Gone With The Book...

Storia della bambina perduta - Elena Ferrante (2014)

Ferrante

Editeur : e/o (29 octobre 2014)

Titre français : L'enfant perdue - Editeur Gallimard - Collection Du monde entier (18 janvier 2018)

Nombre de pages : 451

Quatrième de couverture de l'édition française :

A la fin de Celle qui fuit et celle qui reste, Lila montait son entreprise d'informatique avec Enzo, et Elena réalisait enfin son rêve : aimer Nino et être aimée de lui, quitte à abandonner son mari et à mettre en danger sa carrière d'écrivain. Car elle s'affirme comme une auteure importante et l'écriture l'occupe de plus en plus, au détriment de l'éducation de ses deux filles, Dede et Elsa. L'histoire d'Elena et de Nino est passionnelle, et bientôt Elena vit au gré de ses escapades pour retrouver son amant. Lors d'une visite à Naples, elle apprend que Lila cherche à la voir à tout prix. Après avoir embrassé soixante ans d'histoire des deux femmes, de Naples et de toute l'Italie, la saga se conclut en apothéose. Plus que jamais, dans L'enfant perdue, Elena Ferrante nous livre un monde complet, riche et bouillonnant, à la façon des grands romanciers du XIXe siècle, un monde qu'on n'oublie pas.

Ce que j'en ai pensé...

Et voilà, j'ai refermé le quatrième volume de la quadrilogie il y a seulement quelques minutes et déjà, je me sens orpheline... Dans ce quatrième volume, on retrouve les deux amies, découvertes dans L'amie prodigieuse, puis retrouvées dans Le nouveau nom  et Celle qui fuit et celle qui reste . Dans ce dernier tome, elles sont toujours des confidentes et des rivales, mais aussi des supportrices de leurs carrières respectives tout en étant jalouses l'une de l'autre, des soeurs de commisération alors qu'elles sont enceintes toutes les deux en même temps, des mères, qui se font concurrence pour avoir la petite fille la plus jolie et la plus intelligente.

Comme toujours, c'est Lila qui tend à agresser Elena, en lui reprochant toutes sortes de choses et Elena, qui tend à culpabiliser régulièrement sur l'état de leur amitié. Pourtant, si Lila peut se montrer manipulatrice et méchante, elle fait aussi preuve de générosité et de dévouement pour qu'Elena puisse poursuivre sa carrière. Tout au long du livre, on retrouve ce besoin un peu énervant qu'a Elena de toujours vouloir surpasser Lila, dont elle a toujours envié l'intelligence supérieure, mais aussi cette volonté inarrêtable de faire de Lila un sujet d'étude pour ses livres. Au fil des années, alors qu'elles vieillissent et connaissent toutes deux des succès et des revers, leur relation varie mais finalement reste au même point. Parfois, l'une prévaut sur l'autre, puis c'est le contraire.  

Tout comme les volumes précédents, l'histoire est magnifiquement construite mêlant l'histoire de l'Italie contemporaine à celle de nos deux héroines et on comprend à la fin que l'auteure savait exactement où irait son récit quand elle écrivit le premier chapitre du premier tome, que je vous conseille d'ailleurs de relire, une fois que vous aurez terminé ce quatrième tome. Tout s'enchaîne parfaitement et le résultat final est magistral. Je ne vous en dis pas plus, je sais que beaucoup d'entre vous attendent avec impatience le 18 janvier pour la sortie de la traduction française et je vous laisserai donc découvrir les nombreuses surprises, qui jalonnent ce quatrième tome. Ce dont je ne doute pas, c'est que cette quadrilogie passera à la postérité et sera un jour un classique de la littérature italienne du XXIème siècle et un livre-référence sur Naples et son identité complexe.

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The Whistler - John Grisham (2016)

Grisham

Editeur : Doubleday (25 octobre 2016)

Titre français : L'informateur - Editeur JC Lattès (5 avril 2017)

Nombre de pages : 734

Quatrième de couverture de l'édition française :

Nous voulons tous que nos juges soient honnêtes et sages. C’est la première de nos attentes. Leur intégrité, leur impartialité sont les fondements de notre système judiciaire. Mais que se passe-t-il quand un juge ne respecte pas la loi, quand il se laisse corrompre ? C’est rare, mais cela arrive.
Lacy Stoltz travaille pour le Bureau de l’inspection judiciaire. Avocate, sa mission consiste à mener l’enquête quand on lui rapporte des manquements à l’éthique. Après neuf ans dans ce service, elle sait que la plupart des écarts de conduite sont dus à l’incompétence, pas à la corruption.
Mais parfois de véritables affaires de corruption arrivent sur son bureau. Un avocat, anciennement radié du barreau, reprend du service sous une nouvelle identité. Il prétend qu’une magistrate de l’État de Floride a détourné plus d’argent que tous les juges véreux réunis – ceux du pays tout entier, toute époque confondue.
D’après lui, cette juge serait mêlée à la construction d’un grand casino sur une réserve indienne. La Coast Mafia a financé le casino et se sert aujourd’hui largement dans la caisse. La juge, qui reçoit sa part du butin, ferme les yeux sur ces activités illicites. L’alliance est solide. Tout le monde y trouve son compte.
Mais, Greg Myers veut mettre un terme à cette entente. Non seulement son client connait la vérité et veut prévenir la nation, mais empocher aussi une fortune comme le prévoit l’État de Floride pour les lanceurs d’alerte. Greg Myers dépose donc une plainte auprès du Bureau de l’inspection judiciaire, et l’enquête est confiée à Lacy Stoltz, qui comprend aussitôt que l’affaire risque d’être dangereuse. Le danger est une chose. La mort en est une autre.

Ce que j'en ai pensé...

J'avais besoin d'une lecture plus légère après le pavé de Nathan Hill et dans ces cas-là, je me réfugie habituellement vers un de mes auteurs fétiches.

Cela fait à peu près 25 ans que je lis John Grisham. J'ai à peu près tout lu ou presque et pourtant, il me déçoit parfois. C'est le cas cette fois-ci avec une intrigue, qui, dès les premières pages, nous laisse entendre la fin et surtout un style, qui n'est pas digne des meilleurs Grisham. Car il y en a. Plein. Le problème de Grisham est qu'il a tellement de succès qu'il est pressé par son éditeur de "démouler" un roman par an et parfois, cela sent vraiment la commande et rien d'autre.

Alors, inutile d'épiloguer. Si vous ne connaissez pas encore Grisham, lisez les premiers, Non coupable, La firme, L'affaire Pélican, Le client, etc, qui sont d'excellents thrillers. Lancez-vous aussi dans ses autres livres qui ne sont pas des thrillers, notamment La dernière récolte et surtout, surtout Chroniques de Ford County, un recueil de nouvelles, qui capture à merveille l'esprit du Sud des Etats-Unis. Si, comme moi, vous lisez Grisham régulièrement, passez votre chemin en ce qui concerne L'informateur, qui n'a de thriller que le nom. Je sais cependant que je continuerai à lire Grisham car je l'adore. Il appartient à cette culture du Sud des Etats-Unis, qui est aussi un peu la mienne après tant d'années passées là-bas et je pardonnerai tout aux yeux bleus de ce monsieur... :-)

Grisham 2

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The Nix - Nathan Hill (2016)

 

The Nix

 

Editeur : Knopf (30 août 2016)

Titre français : Les fantômes du vieux pays - Editeur Gallimard (17 août 2017)

Nombre de pages : 734

Quatrième de couverture de l'édition française :

Scandale aux États-Unis : le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, a été agressé en public. Son assaillante est une femme d'âge mûr : Faye Andresen-Anderson. Les médias s'emparent de son histoire et la surnomment Calamity Packer. Seul Samuel Anderson, professeur d'anglais à l'Université de Chicago, passe à côté du fait divers, tout occupé qu'il est à jouer en ligne au Monde d'Elfscape. Pourtant, Calamity Packer n'est autre que sa mère, qui l'a abandonné à l'âge de onze ans. Et voilà que l'éditeur de Samuel, qui lui avait versé une avance rondelette pour un roman qu'il n'a jamais écrit, menace de le poursuivre en justice. En désespoir de cause, le jeune homme lui propose un nouveau projet : un livre révélation sur sa mère qui la réduira en miettes. Samuel ne sait presque rien d'elle ; il se lance donc dans la reconstitution minutieuse de sa vie, qui dévoilera bien des surprises et réveillera son lot de fantômes.

Ce que j'en ai pensé...

Depuis l'année dernière, j'avais lu un certain nombre de critiques dithyrambiques concernant ce roman et je me disais qu'il fallait vraiment que je le lise mais il y a tant à lire et les semaines passent si vite ! Puis ,la rentrée littéraire 2017 a pointé son nez en France, ce roman en faisait partie et là encore, j'ai lu de nombreuses critiques positives. Pourtant, l'avis des blogueurs et blogueuse, que je suis sur Instagram, n'était pas unanime. Il fallait donc que je me colle à ces plus de 700 pages pour en avoir le coeur net ! C'est chose faite et je pense savoir pourquoi certains de ces blogueurs et blogueuses ont laissé tomber.

Alors, disons-le tout de suite. Oui, ce roman est un absolu chef d'oeuvre. Comment un primo-romancier a pu écrire une oeuvre aussi dense et aussi juste me laisse pratiquement sans voix ! Le titre de ce roman pourrait tout aussi bien être "Les démons de l'Amérique". A travers l'histoire de ce jeune prof d'université et de sa famille, l'auteur retrace 40 ans d'histoire et de névroses américaines. Le résultat est magistral et s'inscrit sans aucun doute dans mon top 5 de l'année 2017 en matière de lectures. Nathan Hill a le sens du détail comme seuls des romanciers chevronnés l'ont à mon avis. Il nous plonge dans des univers différents et il n'y manque jamais rien. Les détails sont parfois au coin d'une phrase et il ne faut pas les rater pour vraiment capturer l'essence du roman. Quand il fait une satire du milieu universitaire américain, tout est juste. Quand il s'attaque à notre monde hyper-connecté, il n'y a pas de doute qu'il sait de quoi il parle. Quand il retrace l'histoire politique des Etats-Unis depuis les frères Kennedy, il est sans concession et nous permet de comprendre comment l'Amérique en est arrivée à voter pour Trump - notez que son roman est sorti aux Etats-Unis quelques semaines avant l'élection de ce dernier -. Il aborde les rapports humains d'une façon percutante qui n'a pas laissé la lectrice que je suis de marbre. Ce garçon a tout compris, c'est aussi simple que cela et il nous balance des vérités à la figure qu'il est parfois un peu difficile d'encaisser mais qui, peut-être, permettront au lecteur de se poser les bonnes questions sur la société dans laquelle on vit.

Cependant, je n'aurais pas aimé être à la place de la traductrice, Mathilde Bach ! Je ne sais pas ce que vaut la traduction française mais ce roman est truffé de références culturelles absolument  incompréhensibles si l'on n'est pas américain ou si l'on ne connaît pas l'Amérique parfaitement de l'intérieur. Ce ne sont parfois même pas des références, mais des sous-entendus. Alors, à moins que la traductrice n'ait étoffé sa traduction de multiples notes d'explication en bas en page, je ne vois pas comment on peut vraiment apprécier cette merveille en ne le lisant pas en anglais et en ne connaissant pas parfaitement les Etats-Unis. Oui, on peut sans doute le lire et l'aimer mais l'apprécier à sa juste valeur, j'en doute.  

Une autre critique lue sur les réseaux sociaux concernent les quelques longueurs ici et là. Je l'admets, il y en a, mais n'oublions pas qu'il s'agit là d'un romancier qui publie son premier roman.  Dans l'ensemble, le déroulé de l'histoire est fluide et chaque partie du roman est une histoire à elle seule. J'aurais aimé être plus disponible pour avaler ces 734 pages plus rapidement que je ne l'ai fait mais en même temps - ça y est, le syndrôme de la macronite me reprend ! -, j'ai pour une fois pris mon temps pour lire un livre qui mérite qu'on n'en bâcle pas la lecture.  

Inutile de dire que je suis impatiente de voir ce que ce jeune Nathan Hill va nous pondre comme deuxième roman...

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Le Jour d'avant - Sorj Chalandon (2017)

Chalandon

Editeur : Grasset (16 août 2017)

Nombre de pages : 336

Quatrième de couverture :

«  Venge-nous de la mine  », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

Ce que j'en ai pensé...

Je n'avais jamais lu d'ouvrage de Sorj Chalandon, bien que ma mère m'y ait encouragé plusieurs fois en particulier concernant Retour à Killybegs. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre et je ne sais pas si j'en aimerai d'autres mais celui-ci, je l'ai beaucoup aimé.

D'après ce que j'ai lu, il dénote un peu dans la bibliographie de Chalandon, qui, apparemment, avait, jusqu'à présent, écrit soit des fictions autobiographiques, soit des romans en relation avec son passé de journaliste. Celui-ci est un savant mélange des deux. A la base de l'histoire, il y a la catastrophe de Liévin le 27 décembre 1974, qui fut la plus grosse catastrophe que connut le bassin houiller du Nord-Pas de Calais après celle de Courrières en mars 1906. Quarante-deux hommes y perdirent la vie au fond de la mine après un coup de grisou et ce roman est avant tout un hommage aux vies sacrifiées de ces hommes et au courage de leur famille. En parallèle de l'histoire officielle, nous suivons celle de Michel Flavent, qui a perdu son frère dans cette catastrophe et dont la vie entière sera guidée par un désir de vengeance envers le(s) responsable(s) de cette catastrophe. Le résultat est un roman incroyablement émouvant, qui, bien sûr, fait écho à Germinal et grâce auquel on ne peut que constater qu'entre l'époque de Zola et 1974, les conditions de travail des mineurs n'avaient guère changé ! 

A l'heure où le monde se pose des questions sur son avenir énergétique, où la France recule l'heure de fermer ses centrales nucléaires car les fermer signifierait revenir au charbon et à ses émissions léthales de CO², où l'Allemagne a fermé ses centrales nucléaires mais dépend désormais de ses centrales à charbon extrémement polluantes, où Trump rouvre aux Etats-Unis des mines de charbon fermées par Obama, l'écriture de ce roman n'est certainement pas innocente. Bien sûr, Chalandon a probablement vécu cet épisode tragique en tant que journaliste et comment ne pas être marqué à vie par un tel drame mais je ne peux toutefois m'empêcher de penser que le timing de cette écriture n'est pas anodin.

La fin réserve plusieurs surprises et je ne peux que vous encourager à vous plonger dans ce roman.

 

 

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Roland est mort - Nicolas Robin (2016)

Robin

Editeur : Le Livre de Poche (3 mai 2017)

Nombre de pages : 224

Quatrième de couverture :

Roland est mort. Quand les sapeurs-pompiers l'ont retrouvé, il avait la tête dans la gamelle du chien. Son voisin de palier, un homme proche de la quarantaine, au chômage, très seul, ne le connaissait pas vraiment. Il aurait dû s'en douter : il n'entendait plus les chansons de Mireille Mathieu, derrière le mur. C’est lui qui hérite du chien, puis de l'urne contenant les cendres du défunt. Qu’en faire ? Le voisin va tout tenter pour s'en débarrasser, mais en a-t-il vraiment envie ?

Ce que j'en ai pensé...

Cela faisait plus d'un an que ma "parraine" - oui, je sais, cela n'existe pas mais c'est ainsi que j'appelle l'épouse de mon parrain ! - m'avait recommandé la lecture de ce roman et en général, je lui fais confiance.

C'est un court roman qui peut se lire en quelques heures à moins que, comme moi, vous ne vous endormiez dessus deux soirs de suite, non par désintérêt mais parce que la semaine a été dure ! Il n'y a pas vraiment de suspens dans cette histoire, dont on pressent la fin dès le début. Il n'en reste pas moins que ce roman a le mérite d'aborder le sujet délicat des personnes isolées et modestes vivant dans un milieu urbain. Le style de l'auteur est volontairement caustique et empreint d'humour noir. On sourit mais derrière le sourire, on ne peut s'empêcher de penser qu'on connaît tous un Roland et que l'on ne fait pas grand chose pour lui.

Alors on peut se poser la question : comment peut-on encore, dans un monde aussi connecté que le nôtre, mourir dans l'indifférence la plus totale ? Je n'ai pas la réponse mais moi, qui n'ai pas d'enfant, je me pose évidemment de temps à autre la question de savoir si je serai entourée le jour où je mourrai et bien que cette question ne m'empêche pas (encore !) de dormir, j'aimerai parfois y avoir d'ores et déjà une réponse pour éviter de futures inquiétudes.

Pour finir, si j'ai un petit reproche à faire à l'auteur, c'est de courir après la formule qui va faire sourire le lecteur à chaque page et parfois plusieurs fois par page et au bout du compte, j'ai trouvé cela un peu agaçant. J'ai malgré tout passé un bon moment avec ce roman et je vous le recommande si l'humour autour du thème de la mort ne vous effraie pas. Après tout, mourir, c'est la vie !

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Dove la storia finisce - Alessandro Piperno (2016)

 Piperno 2 

Editeur : Mondadori

Titre français : Là où l'histoire se termine - Editeur Liana Levi (31 août 2017)

Nombre de pages : 277

Quatrième de couverture de l'édition française :

Romains depuis plusieurs générations, les Zevi comptent , parmi leurs ancêtres penseurs, avocats, scientifiques et même un rabbin ! Seule fausse note dans ce concert de bienséance, Matteo, incorrigible hâbleur. Dans les années 1990, il s'est rué avec légèreté dans deux mariages successifs et une accumulation inconsidérée de dettes. Ne parvenant pas à les rembourser, il a quitté l'Italie pour Los Angeles. Seize ans plus tard, le voici de retour à Rome. Ses deux enfants l'attendent sans l'attendre, tandis que Federica, son ex-femme, essaye de recoller les morceaux en éternelle Pénélope. Le revenant, résolu à dévorer la vie par les deux bouts, se jette sans retenue dans les retrouvailles avec la Ville éternelle, qui plus que jamais conjugue beauté et délabrement. Et la vie reprend son cours léger et futile, jusqu'à l'inévitable collision avec l'Histoire.

Ce que j'en ai pensé...

Ce roman italien m’a fait de l’œil dès sa sortie en France en septembre grâce au très malin bandeau exhibé par l’éditeur français...

Piperno 1 

Les littératures américaine et italienne étant celles que je fréquente le plus en dehors de la littérature française, cela ne pouvait qu’attiser ma curiosité. J’ai donc assouvi cette dernière en lisant ce roman en trois jours seulement - un record pour moi à l’heure actuelle - et cet Alessandro Piperno est une bien belle découverte. Bien qu’il en soit apparemment déjà à son quatrième roman et qu’il ait gagné le prestigieux Premio Strega (équivalent du Goncourt français) pour le précédent, je ne le connaissais pas encore. C’est chose faite et je sais déjà que j’irai à la découverte de ses romans précédents. Sur la base de cette lecture, je peux témoigner qu’Alessandro Piperno excelle dans l’art de rendre compte de la société et de l’âme humaine.

Ce que la quatrième de couverture mentionne à peine est que ce roman nous entraîne dans les méandres d’une famille juive italienne, ce qui aura son importance dans l'histoire et surtout ce qui est assez rare pour être mentionné. Je lis de la littérature italienne contemporaine depuis une trentaine d’années et si j’exclus les désormais classiques romans de Primo Levi et le très célèbre Jardin des Finzi-Contini de Giorgio Bassani, c’est le premier roman que je lis qui se passe dans cette communauté. Une communauté dont on a tendance à oublier l’existence dans une Italie catholique et pourtant elle est la plus ancienne d’Europe. C’est d’ailleurs à Venise que fut créé le premier ghetto en 1516 dans le quartier de Cannareggio sur le site d’une ancienne fonderie. En vénitien, le mot getto ou ghetto signifie fonderie. Si vous allez à Venise, je vous invite à visiter ce quartier étonnant, où vivent toujours les quelques juifs vénitiens qu’il reste encore. En Italie, la communauté actuelle compte environ 25000 personnes, qui vivent principalement à Milan et à Rome.

Alessandro Piperno explore la famille et la vie de couple dans tous ses états, sans concessions, avec un certain cynisme mais avec beaucoup d’humour et surtout un sens de la réalité extraordinaire. C’est le genre de roman où l’on se retrouve tous un peu à moins de ne se mentir et de croire au monde des Bisounours ! Ça pique, ça fait mal mais au bout du compte, il y a beaucoup de bienveillance de la part de Piperno pour ses personnages. Son écriture est ciselée, efficace, sans un mot de trop, et toutefois très riche. J’ai dû à plusieurs reprises vérifier le sens exact de mots,  ce qui, sans vouloir me vanter, m’arrive assez rarement quand je lis en italien - bon, oui, d'accord, je me suis vantée ! ;-) -. J’ai absolument adoré ce roman et bien que j’ai trouvé la fin inattendue et un peu déconcertante, cela n’a pas contribué à atténuer mon impression générale qui reste extrêmement positive. Auteur à découvrir si vous ne le connaissez pas !

 
 

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Another Man's Moccasins - Craig Johnson (2008)

craig johnson

 

Editeur : The Murder Room 

Titre français : Enfants de poussière - Editeur Gallmeister (6 mars 2014)

Nombre de pages : 316

Quatrième de couverture de l'édition française :

Absaroka, dans le Wyoming, est le comté le moins peuplé de l'État le moins peuplé d'Amérique. Y découvrir le corps d'une jeune Asiatique étranglée est plus que déconcertant. Le coupable paraît tout désigné quand on trouve, à proximité, un colosse indien frappé de mutisme en possession du sac à main de la jeune femme. Mais le shérif Walt Longmire n'est pas du genre à boucler son enquête à la va-vite. D'autant que le sac de la victime contient une vieille photo de Walt prise quarante ans plus tôt, et qui le renvoie à ses souvenirs de la guerre du Vietnam. 

Enfants de poussière entremêle passé et présent au gré de deux enquêtes dont les échos inattendus nous entraînent à un rythme haletant des boîtes de nuit de Saïgon aux villes fantômes du Wyoming.

Ce que j'en ai pensé...

Les fidèles de mon blog savent que régulièrement, je pars en Sicile pour une petite aventure avec mon commissaire préféré, Salvo Montalbano, mais depuis quelques années, je pars aussi de temps en temps au Wyoming pour retrouver mon shériff préféré, Walt Longmire. Oui, je sais, ce n'est pas très catholique d'avoir deux amants littéraires mais l'un étant en Sicile et l'autre au Wyoming, il y a peu de risque qu'ils apprennent leur existence respective dans ma vie ! Et puis, l'un est commissaire et l'autre est shériff...!

Bref, ce roman est le quatrième de la série et je l'ai adoré. J'avais été un peu déçue par le troisième car, bien que j'en aie trouvé l'intrigue bien ficelée, il ne se passait pas dans le Wyoming mais à Philadelphie et pour moi, l'intérêt principal des Longmire, c'est de repartir me plonger dans les paysages du Wyoming que j'ai tant aimé découvrir en 2012. Dans cet épisode, Longmire est revisité par les démons (ses démons) de la guerre au Vietnam après que le corps d'une jeune Vietnamienne soit découvert sous un pont dans sa juridiction. Il y a franchement des passages poignants, qui viennent nous rappeler l'horreur et surtout l'imbécillité de cette guerre. Quant au présent dans le Wyoming, tout ce qui fait que j'aime cette série est là, les montagnes des Big Horn, les Indiens, et tous les caractères "secondaires" qui font que Longmire est Longmire, en particulier Henry, son fidèle ami sur qui il peut toujours compter pour tout relativiser. De plus, Longmire a un sens de l'humour légèrement désuet et quelque peu sarcastique dans lequel je me retrouve tout à fait.

Si vous ne connaissez pas encore Walt, je vous invite à le découvrir, mais attention pas touche, il est à moi! 

Vivement mon prochain voyage au Wyoming... 

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Ils vont tuer Robert Kennedy - Marc Dugain (2017)

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Editeur : Gallimard - Collection Blanche (17 août 2017)

Nombre de pages : 400

Quatrième de couverture :

Un professeur d'histoire contemporaine de l'université de Colombie-Britannique est persuadé que la mort successive de ses deux parents en 1967 et 1968 est liée à l'assassinat de Robert Kennedy. Le roman déroule en parallèle l'enquête sur son père, psychiatre renommé, spécialiste de l'hypnose, qui a quitté précipitamment la France avec sa mère à la fin des années quarante pour rejoindre le Canada et le parcours de Robert Kennedy. Celui-ci s'enfonce dans la dépression après l'assassinat de son frère John, avant de se décider à reprendre le flambeau familial pour l'élection présidentielle de 1968, sachant que cela le conduit à une mort inévitable. Ces deux histoires intimement liées sont prétexte à revisiter l'histoire des États-Unis des années soixante. Contre-culture et violence politique dominent cette période pourtant porteuse d'espoir pour une génération dont on comprend comment et par qui elle a été sacrifiée. Après La malédiction d'Edgar et Avenue des Géants, Marc Dugain revient avec ce roman ambitieux à ses sujets de prédilection où se côtoient psychose paranoïaque et besoin irrépressible de vérité.

Ce que j'en ai pensé...

J'ai passé plus de temps que je ne l'avais imaginé sur ce roman pour deux raisons, d'une parce que je me suis un peu enlisée vers le milieu et de deux parce qu'après avoir trouvé deux erreurs sur la même page, je me suis mise à douter des faits énoncés par Marc Dugain - j'ai pratiquement vérifié chaque nom mentionné par l'auteur - et j'étais un peu comme une chienne de garde à l'affût d'une autre erreur ! Aucune autre ne m'a sauté aux yeux comme celles de la page 79 mais cela ne veut pas dire qu'il n'y en a pas d'autres!

Je ne suis pas, loin s'en faut, une spécialiste de la famille Kennedy mais j'ai quand même beaucoup lu et vu à leur sujet et donc je ne suis pas une novice non plus. J'aime la politique, j'aime l'Amérique, la politique américaine m'intéresse, la famille Kennedy me fascine. Ce bouquin ne pouvait être que pour moi. Au final, mon avis est mitigé. Tout d'abord, soyons clairs, si vous avez un certain nombre de connaissances sur l'assassinat des frères Kennedy et que la version officielle vous semble être la vérité, alors passez votre chemin ! Ce livre vous énervera forcément. Personnellement, il y a belle lurette que je ne crois plus que Lee Harvey Oswald, Sirhan Sirhan et James Earl Ray aient été des loups solitaires ayant respectivement assassiné JFK, RFK et MLK. Je ne mets pas en doute qu'ils aient été manipulés par les plus hautes sphères de l"appareil d'état pour éliminer des personnages, qui dérangeaient les intérêts militaires et surtout économiques d'un grand nombre. Marc Dugain le pense aussi et le but de son roman est de relier les fils d'une seule et même conspiration qui ont privé l'Amérique de John Fitzgerald Kennedy, puis du pasteur noir Martin Luther King et enfin du sénateur Robert Francis Kennedy. On pourrait se poser la question du choix du roman et non de l'essai car la plus grande partie du livre est véritablement un essai présentant un certain nombre de faits désormais établis concernant les assassinats des frères Kennedy. Seulement voilà, certaines des informations ne sont toujours "officiellement" à ce jour que des supputations - la relation entre Bobby et Jackie après le décès de JFK pour n'en citer qu'une - , alors l'auteur use d'un subterfuge pour nous présenter ce qu'il estime être la vérité et mêle la Grande histoire à celle d'un professeur d'université, qui découvre que la mort prématurée de ses parents serait mêlée à l'assassinat de RFK. Et c'est là où le bât a quelque peu blessé en ce qui m'a concerné. Il y a des longueurs dans cette partie du livre, qui nous mènent à une conclusion qui m'a fait m'exclamer "tout ça pour ça..." et qui, du coup, m'a fait un peu douter de toute l'argumentation de Dugain dans le bouquin. 

Pourtant, à part les deux inconsistances trouvées page 79, j'ai trouvé le bouquin remarquablement documenté et clair. 

 

dugain 3

 

S'il n'était pas encore candidat, il n'était donc pas encore président. Comment aurait-il pu inviter ses maîtresses à la Maison Blanche ? Par ailleurs, que penser de ce "ils" au pluriel ? Boulette de l'auteur ? Négligeance de l'éditeur ? Les deux ? Peu importe, j'attends un peu plus de sérieux de la Collection Blanche chez Gallimard. Après ce passage, qui m'a vraiment énervée, j'ai, comme je l'ai indiqué ci-dessus, épluché le moindre détail et le moindre nom jeté en pâture aux lecteurs, ce qui a évidemment beaucoup ralenti ma lecture ! Tout au long de sa démonstration, Dugain adopte des partis pris qui sont encore très contestés par de nombreuses personnes aux Etats-Unis et auxquels, personnellement,  j'adhère. Par exemple la possible implication de George H. W. Bush dans le complot et l'inébranlable présence de la famille Bush aux plus hauts sommets de l'Etat depuis... Celle-ci aurait-elle eu pour but de couvrir cette implication ? Saura-t-on jamais toute la vérité ? J'en doute. Je pense que les parties concernées ont fait disparaître un grand nombre de documents compromettants et la décision de Trump, il n'y a pas deux semaines, de publier une partie des archives de la Maison Blanche mais pas toutes, pour des raisons de sécurité nationale, après en avoir "conféré" avec la CIA et le FBI - je pense plutôt que la CIA et le FBI l'ont menacé s'il ne fermait pas sa grande bouche ! - prouvent bien qu'il reste des infos dérangeantes au plus haut niveau. 

Pour conclure, je ne résiste pas au plaisir de partager deux passages de la fin du bouquin où Dugain, de toute évidence américanophile comme moi et dépité par ce qui a mené à l'élection de Trump, se lâche sur George W. Bush et Trump...

 

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Voilà notre George rhabillé pour l'hiver !

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Je croise les doigts... 

 

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Nutshell - Ian McEwan (2016)

 

Nutshell

 

Editeur : Vintage (1 juin 2017)

Titre français : Dans une coque de noix - Editeur Gallimard - Collection Du monde entier (13 avril 2017)

Nombre de pages : 199

Quatrième de couverture de l'édition française :

A l'étroit dans le ventre de ma mère, alors qu'il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J'entends tout. Un complot se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l'aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j'apprends que Claude n'est autre que mon oncle : le frère de mon père. Un crime passionnel doublé d'un fratricide qui me fera peut-être voir le jour en prison, orphelin pour toujours ! Je dois les en empêcher. Il y a quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre du XXIe siècle... Après L'intérêt de l'enfant, Ian McEwan n'en finit pas de surprendre et compose ici, dans un bref roman à l'intensité remarquable, une brillante réécriture d'Hamlet in utero.

Ce que j'en ai pensé...

C'est le premier roman de Ian McEwan que je lis et certainement pas le dernier. Un petit bijou, qui m'a ramenée à un vrai style et une véritable trame après le naufrage Houellebecq de la semaine dernière !

C'est en voyant son passage à La Grande Librairie le 20 avril dernier que j'avais eu envie de le lire car j'avais trouvé McEwan, que je ne connaisssais que de nom, très sympa et intéressant. Il était sur ma liste d'envies et puis, le hasard a voulu qu'un de mes clients me le prêtent - merci Laurent, si tu me lis ! -.

Je trouve malheureusement la quatrième de couverture de l'édition française un peu bavarde, l'original était beaucoup plus énigmatique...

 

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Le narrateur de ce roman est un foetus, qui entend tout, qui comprend tout et qui surtout comprend que sa mère a un amant, que cet amant est le frère de son père et que ces deux-là complotent pour tuer son père. Cela paraît complètement loufoque mais laissez-vous porter et vous serez captés par ce bouquin que vous ne pourrez plus lâcher. Il y a de tout dans ce court roman. Tout d'abord, une réécriture de Shakespeare comme l'indique la quatrième de couverture. Vous vous souvenez de Hamlet ? Si vous êtes comme moi et que vos souvenirs sont confus, voici grosso modo un court résumé trouvé sur le Net.

Hamlet est le fils du Roi de Danemark, remplacé sur le trône et en tant qu’époux de la reine Gertrude par son frère aîné, Claudius. Le spectre du souverain défunt apparaît une nuit à Hamlet pour lui révéler qu’il a été empoisonné par Claudius, et le pousser à le venger.

Mais ici la question n'est pas d'«Être ou ne pas être» mais de naître ou ne pas naître. Les agissements de Trudy et de son beau-frère, Claude, - vous le constatez, le choix des prénoms n'est pas innocent ! - mettent en danger la vie du foetus, à commencer par la consommation excessive d'alcool de Trudy. D'ailleurs, le foetus a ses préférences en matière de vin, il préfère le Sancerre au Sauvignon blanc néo-zélandais par exemple ! Et puis, nous avons aussi au travers de ces pages une réflexion sur l'état (un peu pitoyable) du monde le tout écrit au rythme d'un thriller. Bref, une écriture incisive, une bonne dose de sarcasme et d'humour à l'anglaise et une trame qui tient en haleine jusqu'à la fin... que je ne révèlerai pas évidemment ! Franchement, foncez, ce roman est absolument génial ! 

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La carte et le territoire - Michel Houellebecq (2010)

 

Houellebecq

 

Editeur : J'ai Lu (3 mars 2012)

Nombre de pages : 413

Quatrième de couverture :

Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l'histoire, il commencerait par vous parler d'une panne de chauffe-eau. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël. Il évoquerait Olga, une très jolie Rusee rencontrée lors d'une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin - «la carte est plus intéressante que le territoire». C'était avant que le succès mondial n'arrive avec la série des "métiers", portraits de personnalités de tous milieux, dont l'écrivain Michel Houellebecq. Il dirait aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce adffaire criminelle.

L'art, l'argent, l'amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.

Ce que j'en ai pensé...

Veni, vidi, non vici ! C'est rare que j'abandonne une lecture mais j'ai abandonné celle-ci. Soyons honnête, je ne partais pas avec un à priori positif. Je ne supporte pas la personnalité de Houellebecq, qui, selon moi, s'est fabriqué, à l'instar d'autres écrivains tels Amélie Nothomb ou Fred Vargas, dans une moindre mesure, dans des genres différents, un personnage pour les médias et en joue pour vendre des bouquins. Ça marche peut-être avec certains, pas avec moi ! J'avais, toutefois, décidé d'essayer de le lire parce que dire que je n'aime pas un auteur a quand même plus de poids quand on a au moins essayé de lire un de ses bouquins, particulièrement dans le cas d'un personnage aussi médiatisé que Houellebecq. Le hasard a voulu qu'une de mes stagiaires propose de me le prêter - Merci Pauline si tu me lis ! - et donc, puisque c'était gratuit, je n'avais plus d'excuse.

J'ai tenu jusqu'à la page 146 et puis j'ai décidé qu'il y avait peu de chance que  je me mette soudainement à aimer ce bouquin; j'ai donc arrêté. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre mais j'avais imaginé un de ces auteurs qui déblatèrent pendant des pages et des pages en suivant une trame assez floue mais en s'appuyant sur un style d'écriture quelqu'il soit. Pour ne citer qu'un exemple, j'ai du mal à suivre le fil de la pensée de Proust quand je le lis mais j'ai appris à aimer sa langue. Je pensais donc que Houellebecq était une espèce de Hunter S. Thompson à la française, un écrivain déjanté, décalé et rebelle mais avec un style. Que nenni, je n'ai trouvé ni trame, ni style chez Houellebecq. J'ai même trouvé son écriture assez simpliste et je voudrais bien savoir comment ce truc avait eu le Goncourt en 2010 - mais bon, le jury l'a bien donné à Chanson douce l'année dernière, qui n'était pas non plus un roman remarquablement écrit -. 

Pour ne rien vous cacher, j'ai failli arrêter dès la page 37 quand je suis tombée sur cela...

 

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Je rêve ou il insulte les paysans ? Je peux supporter beaucoup de choses mais en tant que petite-fille d'agriculteur, je n'admets pas qu'on prenne la classe paysanne pour des gueux incultes ! D'ailleurs, je n'admets qu'un pseudo-intellectuel s'attaque à quelque classe sociale qu'elle soit.

Et puis ensuite, il s'est mis en scène dans son propre roman. Sûrement une forme d'auto-dérision que ses fans auront apprécié mais dans laquelle une nouvelle lectrice comme moi n'a vu que de l'arrogance !

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Bref, j'ai essayé de lire Houellebecq. C'est fait. Je n'y reviendrai pas. Maintenant, je me sens plus légitime quand je dis que je ne peux pas souffrir ce mec ! Au suivant...

 

Posté par annelb à 17:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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