Educated

Editeur : Hutchinson (20 février 2018) (English edition)

Nombre de pages : 400

Edition en français : Une éducation - JCLattès (9 janvier 2019)

Quatrième de couverture de l'édition française :

Tara Westover n’a  jamais eu d’acte de naissance. Ni de dossier scolaire, car elle n’a  jamais fréquenté  une salle de classe. Pas de dossier médical non plus, parce que son père ne croyait pas en la médecine, mais à la Fin des temps.

 Enfant, elle a regardé  son père mormon s’enfermer dans ses convictions, et son frère céder à la violence. Et, à seize ans, Tara décide de s’éduquer toute seule. Son combat pour la connaissance la mènera loin des montagnes de l’Idaho, au-delà des océans, d’un continent à l’autre, d’Harvard à Cambridge. C’est à ce moment seulement qu’elle se demande si elle n’est pas allée trop loin. Lui reste-t-il un moyen de renouer avec les siens ?

 Une éducation est le récit d'une  construction  de soi, l'histoire d’une fidélité farouche envers la famille, et du chagrin dû à la rupture. Forte de la lucidité qui constitue la marque des  grands auteurs, Tara Westover nous livre son expérience singulière : son combat pour  entrer  dans l’âge adulte grâce à  une éducation qui  lui a permis de poser un regard neuf sur la vie  et donné  la volonté de changer.

Ce que j'en ai pensé...

Un de mes gros coups de coeur depuis le début de l'année, ce récit est une vraie claque ! Il se lit comme un roman et on se surprend souvent à souhaiter que cela ne soit qu'un roman et que tout cela ne soit que le fruit de l'imagination de l'autrice* mais non, c'est bien de sa réalité qu'elle parle avec une franchise remarquable. On se pince ici et là pour croire à ce qu'elle nous raconte et surtout pour se souvenir qu'elle ne nous parle pas de temps anciens mais bien de son enfance et adolescence. Tara Westover n'a que 32 ans... Le père est tout simplement le fruit de ce que l'extrémisme religieux quel qu'il soit peut produire : il se croit persécuté par le gouvernement fédéral, refuse d'envoyer ses enfants se faire laver le cerveau à l'école, refuse de les faire soigner par un médecin ou un hôpital quand ils sont malades ou blessés, au risque qu'ils meurent, traite sa fille comme une moins que rien (une pute, disons-le) quand celle-ci souhaite intégrer une écolde de danse et porter un justaucorps... Bref, un un fou furieux !

La façon, dont Tara se sort de ce milieu, est absolument incroyable. Cette jeune femme fait preuve d'un caractère extraordinaire et surtout d'une forme de résilience, qui m'a laissée sans voix. Certes, elle a fait les bonnes rencontres, une fois à l'université, mais tout de même trouver un soutien moral auprès de ses profs n'impliquaient pas forcément s'en sortir.

À la fin du livre, j'avais juste envie de trouver Tara Westover où qu'elle soit dans le monde, de la prendre dans mes bras et de lui dire que tout allait désormais bien se passer parce que la vie peut être belle...

Encore une superbe recommandation de mon "ami" Barack Obama, décidément il se trompe rarement !

*Je me permets d'utiliser le terme "autrice" car les membres de l'Académie Française ont enfin reconnu que ce mot existait avant qu'il ne soit effacé des tablettes par leurs illustres aînés au prétexte qu'une femme n'était pas censée écrire ou avoir des idées ! No comment ! Je milite donc pour le retour de ce mot. Un acteur, une actrice, un auteur, une autrice. C'est simple !