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Quatrième de couverture:

"Au début, il n'y avait rien. Ni espace, ni lumière, ni temps qui passe. Pas d'hier, pas de demain, pas d'aujourd'hui. Pire qu'un jour de grève. Pire qu'une rupture de stock. Rien d'autre que le rien, mais bon, le rien, c'était déjà pas mal. Le rien, ça laisse quand même des perspectives."

Encore une découverte grâce à Nicolas Carreau et son excellente chronique "En français dans le texte" dans "Les Carnets du Monde" sur Europe 1. Ne vous fiez ni au titre, ni à la quatrième de couverture, ce roman est un petit bijou, écrit par un jeune journaliste belge, qui ne manque pas d'humour et qui se dévore en quelques heures. C'est une espèce de thriller futuristique où les hommes sont parfois mi-humains, mi-animaux et au travers de scènes assez délirantes et déjantées, l'auteur nous livre en fait une féroce critique de notre société de consommation et le constat de la mesquinerie de l'homme et de son incapacité à vivre ensemble. Le résultant est assez bluffant, je dois dire. Ma seule critique négative concerne l'écriture qui est ici et là un peu bâclée. J'ai d'ailleurs relevé quelques monstruosités grammaticales du style "(...) que Brun été allé acheter la veille" ou encore "Il avait été parler au policier (...)". Je n'arrive pas à comprendre comment un éditeur digne de ce nom peut laisser passer des horreurs pareilles. Vers la fin du bouquin, j'ai également trouvé la description d'un personnage qui était "aussi grand et calme qu'une souche de séquoia de Yellowstone." Joli... sauf qu'il n'y a pas de séquoias à Yellowstone, c'est Yosemite qui est célèbre pour ses séquoias ! C'est le genre de choses qui m'énerve, mais alors qui m'énerve ! Un auteur devrait relire et vérifier chaque détail avant de soumettre son manuscrit et un éditeur sérieux devrait être là pour relever les énormités négligées par l'auteur.