais Boris Cyrulnik à La Grande Librairie, j'adorais l'écouter et à chaque fois, je me disais qu'il savait présenter des informations très complexes avec une facilité étonnante. La neuropsychiatrie n'est pas exactement ma spécialité et pourtant quand je l'écoute, j'ai l'impression d'être un peu psychiatre moi-même ! C'est à l'occasion du Festival du Livre de Nice en juin dernier que j'ai eu l'occasion d'assister à une de ses conférences - passionnante, sur le thème de l'attachement et de la spiritualité - et de le rencontrer. Ce fut aussi l'occasion de me procurer deux de ses ouvrages car j'avais beau adorer l'écouter, je ne l'avais toujours pas lu. C'est chose faite avec ce court ouvrage d'environ 80 pages qu'il consacre au récit de l'épouvantable expérience qu'il a vécu en 1944, qui a été d'être arrêté à l'âge de six ans et demi. Le petit Cyrulnik était déjà un être exceptionnel (mon opinion mais sûrement pas que la mienne !) et a réussi à s'évader. Ce livre est aussi l'occasion pour Cyrulnik de se pencher sur la mémoire et la façon dont elle opère quand un enfant vit un épisode traumatique. Très, très intéressant. Ne passez pas à côté !

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Novecento (1994) - Smith & Wesson (2014) - Emmaus (2009) - Alessandro Baricco

Baricco

Novecento / Quatrième de couverture de l'édition française (Novecento : Pianiste):

Né lors d'une traversée, Novecento, à trente ans, n'a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l'Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt huit touches noires et blanches d'un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n'appartient qu'à lui : la musique de l'Océan dont l'écho se répand dans tous les ports.Sous la forme d'un monologue poétique, Baricco allie l'enchantement de la fable aux métaphores vertigineuses

Smith & Wesson / Pas traduit en français - Traduction libre de la deuxième  de couverture de l'édition italienne:

Tom Smith et Jerry Wesson se rencontrent devant les chutes du Niagara en 1902. Leurs noms et prénoms appellent à vivre une aventure en commun. Et cette aventure se présente sous la forme de Rachel, une très jeune journaliste qui veut une histoire mémorable et qui sait qu'elle peut écrire cette histoire. Elle a besoin d'un exploit à raconter et avant de le raconter, elle est prête à le vivre. Pour ce faire, elle a besoin de Smith et Wesson, deux escrocs ratés des plus vulgaires, que Rachel décide de mêler à son sens de l'imagination et de l'aventure. Il faut aussi un tonneau, un tonneau pour la bière, dans lequel on puisse rentrer pour ensuite se laisser emporter par le courant. Personne ne l'a jamais fait. Personne n'a jamais descendu les chutes du Niagara dans un tonneau de bière. Nous sommes le 21 juin 1902. Pourra-t-on jamais plus jamais oublier le nom de Rachel Green ? Et est-ce que ce sera vraiment elle qui racontera cette histoire ? 

Emmaus /  Quatrième de couverture de l'édition française (Emmaüs):

Quatre garçons, une fille : d’un côté, le narrateur, le Saint, Luca et Bobby, et, de l’autre, Andre. Elle est riche, belle, et elle distribue généreusement ses faveurs. Ils ont dix-huit ans comme elle, sont avant tout catholiques, fervents voire intégristes. Musiciens, ils forment un groupe qui anime les services à l’église et passent une partie de leur temps libre à assister les personnes âgées de l'hospice. Alors qu’elle incarne la luxure, Andre les fascine, ils en sont tous les quatre amoureux. La tentation est forte mais le prix à payer sera lui aussi considérable. Alessandro Baricco nous offre son récit le plus personnel, à la fois peinture de l'Italie des années 1970, roman d'apprentissage et subtile réflexion sur le réel et l'idéal.

Ce que j'en ai pensé...

Tout d'abord, je me dois de remercier mes amies Elena et Mary, qui m'ont fait découvrir Alessandro Baricco il y a quelques années grâce au magnifique Seta (Soie en français). Depuis, au cours de diverses visites dans des librairies italiennes, j'avais accumulé trois autres titres de Baricco et ils m'attendaient sagement dans ma PAL ! La semaine dernière, j'ai décidé de m'attaquer aux trois l'un derrière l'autre. Et ce fut une belle idée ! Car bien qu'il s'agisse de trois textes radicalement différents, je n'en ai pas moins trouvé un fil conducteur. En effet, ils se posent tous la question du sens de la vie.

Le premier, Novecento, est un monologue que Baricco avait au départ écrit pour un acteur qui en fit une première lecture sur scèneau Festival d'Asti en 1994 et qui finalement a été publié. Ce n'est ni un roman, ni une pièce de théâtre. C'est très poétique et assez surréaliste, ce qui semble être la marque de Baricco, mais cela se lit comme un roman. Cette histoire de pianiste qui naît sur un paquebot et finit par y passer toute sa vie est vraiment touchante et on ne peut s'empêcher en la lisant de se poser la question de savoir pourquoi on vit et ce qui rend les gens heureux. Il est à noter que Giuseppe Tornatore en a tiré un film qui s'intitule en français La légende du pianiste sur l'océan. Je ne l'ai jamais vu mais j'essaierai de me le procurer à l'occasion.

Le deuxième, Smith & Wesson, malheureusement pas traduit de l'italien, est écrit sous la forme d'une pièce de théâtre mais je ne pense pas qu'elle ait vocation à être jouée. C'est une histoire complètement loufoque qui réunit des personnages tous un peu allumés autour d'un projet totalement improbable -celui de descendre les chutes du Niagara dans un tonneau -. C'est drôle à rire aux éclats mais derrière les rires se cachent à nouveau la question pour ces personnages paumés de trouver une raison de vivre.

Enfin, le troisième, Emmaüs, est un roman d'initiation à la vie, dont j'ai lu qu'il était probablement le plus personnel de Baricco. Le parcours de ces quatre adolescents, tous un peu coincés par leur éducation dans des familles catholiques à la limite de l'intégrisme et dont les premiers émois de l'adolescence coincident avec l'entrée dans leur vie de la belle et sulfureuse Andre, prend vraiment aux tripes et la lente descente aux enfers qu'ils vont vivre ne pourra pas vous laisser indifférents. Là encore, le narrateur (Baricco ?) se pose de nombreuses questions sur le sens à donner à sa vie, en particulier au vu de qu'il arrive à ses camarades.

J'ai d'ores et déjà trois autres romans de Baricco sur ma liste d'envies et je ne manquerai pas de vous reparler de ce très talentueux auteur contemporain italien. A découvrir absolument si vous ne l'avez pas encore fait.  

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Le monde ne tourne pas rond, ma petite-fille - Sonia Mabrouk (2017)

sonia

Quatrième de couverture

« Il faut que je te parle, Sonia.» Tout a commencé par un simple coup de fil. Depuis ce moment, nous avons entretenu un lien quotidien. Douce, discrète et bienveillante, Delenda s'est toujours occupée de sa famille sans jamais se plaindre. Aux yeux de tous, mamie est une grand-mère ordinaire. En apparence. Et en apparence seulement. Car depuis quelque temps, un véritable volcan s'est réveillé.

« Tous ces débats sur l'islam, les femmes, la laïcité, l'identité, le terrorisme, tout ! Je veux qu'on en parle sans tabous. D'une grand-mère à sa petite-fille.» Delenda veut comprendre ce qui se passe en France.

C'est une histoire personnelle et universelle que je vais vous raconter. Un dialogue tantôt émouvant, grave, parfois drôle mais toujours sincère et sans faux-semblant.

Toutes les grandes questions contemporaines sont appréhendées à travers le vécu de deux femmes. Deux générations, d'une rive à l'autre de la Méditerranée.

Delenda et moi, une grand-mère et sa petite-fille, en sommes convaincues : au bout du chemin, malgré le chagrin et la colère, il y a toujours la lumière.

Ce que j'en ai pensé...

J'avoue que je ne connaissais pas Sonia Mabrouk avant de la découvrir à La Grande Librairie. J'ignorais l'existence de son émission sur Europe 1 et on ne peut pas dire que je regarde Public Sénat très souvent. Quoiqu'il en soit, son passage à LGL m'avait convaincue de lire son bouquin et c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai pu échanger avec elle pendant plusieurs minutes au Festival du Livre de Nice le mois dernier. Festival, dont le thème était cette année la "Méditerranée", mais qui était surtout le premier véritable échange culturel d'ampleur à Nice depuis l'attentat de l'année dernière. Le sujet était sur les lèvres de nombreux participants. Je ne peux que vous encourager à lire ce livre. Qu'il soit dans son intégralité ou pas le fruit des conversations de Sonia Mabrouk avec sa grand-mère, on peut ici et là en douter un tout petit peu mais cela n'a aucune importance, ce qui compte, c'est la voix sensée de cette brillante jeune femme, qui revendique sa culture tunisienne tout en étant profondément française, qui se dit française avant de se dire musumalne, qui dénonce de fait l'attitude d'une partie de la communauté musulmane française, qui exhorte les musulmans modérés à se faire entendre et à refuser l'amalgame avec l'islamisme, qui souhaite ardemment que l'Europe vienne au secours de la jeune démocratie tunisienne qui est le seul pays arabe à porter l'espoir et qui surtout appelle de vive voix la fin des accommodement de la République Française avec des situations parfaitement intolérables.

dedicace sonia

Je me permets de reproduire ici un extrait de l'épilogue, qui vous donnera envie, je l'espère, d'en lire plus...

"La main du terrorisme a encore frappé, aveuglément. Sans aucune distinction de religions ni de nationalités. Les condamnations pleuvent au lendemain de cet acte barbare. Les mêmes mots sont répétés après chaque attentat. Jusqu'à quand ? Comment supporter cette tragique litanie ? D'où viendra le sursaut ? Il ne suffit plus de dire " la vie continue". Réagissons.

Pour transcender ces épreuves, sortons du déni, arrêtons de battre notre coulpe, mettons de côté les bien-pensants.

C'est en opposant aux terroristes un combat sans pitié et une vision commune que nous ferons échouer leur funeste dessein. Cela durera probablement des années. Pour y arriver, prenons toutes nos respnsabilités.

A chacun sa mission. Aux militaires, les champs de bataille. Aux politiques, les lois adaptées à la gravité de la situation. A nous tous, le sursaut.

Nous ne pouvons pas continuer à aller de démissions en démissions, d'accommodements en accommodements. Il est temps d'apprivoiser les peurs, d'exorciser les hantises.

Eviter le piège de la discorde ne doit pas conduire à occulter les vrais problèmes. Nous avons tellement peur de tomber dans l'écueil de l'amalgame que nous nous retrouvons tétanisés par l'idée de débattre de certains sujets. Les terroristes ont reniflé l'odeur de nos faiblesses telles des bêtes sauvages autour du sang de leurs victimes. Ils pensent avoir gagné. Prouvons-leur le contraire.

Parions sur la raison et l'intelligence d'un grand pays comme la France.

Parions sur la volonté tenace de s'en sortir d'un pays comme la Tunisie."

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Comme une respiration - Jean Teulé (2016)

respiration

Quatrième de couverture

Respirez !
À fond !
Et laissez-vous emporter par la fantaisie malicieuse et cruelle de Jean Teulé qui dit l'extraordinaire des destins ordinaires.

Ce que j'en ai pensé...

Bof, bof, bof ! Je n'avais jamais rien lu de Jean Teulé et je réalise que ce court ouvrage n'est probablement pas l'idéal pour porter un jugement sur son oeuvre et son style. Ecouter Jean Teulé quand il fait ses promos ou quand il est invité ici et là dans les médias est toujours un immense plaisir pour moi. Je le trouve intelligent, cultivé, drôle, vif, un peu acerbe mais juste ce qu'il faut, bref, c'est un délice de l'écouter. Cependant, je n'ai jamais pris le temps - ni eu trop l'envie, disons-le - de me plonger dans ses fictions historiques un peu décalées. Il n'est pas dit que je ne m'y risquerai pas un de ces jours mais pour l'instant, c'est comme cela, je n'avais rien lu de lui. Et puis lors de son passage à La Grande Librairie, à la rentrée littéraire 2016, il m'a donné envie de lire ce petit bouquin et encore plus quand j'ai eu la chance d'échanger avec lui au Festival du Livre de Mouans-Sartoux en octobre dernier. Un petit livre qui prétendait me faire du bien alors que Nice, sa région et ses habitants, dont moi,  essayaient de reprendre leur souffle après l'épouvantable tragédie du 14 juillet dernier, cela me tentait. Alors, de deux choses l'une, ou j'aurais dû lire ce livre à peine acheté, ou il ne parvient pas à atteindre son objectif. J'ai trouvé cette série de petites histoires courtes sans grand intérêt pour la plupart. Je n'y ai pas toujours vu le fil conducteur qui est censé apporter un peu d'oxygène au lecteur en ces temps difficiles. J'en suis profondémenr désolée car vraiment, j'aime beaucoup Jean Teulé. Peut-être l'effet Macron est-il passé par là. Je suis redevenue tellement optimiste pour mon beau pays que la "pilule" Teulé n'a plus aucun effet sur moi ! Finalement, ce qu'il me restera de mieux concernant ce bouquin, c'est la très jolie dédicace que m'en a fait l'auteur !

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Danser les ombres - Laurent Gaudé (2015)

Gaudé

Quatrième de couverture

En ce matin de janvier, la jeune Lucine arrive de Jacmel à Port-au-Prince pour y annoncer un décès. Très vite, dans cette ville où elle a connu les heures glorieuses et sombres des manifestations étudiantes quelques années plus tôt, elle sait qu'elle ne partira plus, qu'elle est revenue construire ici l'avenir qui l'attendait. Hébergée dans une ancienne maison close, elle fait la connaissance d'un groupe d'amis qui se réunit chaque semaine pour de longues parties de dominos. Dans la cour sous les arbres, dans la douceur du temps tranquille, quelque chose frémit qui pourrait être le bonheur, qui donne l'envie d'aimer et d'accomplir sa vie. Mais, le lendemain, la terre qui tremble redistribue les cartes de toute existence... Pour rendre hommage à Haïti, l'île des hommes libres, Danser les ombres tisse un lien entre le passé et l'instant, les ombres et les vivants, les corps et les âmes. D'une plume tendre et fervente, Laurent Gaudé trace au milieu des décombres une cartographie de la fraternité, qui seule peut sauver les hommes de la peur et les morts de l'oubli.

Ce que j'en ai pensé...

Je continue mon exploration de l'oeuvre de Laurent Gaudé. Après avoir adoré Le Soleil des Scorta et Ouragan, j'ai tout autant apprécié Danser les ombres. Dans le style d'Ouragan, qui avait pour cadre La Nouvelle-Orléans après l'ouragan Katrina, ce roman nous emmène en Haïti et nous fait vivre l'horreur du tremblement de terre du 12 janvier 2010. L'écriture de Gaudé est vraiment fabuleuse. Je n'ai personnellement jamais mis les pieds en Haïti, ni aux Caraïbes ni même dans une zone tropicale et pourtant, en quelques paragraphes, j'y étais. Un vocabulaire accessible, sans fioritures grammaticales, un style concis mais empreint de poésie, on est vite dans l'ambiance et on a l'impression d'être là-bas, de transpirer avec les personnages, de sentir les odeurs, de parcourir les rues de Port-au-Prince.  On s'attache rapidement à tous les personnages dont on ne sait s'ils survivront tous à ce tremblement de terre mais à vrai dire, cela n'a pas grande importance car, au beau milieu du roman, les morts et les vivants vont se cotoyer quelques temps avant que...

Ah non! Je ne vous dirai quand même pas comment tout cela va se terminer ! Il n'y a pas de doute, je vais continuer à explorer l'univers de cet auteur, qui me charme tout particulièrement et si vous n'avez pas encore franchi le pas et n'avez encore rien lu de Laurent Gaudé, c'est le moment de vous y mettre, saperlipopette ! N'en faites pas cas mais je crois être atteinte de "macronite aiguë" et d'ailleurs, je vous le prouverai dans ma prochaine chronique, qui ne saurait tarder !

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America - Numéro 1

America

Il est grand temps que je vous parle du numéro 1 de la génialissime revue America étant donné que le numéro 2 s'apprête à sortir ! Pour ceux d'entre vous qui n'en auraient pas encore entendu parler, il s'agit d'une collaboration entre La Grande Librairie de François Busnel et l'hebdomadaire Le 1 d'Eric Fottorino - autre publication à découvrir de toute urgence si ce n'est pas encore fait -. Ils ont imaginé de donner la parole à des écrivains américains mais pas que pour que, d'une part, ils donnent une autre image de l'Amérique que celle écornée de Donald Trump et, d'autre part, ils tentent d'expliquer comment l'Amérique en est arrivée là. Ce mook - c'est comme cela qu'on appelle ce genre de revues à mi-chemin entre un magazine et un book ! - est absolument FORMIDABLE et je pèse mes mots ! Dans ce numéro, entre autres une lettre de Colum McCann rappelant aux jeunes écrivains que l'écriture peut être une forme efficace de résistance; un entretien avec Toni Morrison, prix Nobel de Littérature, dont le regard impitoyable sur la société américaine est toujours instructif; un passionnant article de Ta-Nehisi Coates, surtout connu en France pour Une colère noire: Lettre à mon fils, sur ce qu'a signifié la présidence d'Obama pour l'Amérique et sur ses conséquences; une nouvelle inédite de Francis Scott Fitzgerald; L.A. racontée par le brillant Alain Mabanckou; un dossier sur Moby Dick; et d'autres belles choses encore. Si vous faites partie de ces gens, qui pensent que l'Amérique ne peut être qu'un ramassis d'imbéciles parce qu'ils ont élu Trump, je vous en conjure: LISEZ AMERICA ! Ceux d'entre vous qui me connaissent savent que mon coeur et mon âme sont à 50% aux Etats-Unis et je ne supporte pas de voir ce qui s'y passe en ce moment, surtout après la magnifique parenthèse de la présidence d'Obama, qui aurait pu laisser croire que le pays avait enfin tourné le dos à ses démons... je ne désespère pas... un jour, peut-être, ce pays sera à la hauteur des attentes du monde entier... Il y aura 16 numéros de cette revue, un pour chaque trimestre de la présidence de Trump ou, je croise les doigts, de celui qui le remplacera s'il est destitué ! Mais ne rêvons pas, ce n'est pas gagné et de toute façon, il sera(it) remplacé par son vice-président, Mike Pence, un autre champion au royaume des imbéciles !

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Rendez-vous à Positano - Goliarda Sapienza (2015)

Positano

Un roman inédit de l'auteur de  L'Art de la joie.

" Au début de l'été 58, dix ans exactement après notre première rencontre et trois après la fameuse nuit ivre de confessions, de silences et de parfums, je reçus une carte postale géante de New York avec une vue nocturne de Manhattan (entre nous s'était instauré un championnat de ''mauvais goût'', qui consistait à dénicher ce qu'il y avait de pire, dans l'ancien comme dans le moderne, dans ce moyen de communication), où la petite écriture précise, un peu ostentatoirement démodée, de cette snob d'Erica, annonçait : '' Je t'attends en juillet à Positano, je suis heureuse ! Et je désire te faire connaître la cause de ce bonheur. Je me sens miraculée. Considère-moi comme une miraculée !'' "
Rendez-vous à Positano est un roman d'amour, un texte dédié à une femme et un lieu. Dans l'après-guerre, Goliarda Sapienza découvre un modeste village hors du temps, niché tout près de Naples : Positano. Elle y fait la connaissance d'Erica, une jeune femme qui allait devenir pendant près d'une vingtaine d'années une soeur d'âme. Longtemps après la disparition de son amie, en 1985, l'écrivaine décide de revenir sur cette histoire pour sauver de l'oubli ce qui fut balayé par le destin.

J'ai découvert cette merveille grâce à un compte Instagram et je ne cesse de me réjouir d'avoir enfin lu Goliarda Sapienza. J'en avais vaguement - mais alors très vaguement ! - entendu parler mais je me dois d'être honnête, Sapienza pour moi, c'était surtout la célèbre université romaine ! Evidemment, le fait que j'ai eu la chance de découvrir Positano l'année dernière m'a rendu cette lecture encore plus intéressante même si le village a sûrement bien changé depuis les années cinquante. C'était plutôt sympa de reconnaître les angles de rues, les nombreux escaliers, la plage, l'hôtel Le Sirenuse qui était en face du mien, le restaurant Buca di Bacco et d'autres endroits encores sur la Costiera au fil des pages. Ce roman est une magnifique histoire d'amitié entre deux femmes, dont je sais déjà qu'elle me hantera pendant longtemps. A vrai dire, on apprend peu de choses de Goliarda mais la vie d'Erica est tellement fascinante qu'on n'en oublierai presque la présence silencieuse et pourtant si indispensable de Goliarda dans cette histoire. Le livre permet aussi de revenir sur la page sombre du fascisme et des années qui ont suivi et qui ont été si compliquées pour les intellectuels italiens - que de névrosés parmi cette génération ! -. Par ailleurs, l'écriture est si belle qu'une fois n'est pas coutume, j'ai pris tout mon temps pour déguster ce roman et apprécier les magnifiques tournures de phrases de Sapienza. J'ai hâte de lire son roman-phare L'arte della gioia (L'art de la joie), qui a permis à l'auteure d'être enfin reconnue. En effet, Goliarda, qui eut une éducation insolite, vécut une vie pour le moins tumultueuse. Elle connut d'abord du succès au théâtre, puis elle se consacra à l'écriture.  Malheureusement, son oeuvre fut largement ignorée des éditeurs italiens et Goliarda Sapienza mourut dans un anonymat total en 1996. Ce n'est qu'en 2005 qu'elle fut enfin reconnue grâce au succès en France de la traduction de L'Art de la joie. Depuis, des éditeurs italiens, et en particulier Einaudi, se sont ravisés et ont enfin publié toute son oeuvre en Italie. Son nom a également été associé à un prix littéraire en Italie. 

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L'homme idéal existe. Il est québécois. - Diane Ducret (2015)

Ducret 1

Deuxième de couverture

Une jeune femme quitte Paris pour rejoindre son nouveau compagnon qui vit au Canada. Surmontant sa peur de l'engagement et sa phobie des avions, elle fait le voyage mais se retrouve rapidement confrontée à une série d'épreuves : l'arrivée du fils de 5 ans, une promenade avec des chiens de traîneau qui vire au cauchemar, une ancienne compagne trop présente...

Quatrième de couverture

Bonne nouvelle: l'homme idéal existe ! Il ne parle pas: il jase. Il n'embrasse pas: il frenche. Il ne se désahabille pas; il se criss à poèlle. Vous l'aurez devinez: il est québécois.

Délicieuse rencontre que celle de Diane Ducret au Festival du Livre à Nice le week-end dernier. Elle est vraiment très sympa. D'elle, je n'ai encore rien lu mais cela faisait un bon moment que son Femmes de dictateurs était sur ma liste d'envie. Il est désormais dans ma PAL, qui a pris des allures de mur fortifié !

 

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Mais revenons à Diane Ducret et à ce petit bouquin très rigolo qui m'a fait passer une soirée bien sympathique. Qu'elle était drôle, je le savais déjà car je l'ai entendu plusieurs fois comme chroniqueuse dans les émissions de Laurent Ruquier à la fois sur Europe 1 et plus récemment sur RTL et j'ai à chaque fois pensé qu'elle avait beaucoup d'humour. Elle le prouve incontestablement en nous embarquant pour une folle semaine dans les frimas de l'hiver canadien avec un type au physique genre bûcheron sexy qu'on imagine craquant à souhait et dont le langage est à mourir de rire. Pour vous donner envie de le lire, voici juste un petit extrait de leur première rencontre à Paris:

"- T'es ben trop chaude pour conduire.- Pardon ?!

- J'appelle un taxi.

- Mais tu ne peux pas dire ça, je me suis bien tenue !

- Ça veut dire que t'es trop saoule !

La voiture arrive à notre hauteur à point nommé pour nous sortir de cet embrouillamini linguistique. Il monte avec moi.

- Tu chauffes-tu depuis longtemps ?

Mais il recommence ! On ne se connaît pas encore, c'est direct comme approche ! Je suis aphone, il réitère la demande:

- Tu chauffes bien, toi ?

- Ben, ça dépend de l'homme qui me chauffe, je vais pas me chauffer toute seule quand même !

Il a l'air déconcerté.

- T'as un chauffeur personnel ? T'en as de collé, toi.

Mais pourquoi j'ai l'impression que tout ce qu'il est dit est sale ?

- T'as des bidoux, quoi.

Je regarde mon ventre, oui j'ai trop mangé, je sui sun peu ballonnée mais de là à m'en faire la remarque..."

 

Ducret 2

Alors prendrais-je un billet pour Montréal ? Sûrement avant trop longtemps car j'en rêve mais pas pour rejoindre un beau Québécois dans sa maison au milieur de la forêt enneigée... J'ai passé l'âge, ma chère Diane !

 

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Lost in French - Lauren Collins (2016) / A moi les petits Français ! - Louise Ekland (2017)

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L'Américaine Lauren Collins, la trentaine dynamique, ne s'était jamais posé la question avant de croiser, à Londres, la route d'un Français dont elle n'arrive même pas à prononcer le prénom. Mais ce n'est pas si simple d'aimer dans une langue étrangère. Lorsqu'il lui arrive de ne pas comprendre son amoureux, les doutes l'assaillent : est-ce en raison de la fameuse « barrière » des langues, de leurs cultures que sépare toute la largeur de l'Atlantique ou, plus fondamentalement, de leurs différences de caractère ? « Parler anglais avec toi, lui confie un jour Olivier, c'est comme te caresser avec des gants... »
Quand le couple tout juste marié emménage à Genève, Lauren décide d'apprendre le français. Lost in French est le récit tendre et cocasse de cet apprentissage. Malentendus ubuesques, frustrations en cascade, exil cosmopolite des expatriés... Au terme de ses tribulations, Lauren aura beaucoup appris. Sur elle et sur les autres. Elle aura surtout découvert l'inépuisable joie d'aimer en français...

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La France et l'Angleterre : les deux « meilleurs ennemis du monde » ? De la guerre de Cent Ans aux épiques matchs de rugby entre les deux nations, on le croirait volontiers. Et pourtant, Français et Anglais s'adorent comme deux frères chahuteurs. De cette rivalité, Louise Ekland - « petite Anglaise » de Liverpool vivant en France, et mariée à un Belge ! - s'amuse. Elle prône l'anti « French bashing ». Son ton pétillant et son humour so british, toujours, font des ravages. Si elle épingle quelques travers hexagonaux, c'est toujours pour mieux saluer la french touch de son pays d'adoption. Bien sur, elle préfère les Beatles à Johnny et Marks & Spencer à Monoprix. Mais quand Natalie Portman critique la France, Louise Ekland dégaine. Elle défend les vins et la gastronomie française, notre système de santé et notre art de vivre. Louise Ekland, comme elle le dit chaque matin sur Europe 1, a la France chevillée à l'âme et au corps. Pour elle « les Français sont formidables »...

J'ai un peu mauvaise conscience à vous présenter ces deux livres en même temps car l'un est un excellent bouquin et l'autre ne devrait peut-être pas exister mais le hasard veut que je les ai lus l'un derrière l'autre et il m'est bien difficile de ne pas faire un parallèle.

J'ai tout d'abord découvert Lauren Collins à La Grande Librairie et à vrai dire, bien que son passage m'ait donné envie de lire son livre, je n'avais pas imaginé lire quelque chose d'aussi fouillé et d'aussi remarquablement rédigé. Elle avait opté de s'exprimer en partie en français sur le plateau de François Busnel et c'était tout à son honneur mais il faut admettre que la lire en anglais n'est pas tout à fait la même chose. A vrai dire, je pouvais m'y attendre car elle travaille pour le New Yorker, qui n'a pas pour réputation de publier des gens qui écrivent avec un pieu ! Petit détail, qui n'en est pas un, surtout pour moi, elle a grandi en Caroline du Nord et évidemment, je me suis beaucoup retrouvée dans les difficultés de communication qu'elle évoque au sein de son couple. J'ai vécu bien des épisodes semblables avec mon ex-mari, natif de Caroline du Nord lui aussi. Maîtriser la langue est un compte, l'utiliser dans son contexte culturel en est une autre et Lauren Collins en parle formidablement bien. Son bouquin est vraiment très documenté et passionnant. Je regrette simplement la traduction du titre en français, qui laisse imaginer un sentiment d'égarement alors que l'auteur parle surtout de difficultés à se mettre au diapason avec la langue française. 

Quand à Louise Ekland, je suis tombée sur elle par hasard au Festival du Livre de Nice ce week-end et nous avons échangé pendant quelques minutes. Je la connaissais pour l'avoir vue à la télévision et pour l'entendre régulièrement le matin sur Europe 1, où, généralement, je la trouve assez drôle et assez juste dans son observation des Français. Effectivement, elle est très sympa... tellement que j'ai fini par lui acheter son bouquin qu'elle m'a d'ailleurs joliment dédicacé mais sa lecture ne m'était pas franchement indispensable. Elle y égrène une série d'instantanés sur les Français qui ne sont d'ailleurs pas tous des clichés mais qui n'ont rien d'inédits. Ayant, pour ma part, lu de nombreux livres écrits par divers Anglo-Saxons sur la France et les Français, rien ne m'a surpris dans le petit bouquin d'Ekland. A lire sur la plage si vous avez quand même envie d'une petire révision sur le caractère français et surtout que vous avez oublié que la France est un pays formidable. Pour avoir vécu 15 ans à l'étranger, moi, je ne l'oublie jamais !

ekland

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Rome - Escapades littéraires (2017)

 

Rome

Pour approcher, visiter, comprendre une ville, qu'y a-t-il de mieux que de découvrir ce que les grands auteurs ont pu en dire ? Laissez-vous surprendre par les textes consacrés aux plus belles cités du monde, puisés dans les carnets de route des écrivains-voyageurs.

L'Italie a toujours charmé les gens de lettres, mais ce n'est qu'au XIXème siècle que le voyage d'écrivain a trouvé sa véritable expression, offrant aux lecteurs de divines pages de promenades littéraires. Stendhal, Châteaubriand, Zola... Tous ont puisé leur inspiration dans les ruines, jardins et ruelles de Rome, l'ont décrite pour mieux faire éclater leurs souvenirs, leurs rêveries, leurs méditations...

"On peut faire aux Romains la même objection qu'à Napoléon. ILs furent criminels quelquefois, mais jamais l'homme n'a été plus grand." Stendhal, 1827

Je suis récemment allée à Rome et avant le départ, mon compagnon m'a fait ce petit cadeau. En vérité, il s'agit d'un extrait d'un ouvrage que je possède depuis des années, Italies de Yves Hersant, une anthologie des voyageurs français aux XVIIIème et XIXème siècles, que m'avaient offert mes grands-parents, amoureux de l'Italie, d'histoire et de littérature. Robert Laffont a tout simplement publié à nouveau les textes consacrées à Rome en un format poche bien pratique pour emporter avec soi et lire sur place. Il contient six extraits: Charles Duclos (1767), dont les propos n'ont pas pris une ride; François-René Châteaubriand (1828), dont j'ai pu constater qu'il m'ennuyait tout autant qu'il m'avait ennuyé au lycée - et je pèse mes mots pour ne point choquer, c'est un tout autre mot qui m'est venu spontanément à l'esprit ! -; Stendhal (1829), délicieux bien sûr, comment pourrait-il en être autrement?; Edgar Quinet (1832), très professoral mais intéressant; Hippolyte Taine (1864), qu'en toute sincérité je n'ai pas terminé tant il me rasait; et enfin Emile Zola (1894), avec qui j'aurais aimé visité Rome et dont je devrais d'ailleurs sans doute lire le Voyage à Rome dans son intégralité. Je vous recommande vraiment ce petit bouquin si vos pas vous mènent à la Ville Eternelle.

Posté par annelb à 19:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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