Slimani

Editeur : Gallimard - Collection Blanche (18 août 2016)

Prix Goncourt 2016

Quatrième de couverture :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame. A travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Ce que j'en ai pensé...

Tout d'abord, encore un grand merci à Melissa, une "bookstagrameuse" comme moi (soit pour les néophytes une personne partageant ses lectures sur le réseau social Instagram !) grâce à qui j'ai enfin pu lire ce bouquin dont j'avais tant entendu parler depuis l'automne dernier. C'est en effet grâce à un concours qu'elle avait organisé sur Instagram que j'ai gagné ce roman.

Je vais sans doute jeter un pavé dans la mare d'éloges que ce roman a reçu depuis sa sortie à l'automne dernier. Personnellement, bien que cette lecture ait été agréable, je suis restée sur ma faim. Pourtant, il y avait tous les ingrédients pour faire un roman psychologique qui prenne aux tripes. Cette histoire de nounou parfaite, qui s'avèrera être monstrueuse, aurait dû me faire peur et me donner des frissons. Mais cela n'a pas été le cas. J'admettrais volontiers que le fait que je ne sois pas mère a peut-être joué un rôle dans ma réaction. Je ne sais pas ce que cela veut dire de confier la chair de sa chair à autrui. Tout de même, je ne suis pas un monstre d'insensibilité, je m'imagine bien l'angoisse de tout parent laissant ce qu'il a de plus précieux au monde à une tierce personne.

On connaît la fin dès le début et donc tout le roman consiste à nous mener vers cette fin. Malheureusement, je n'ai trouvé aucun trait de génie dans ce déroulé. Je m'attendais à une escalade dans l'horreur beaucoup plus rythmée. De plus, j'ai été gênée par le fait qu'en refermant ce roman, j'avais l'impression de ne pas savoir grand chose sur les personnages. Je ne suis jamais parvenue à vraiment me représenter le personnage de Louise physiquement, ni les autres d'ailleurs. Mila est-elle blonde, brune, je ne sais pas, je ne sais plus. Et pourtant, Louise la coiffe régulièrement. cela n'est qu'un détail bien sûr mais révélateur à mon avis. L'écriture est propre mais pas spécialement originale selon moi. J'ai envie de dire que l'auteure est passée un peu à côté de son sujet et qu'elle aurait dû creuser beaucoup plus loin. Et donc au risque de provoquer un tollé et avec tout le respect que j'ai pour ce roman, qui se laisse tout à fait lire, Leïla Slimani, au demeurant une personne charmante, les membres de l'Académie Goncourt et l'auteur américain de thrillers, Harlan Coben - du calme, vous allez comprendre ! - , je me dis que ce dernier a ses chances pour un Goncourt car franchement dans l'art de faire monter la mayonnaise de l'angoisse au fil des pages, il est franchement plus doué selon moi et ses bouquins ne sont pas plus mal écrits ! Je cite Harlan Coben, je pourrais aussi citer Dennis Lehanne, dont le Gone, Baby, Gone peut donner des sueurs froides à tout parent de jeunes enfants.

Peut-être finalement en avais-je trop lu et entendu sur ce roman avant de le lire d'où ma relative déception. J'envisage toutefois de lire le premier roman de Slimani Dans le jardin de l'ogre car de celui-là, j'ai moins entendu parler et peut-être serai-je plus surprise. Votre avis m'intéresse !