Gone With The Book...

The Reckoning - John Grisham (2018)

Grisham

Editeur version audio : Hodder & Stoughton  (23 octobre 2018) 

Durée de l'enregistrement : 17 heures et 36 minutes

Pas encore traduit en français

Traduction libre de la présentation de l'éditeur US :

Octobre 1946, Clanton, Mississippi

Pete Banning était le fils favori de Clanton, Mississippi — un héros décoré de la Seconde Guerre Mondiale, le patriarche d'une famille très en vue, un agriculteur, un père, un voisin, et un membre fidèle de l'église Méthodiste. Et puis par une fraîche matinée d'octobre, il s'est levé tôt, il est allé en ville, et il a commis un crime choquant. La déclaration de Pete à ce sujet, au shériff, à ses avocats, au juge, au jury et à sa famille, n'a été que : "Je n'ai rien à dire." Il n'avait pas peur de la mort et il était prêt à emporter ses raisons dans la tombe.

Dans ce roman majeur très différent de tout ce que John Grisham a écrit auparavant, il nous entraîne dans un incroyable voyage, qui nous mène du Vieux Sud de Jim Crow à la jungle des Philippines pendant la Seconde Guerre Mondiale; d'un hôpital psychiatrique rempli de secrets au tribunal de Clanton, où l'avocat de Pete essaie désespérément de le sauver.   

Ce que j'en ai pensé...

         Depuis plus de vingt-cinq ans que je lis Grisham régulièrement, j'ai parfois été déçue par ses romans, surtout au cours des dernières années, mais parce que je lui pardonne tout, je continue à le lire et je continuerai à le lire. C'est un gentleman du Vieux Sud et je l'adore, quoiqu'il écrive.

Ceci étant dit, je préfère quand même quand il écrit des bouquins, qui me plaisent ! Et c'est le cas de ce dernier roman. Découpé en trois parties, la première partie nous mène du crime au verdict sans aucune surprise; puis flashback avec la seconde partie, qui revient sur le passé militaire à la fois glorieux et terriblement douloureux de Pete lors de la Seconde Guerre Mondiale - j'en ai au passage appris des vertes et des pas mûres sur le sort des prisonniers de guerre américains aux Philippines -; la troisième partie nous emmenera doucement vers le secret derrière le crime commis par Pete. Cent fois, j'ai cru avoir compris et je me disais que Grisham avait perdu de sa superbe en matière de thriller et puis la révélation du dernier chapitre m'a laissée sur les fesses !

Ce livre est le troisième livre audio que j'écoute depuis le début de l'année, principalement dans la voiture, et c'est vraiment quelque chose que j'apprécie de plus en plus. D'ailleurs, ma prochaine écoute sera sans doute l'avant-dernier roman de Grisham que j'avais loupé en 2017.


Resto qui - Marco Balzano (2018)

Balzano

Editeur : Einaudi (3 mars 2018) 

Nombre de pages : 180

Edition en français : Je reste ici - Editions Philippe Rey (23 août 2018)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Le roman bouleversant d'une famille en temps de guerre

La vue saisissante d'un clocher d'église surgissant des eaux du lac artificiel Resia au Sud-Tyrol, a inspiré à Marco Balzano un roman puissant, se déroulant sur des décennies, avant et après l'immersion du village de Curon. La narratrice, Trina, s'adresse à sa fille, Marica, dont elle est séparée depuis de nombreuses années, et lui raconte sa vie. Trina a dix-sept ans au début du texte, elle vit à Curon, village de montagne dans le Haut-Adige, avec ses parents. En 1923, ce territoire autrichien annexé par l'Italie à la suite de la Première Guerre mondiale, fait l'objet d'une italianisation forcée : la langue allemande, qu'on y parle, est bannie au profit de l'italien. Trina s'amourache d'Erich, employé de son père menuisier, un solitaire aux yeux gris, qu'elle regarde chaque jour passer devant ses fenêtres avec son chien et son troupeau de vaches, qu'elle finit par épouser et dont elle aura deux enfants, Michael et Marica. Au début de la guerre, tandis qu'Erich s'active dans une farouche résistance aux mussoliniens et au projet de barrage qui menace le village, la petite Marica est enlevée par sa tante qui l'emmène vivre en Autriche. Cette absence, vive blessure jamais guérie chez Trina, sera le moteur de son récit, qui ne cachera rien des fractures apparaissant dans la famille (surtout lorsque son fils Michael devient hitlérien) ou dans le village, des trahisons, des violences, mais aussi des joies et des scènes de retrouvailles traitées avec finesse et pudeur.
Un roman magnifique, mêlant avec talent la grande et la petite histoires, qui fera résonner longtemps la voix de Trina qui, malgré les violences de la guerre, reste fidèle à ses passions de jeunesse, courageuse, indépendante et digne.

Ce que j'en ai pensé...

Très beau roman, qui est passé un peu inaperçu lors de la dernière rentrée littéraire d'automne. Il faut dire qu'il n'est pas facile de s'y retrouver parmi autant de nouveautés. A vrai dire, je trouve la quatrième de couverture un peu bavarde et je ne vais rien rajouter quant à la trame. Vous en saurez déjà bien assez en la lisant. Je ne peux cependant que vous encourager à découvrir ce livre, qui a le mérite d'aborder un chapitre de l'histoire italienne encore douloureux et encore bien méconnu des Italiens, malheureusement. Je conclus mes lectures de janvier avec ce roman et mis à part une déception, j'ai plutôt lu de bonnes choses. J'espère que l'année va bien se poursuivre littérairement parlant et pas que ! 

 

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Leurs enfants après eux - Nicolas Mathieu (2018)

Nicolas Mathieu

 PRIX GONCOURT 2018

Editeur : Actes Sud (22 août 2018)

Nombre de pages : 425

Quatrième de couverture : 

Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l'Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l'ennui, il décide de voler un canoë et d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.

Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d'une vallée, d'une époque, de l'adolescence, le récit politique d'une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l'entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d'Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.

Ce que j'en ai pensé...

Je ne suis pas sûre de trouver les mots pour vous dire à quel point ce Goncourt 2018 m'a enthousiasmée. Tout y est juste : le ton, le style, les personnages, les détails, les descriptions, bref, tout ! J'ai en fait découvert l'univers de Nicolas Mathieu à travers la très bonne adaptation télévisée de son premier roman, Aux animaux la guerre, diffusée sur France 3 l'automne dernier, un polar social très noir dont l'action se déroulait dans les Vosges.

On retrouve l'Est de la France dans le Goncourt à Heillange, une ville fictive avec des hauts fourneaux, qui n'a sans aucun doute de fictif que le nom. L'ambiance y est moins noire que dans Aux animaux la guerre mais elle n'est pas gaie, gaie... Les hauts fourneaux ont fermé et les conséquences sont en place: chômage, misère sociale, dépression, alcoolisme, trafic de drogue, etc. La jeunesse n'a guère de perpectives d'avenir, s'ennuie profondément dans cette petite ville et, de ce fait, fait pas mal de conneries. Le roman se découpe en quatre parties, quatre étés étouffants (1992, 1994, 1996 et 1998) qui servent de tableaux à l'auteur pour camper ses personnages avec brio. C'est le roman d'une génération (celles des années 90) mais aussi d'une région et d'une époque, qui voit le retour d'un gouffre entre les classes sociales pauvres et moyennes et les plus aisées. Ce livre, en sortant en août dernier, était en fait un peu annonciateur du mouvement des Gilets Jaunes. On est vraiment en plein dedans. Mais je ne voudrais pas donner l'impression que ce roman est sinistre car il ne l'est absolument pas. C'est avant tout une formidable galerie de personnages fouillés comme on en trouve dans tous ces romans américains, que j'aime tant et préfère souvent à la littérature française, parce qu'ils on un début, un milieu, une fin et que les personnages y ont des noms et des identités auxquels on peut s'identifier.   

Un excellent, excellent Goncourt vraiment et j'ai hâte de retrouver Nicolas Mathieu à l'avenir.

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El monarca de las sombras - Javier Cercas (2017)

Javier Cercas

 Editeur : Debolsillo (25 septembre 2018) 

Nombre de pages : 288

Edition en français : Le monarque des ombres - Actes Sud (29 août 2018)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Un jeune homme pur et courageux, mort au combat pour une cause mauvaise (la lutte du franquisme contre la République espagnole), peut-il devenir, quoique s'en défende l'auteur, le héros du livre qu'il doit écrire ? Manuel Mena a dix-neuf ans quand il est mortellement atteint, en 1938, en pleine bataille, sur les rives de l'Ebre. Le vaillant sous-lieutenant, par son sacrifice, fera désormais figure de martyr au sein de la famille maternelle de Cercas et dans le village d'Estrémadure où il a grandi. La mémoire familiale honore et transmet son souvenir alors que surviennent des temps plus démocratiques, où la gloire et la honte changent de camp. Demeure cette parenté profondément encombrante, dans la conscience de l'écrivain : ce tout jeune aïeul phalangiste dont la fin est digne de celle d'Achille, chantée par Homère - mais Achille dans l'Odyssée se lamentera de n'être plus que le "monarque des ombres" et enviera Ulysse d'avoir sagement regagné ses pénates. Que fut vraiment la vie de Manuel Mena, quelles furent ses convictions, ses illusions, comment en rendre compte, retrouver des témoins, interroger ce destin et cette époque en toute probité, les raconter sans franchir la frontière qui sépare la vérité de la fiction ? L'immense écrivain qu'est Javier Cercas affronte ici ses propres résistances pour mettre au jour l'existence du héros fourvoyé, cet ange maudit et souverain dont il n'a cessé, dans toute son oeuvre, de défier la présence.

Ce que j'en ai pensé...

Ce très bon roman d'autofiction pose avant tout quelques questions épineuses. Doit-on revenir sur les erreurs de nos aïeux ? Doit-on même les considérer des erreurs, une fois la situation remise en contexte ? Comment affronter un passé familial douloureux ? Comment raconter l'histoire d'un aïeul considéré comme un héros dans la famille alors que la mémoire nationale cherche à effacer ses heures de gloire ? Pour toutes ces questions, il faut lire ce roman de Javier Cercas et au passage, vous vous instruirez sur la Guerre Civile espagnole si les détails de cette dernière vous échappent. Qui étaient les républicains ? Les franquistes ? Les phalangistes ? Moi, qui n'ai nullement étudié cet épisode essentiel de l'histoire européenne au lycée et ne l'ai que survolé à l'université, où j'ai pourtant fait des études d'espagnol, j'ai trouvé ce livre très instructif et surtout très objectif. Je reconnais que certains passages de description d'opérations militaires m'ont semblé un peu longs mais dans l'ensemble c'est une lecture, qui m'aura marquée en ce début d'année 2019. De plus, elle m'a permis de lire en espagnol pour la première fois depuis longtemps et de me rappeler qu'il faudrait que je le fasse plus souvent. D'ailleurs, d'autres lectures en espagnol m'attendent d'ores et déjà dans mon impressionnante  PAL (Pile à Lire) !

 

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La chance de leur vie - Agnès Desarthe (2018)

Agnès Desarthe

 Editeur : Editions de l'Olivier (16 août 2018)

Nombre de pages : 304

Quatrième de couverture : 

Hector, Sylvie et leur fils Lester s'envolent vers les États-Unis. Là-bas, une nouvelle vie les attend. Hector a été nommé professeur dans une université de Caroline du nord. Très vite, son charisme fait des ravages parmi les femmes qui l'entourent.

Fragile, rêveuse, Sylvie n'en observe pas moins avec lucidité les effets produits par le donjuanisme de son mari, tandis que Lester devient le guide d'un groupe d'adolescents qui, comme lui, cherchent à donner une direction à leurs élans.

Pendant ce temps, des attentats meurtriers ont lieu à Paris, et l'Amérique, sans le savoir, s'apprête à élire Donald Trump.

Chez Agnès Desarthe, chaque personnage semble suivre un double cheminement. Car si les corps obéissent à des pulsions irrésistibles, il en va tout autrement des âmes tourmentées par le désir, la honte et les exigences d'une loyauté sans faille.

Mais ce qui frappe le plus dans cet admirable roman où la France est vue à distance, comme à travers un télescope, c'est combien chacun demeure étranger à son propre destin, jusqu'à ce que la vie se charge de lui en révéler le sens.

Ce que j'en ai pensé...

Je vais être brève. Je n'ai pas du tout aimé ce roman et n'ai d'ailleurs lu le dernier tiers qu'en diagonale. Bien qu'une amie "bookstagrammeuse", à qui je fais entièrement confiance, car nous aimons souvent les mêmes livres, ne l'ait guère aimé non plus, le passage d'Agnès Desarthe à La Grande Librairie m'avait quand même donné envie de le lire. De plus, savoir que cette famille partait s'installer en Caroline du Nord avait forcément une résonnance particulière pour moi. En fait, cette famille aurait pu s'installer n'importe où, cela n'aurait rien changé à la trame. Il est bien peu question de Caroline du Nord dans ce livre. En gros, les trois personnages principaux (le père, la mère et le fils), très "convenables" en France, pètent les plombs quand leurs pieds touchent le sol américain, comme si se trouver loin leur donnait carte blanche pour être autre et oublier qui ils sont. Leurs états d'âme ne m'ont tout simplement nullement intéressée et j'ai refermé ce livre avec le sentiment d'avoir perdu mon temps.

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Junkyard Dogs - Craig Johnson (2010)

Craig Johnson

Editeur : Orion (2013) 

Nombre de pages : 352

Edition en français : Molosses - Editions Points (6 mai 2016)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Retrouver le propriétaire d'un pouce déposé au fond d'une glacière dans une décharge : curieuse mission pour le shérif Longmire. L'affaire est corsée par la présence du promoteur multimillionnaire et des deux molosses qui gardent le terrain. Sans compter un jeune couple fleurant bon la marijuana, une charmante vieille institutrice et quelques cadavres bien entiers...

Ce que j'en ai pensé...

Retrouver le shérif Walt Longmire, ses méthodes pas toujours très catholiques, toute la galerie de personnages qui l'entourent et les paysages du Wyoming est toujours un grand plaisir. Celui-ci est le sixième de la série et il est franchement réussi. J'ai particulièrement aimé le fait qu'il se déroule en hiver et me fasse découvrir les Big Horn Mountains sous la neige. Je rêve de les voir en vrai en hiver. Un jour, peut-être...

A lire si vous aimez les bons polars et les grands espaces américains.

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Becoming - Michelle Obama (2018)

Michelle Obama

Version audio lu par Michelle Obama

Editeur : Penguin Books Ltd. (13 novembre 2018)

Duréee : 19 heures et 3 minutes

Edition française : Devenir - Fyard (13 novembre 2018)

Quatrième de couverture de l'édition française :

"Il y a encore tant de choses que j'ignore au sujet de l'Amérique, de la vie, et de ce que l'avenir nous réserve. Mais je sais qui je suis. Mon père, Fraser, m'a appris à travailler dur, à rire souvent et à tenir parole. Ma mère, Marian, à penser par moi-même et à faire entendre ma voix. Tous les deux ensemble, dans notre petit appartement du quartier du South Side de Chicago, ils m'ont aidée à saisir ce qui faisait la valeur de notre histoire, de mon histoire, et plus largement de l'histoire de notre pays. Même quand elle est loin d'être belle et parfaite. Même quand la réalité se rappelle à vous plus que vous ne l'auriez souhaité. Votre histoire vous appartient, et elle vous appartiendra toujours. À vous de vous en emparer."
Michelle Obama

Ce que j'en ai pensé...

Pour commencer l'année 2019, j'avais envie de positivité et d'être un peu reboostée après ma petite aventure de fin d'année*, et j'ai pensé que Michelle Obama, la First Lady en personne, serait parfaite pour atteindre ce but. J'ai vraiment passé un excellent moment à l'écouter lire son autobiographie dans laquelle elle se livre avec honnêteté et sans tabous. Cette femme a été, est et restera une telle source d'inspiration pour des millions de femmes de par le monde. Elle nous parle de son enfance dans un foyer modeste du South Side à Chicago, de ses brillantes études faites à Princeton et Harvard grâce aux incroyables sacrifices de ses parents, de sa rencontre déterminante avec un jeune avocat ambitieux au nom à coucher dehors (Barack, vous l'aurez compris !), de son amour inconditionnel pour ses deux filles, de son dédain pour la politique (que ceux qui s'imaginent qu'elle fera un jour campagne se mettent le coeur en paix, cela n'arrivera jamais, elle est ravie d'en avoir fini avec tout ce cirque !), de ses réussites et défis en tant que première First Lady noire des Etats-Unis et bien d'autres choses encore. J'ai souvent souri en l'écoutant et ici et là, elle a réussi à me faire pleurer. Bref, il s'agit là d'une très bonne autobiographie qui n'a fait que renforcer le sentiment de manque. Elle était une telle boussole pour tant de gens pendant les deux mandats de son mari et leur absence fait mal... surtout si l'on pense à ceux qui les ont remplacés... Maintenant, j'attends avec impatience l'autobiographie de son époux, dont je soupçonne qu'elle sortira au coeur de la prochaine campagne présidentielle... comme ça, sans raison particulière ! :-)

*Pour celles et ceux, qui lisent ce blog mais ne me suivent pas sur Instagram, je suis bêtement tombée d'une échelle (remarquez, c'est rare que l'on tombe intelligemment !) début novembre en cueillant des olives. Résultat : talon cassé, cheville affaissée, six semaines d'immobilisation complète et depuis rééducation.

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13 à table ! 5 ans, ça se fête !

 

13 à table

 Editeur : Editions Pocket (8 novembre 2018)

Nombre de pages : 288

Recueil de nouvelles écrites et publiées au profit des Restaurants du Coeur pour la modique somme de 5 euros. C'est la cinquième édition de cette belle initiative et cette année, les auteurs étaient les suivants : Philippe Besson, Françoise Bourdin, Maxime Chattam, François d'Epenoux, Eric Giacometti, Karine Giebel, Philippe Jaenada, Alexandra Lapierre, Agnès Martin-Lugand, Véronique Ovaldé, Romain Puértolas, Jascques Ravenne, Tatiana de Rosnay, Leïla Slimani et Alice Zeniter.

Quelques jours avant Noël, ma famille a célébré l'anniversaire de ma mère et étant 13 à table, nous avions placé plusieurs exemplaires de ce recueil sur la table pour à la fois faire un clin d'oeil au sort, faire une bonne action et permettre aux invités de repartir avec un exemplaire.

Ce que j'en ai pensé...

Comme souvent dans ce genre de recueil, il y a du bon, du moins bon et du carrément mauvais mais ces nouvelles étant écrites pour une oeuvre de charité, je serais charitable et ne vous dirai pas quelles nouvelles j'ai trouvé particulièrement nulles ! Par contre, je peux vous dire que j'ai adoré celle de Philippe Jaenada et beaucoup apprécié celles de Leïla Slimani et Alice Zeniter.

Ce fut ma dernière lecture de 2018 et une façon plutôt agréable de clore une intense année de lecture, la plus intense de ma vie, puisque j'aurai au total lu 80 ouvrages.

 

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L'espoir des Neshov - Anne B. Ragde (2016)

 

Anne B

Titre original : Alltid Tilgivelse

Edition française : Editions 10/18 (15 mars 2018)

Nombre de pages : 360

Quatrième de couverture de l'édition française :

Après des années de splendeur puis de misère, la ferme des Neshov est désormais à l'abandon et la famille éclatée. Seul à Trondheim, Margido s'est tourné vers Dieu et se voue à son entreprise de pompes funèbres, mais peine à s'épanouir dans sa vie privée. À Copenhague, pour son frère Erlend et son compagnon Krumme, désormais heureux parents de trois bambins, les journées ne connaissent aucun répit ; ils en viendraient presque à s'oublier eux-mêmes. Quant à leur nièce Torunn, installée à Oslo avec Christer, elle s'interroge sur l'avenir d'une relation dans laquelle tromperies et résignation ont succédé à un temps de folle passion. À quarante ans, les choix qui se profilent seront cruciaux. Mais après tout, la vie n'est-elle pas cette quête permanente portée par l'espoir de trouver sa plénitude ?

Ce que j'en ai pensé...

Quatrième volume de la saga des Neshov commencée avec La ferme des Neshov et suivie de La terre des mensonges et L'Héritage impossible, j'ai retrouvé avec plaisir les personnages et l'ambiance des premiers volumes mais je dois avouer qu'il ne se passe pas grand chose dans ce quatrième tome. Dès le début du livre, on comprend parfaitement quelle décision Torunn va prendre, le personnage de Margido est égal à lui-même et le couple Erlend /Krumme est toujours aussi loufoque. Malgré tout, je l'ai lu avec plaisir et je sais que je me précipiterai sur le cinquième volume dès qu'il sera en poche.

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À son image - Jérôme Ferrari (2018)

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 Editeur : Actes Sud (22 août 2018)

Nombre de pages : 218

Quatrième de couverture : 

Par une soirée d'août, Antonia, flânant sur le port de Calvi après un samedi passé à immortaliser les festivités d'un mariage sous l'objectif de son appareil photo, croise un groupe de légionnaires parmi lesquels elle reconnaît Dragan,jadis rencontré pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Après des heures d'ardente conversation, la jeune femme, bien qu'épuisée, décide de rejoindre le sud de l'île, où elle réside. Une embardée précipite sa voiture dans un ravin : elle est tuée sur le coup.

L'office funèbre de la défunte sera célébré par un prêtre qui n'est autre que son oncle et parrain, lequel, pour faire rempart à son infinie tristesse, s'est promis de s'en tenir strictement aux règles édictées par la liturgie. Mais, dans la fournaise de la petite église, les images déferlent de toutes les mémoires, reconstituant la trajectoire de l'adolescente qui s'est rêvée en photographe, de la jeune fille qui, au milieu des années 1980, s'est jetée dans les bras d'un trop séduisant militant nationaliste avant de se résoudre à travailler pour un quotidien local où le "reportage photographique" ne semblait obéir à d'autres fins que celles de perpétuer une collectivité insulaire mise à mal par les luttes sanglantes entre clans nationalistes. 

C'est lasse de cette vie qu'Antonia, succombant à la tentation de s'inventer une vocation, décide, en 1991, de partir pour l'ex-Yougoslavie, attirée, comme tant d'autres avant elle, dans le champ magnétique de la guerre, cet irreprésentable.

De l'échec de l'individu à l'examen douloureux des apories de toute représentation, Jérôme Ferrari explore, avec ce roman bouleversant d'humanité, les liens ambigus qu'entretiennent l'image, la photographie, le réel et la mort. 

Ce que j'en ai pensé...

Quel bonheur de retrouver la plume de Jérôme Ferrari ! Je l'avais découvert avec le prix Goncourt 2012, Le Sermon sur la chute de Rome, que j'avais énormément apprécié. Il m'est cependant difficile de parler de ce livre que j'ai pourtant beaucoup, beaucoup aimé. Son genre est assez indéfinissable mais c'est un très beau texte au coeur duquel vit la Corse de mes souvenirs de jeunesse et qui nous propose une très pertinente réflexion sur le pouvoir et l'éventuelle futilité de l'image. 

J'ai eu la chance de passer une année en Corse il y a une trentaine d'années et d'y côtoyer des locaux avec lesquels j'avais vécu des expériences assez uniques et appris à comprendre les insulaires et leurs revendications politiques, culturelles et linguistiques. Des choses que le touriste lambda qui se contente de se prélasser sur les plages ou même de crapahuter sur le GR20 ne peut pas capter. L'âme corse est complexe et va bien au-delà des simples observations que l'on peut faire quand on se rend sur l'île. Une petite part de cette âme corse m'accompagne toujours plus de trente ans plus tard et je la retrouve intacte dans les romans de Jérôme Ferrari. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles j'ai aimé ce roman tout autant que Le Sermon sur la chute de Rome

Au-delà de cette appréciation très personnelle, ce roman nous donne l'occasion de nous poser tout un tas de questions très intéressantes sur le pouvoir de l'image à l'heure où celle-ci est régulièrement détournée et violée, en particulier sur les réseaux sociaux. Quel est le devoir de mémoire de l'image ?  Est-elle nécessaire ? Doit-on, peut-on tout montrer ? Ne doit-on montrer que le beau ? Et d'ailleurs qu'est-ce que le beau ? Bref, vous l'aurez compris, il s'agit là d'une lecture qui incite à la réflexion tout en nous proposant l'attachant portrait d'Antonia. 

Je ne résiste pas au malin plaisir de partager la dédicace de l’auteur, que j’ai pu rencontrer aux Correspondances de Manosque en septembre dernier et qui devait être un peu fatigué ce jour-là... 

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